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Prost, Zidane, Parker, Fourcade... Le jour où les légendes du sport français ont pris leur retraite

Prost, Zidane, Parker, Fourcade... Le jour où les légendes du sport français ont pris leur retraite
Par Eurosport

Le 15/03/2020 à 23:44Mis à jour Le 16/03/2020 à 13:48

Une page glorieuse de l'histoire du sport français s'est tournée samedi quand Martin Fourcade a pris sa retraite sur une victoire lors de la poursuite de Kontiolahti. D'Alain Prost à Michel Platini en passant par Bernard Hinault, Jeannie Longo ou Jean-Claude Killy, entre autres, retour sur le jour où les sportifs tricolores les plus légendaires ont mis un terme à leur carrière.

Martin Fourcade

14 mars 2020, Kontiolahti - La boucle est bouclée

Une dernière triomphale. Au lendemain de l’annonce de sa retraite, qui a pris de court à peu près tout le monde, le Français de 31 ans sort par la très grande porte en clôture de la saison de Coupe du monde. Parti en deuxième position une vingtaine de secondes derrière Johannes Boe, le Catalan prend le meilleur sur son grand rival et décroche la 83e victoire de sa carrière, 10 ans jour pour jour après la première, sur la même épreuve - la poursuite - et au même endroit.

Un sacré clin d’oeil du destin qui embellit la sortie du Français le plus titré de l’histoire olympique. Certes, le gros globe lui échappe pour deux petits points, au profit de Boe. Et il aurait mérité pour ses adieux une large ovation du public, absent des gradins pour cause de coronavirus. Mais l’essentiel est ailleurs. Le voir quitter la scène en vainqueur, avec le dossard jaune sur le dos, a quelque chose d’inestimable. Cette dernière image ne pouvait pas mieux résumer sa carrière.

Martin Fourcade : "Ça a été un long voyage. Je me suis découvert tout au long de ma carrière et là c’est vraiment une belle façon de terminer."

Vidéo - Une joie 100% bleue et une accolade avec Boe : c'était la dernière arrivée de Fourcade

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Tony Parker

17 mars 2019, Miami - Une der sans le savoir

Le monument du basket français aurait sûrement mérité une autre sortie. Tony Parker, qui a joué la dernière saison de sa carrière avec les Hornets, ne se doutait peut-être pas qu’il foulait pour la dernière fois un parquet de NBA, lors de Heat - Hornets. Et pourtant, après ce match et ces 11 points marqués face à la franchise floridienne, "TP" ne jouera plus jusqu’à l'annonce officielle de sa fin de carrière, le 10 juin 2019.

C’est finalement après l’annonce de sa retraite qu'il a eu les adieux et les hommages qu’il méritait. Les Spurs, le club de toujours pour lequel il a défendu le maillot pendant dix-sept saisons, et avec lequel il a remporté 4 titres de champion NBA, ont décidé de retirer son maillot. Le 12 novembre dernier, TP a donc eu le droit à une cérémonie à la hauteur du monument qu’il est, devant un public de l’AT&T Center venu dire adieu à son "frenchie."

Tony Parker : "J'ai passé un super moment à Charlotte. C'était très différent après dix-sept ans aux Spurs. J'ai su que le temps avait changé, j'étais très nostalgique. Et être loin de ma famille, à San Antonio, a joué également. J'en ai conclu qu'il était temps de passer à autre chose. J'ai beaucoup de choses géniales dans ma vie. Une belle famille, de beaux enfants. Et je veux passer plus de temps avec eux."

Tony Parker lors de son dernier match avec Charlotte, face à Miami - 17/03/2019

Tony Parker lors de son dernier match avec Charlotte, face à Miami - 17/03/2019Getty Images

Tony Estanguet

29 novembre 2012, Pau - Là où tout a commencé

C'est une histoire de famille. Il venait à peine de commencer à la raconter. Et l'émotion a pris le pas. Tony Estanguet éclate en sanglots dans la petite salle du stade d'eux vives de Pau-Pyrénées. Il se reprend et annonce la fin de sa carrière. Il voulait le faire ici, en petit comité devant quelques journalistes. Mais surtout là où tout a commencé. Là où son père lui a donné la passion du canoë. Là où Tony l'entretenue avec ses frères Aldric et Patrice. Là où il a commencé à grandir avant de devenir l'un des plus grands sportifs français de tous les temps.

Ce que Tony Estanguet n'avait pas choisi, c'était le moment. Il se serait bien vu raccrocher quatre ans plus tôt. Sacré champion olympique à Pékin puis à Athènes devant le Slovène Michal Martikán, son rival de toujours, il voulait finir sur une troisième médaille d'or consécutive à Pékin. L'histoire aurait été belle pour le porte-drapeau de la délégation tricolore en Chine. Mais il ne l'a pas eue. Mais Estanguet ne pouvait pas partir sur un échec en demi-finale. Il a remis le pied à l'étrier. Et ce troisième titre olympique, il a fini par le décrocher quatre ans plus tard à Londres.

C'était tout ce qui lui manquait pour prendre sa retraite avec l'esprit libéré. Estanguet avait déjà apporté au sport français l'un de ses plus beaux palmarès au moment de tirer sa révérence en ce 29 novembre 2012. Neuf fois champion de France, il a aussi été triple champion du monde et d'Europe. Mais le Palois ne s'est pas arrêté là. Devenu membre du CIO en 2013, il a joué un rôle capital dans l'attribution des Jeux Olympiques de 2024 à la ville de Paris. Estanguet en est depuis le président du comité d'organisation.

Tony Estanguet : "Je ne pars pas usé, en conflit avec mon sport. J'ai conscience des responsabilités que me donnent mes trois médailles d'or. Je garderai un pied dans le sport de haut niveau."

Alain Bernard

29 juillet 2012, Londres - Dernière contemplation

Deux titres olympiques, un titre mondial, quatre titres européens et plusieurs records du monde personnels. Le palmarès d'Alain Bernard parle pour lui. Quatre ans après Pékin et son titre olympique, le premier pour un nageur français sur 100 mètres nage libre, le "Requin Blond" participe à ses deuxièmes olympiades à Londres. Quatre ans après son succès individuel avec le titre du 100m nage libre et le bronze sur l'aller simple, le nageur français va vivre une dernière aventure, collective.

En série du 4 × 100 m nage libre il permet aux Français de se qualifier pour la finale de l'épreuve. Mais quelques heures avant la finale, le couperet tombe. Bernard n'est pas retenu dans l'équipe et a donc disputé, sans le savoir, la dernière course de sa carrière dans l'Aquatic Center de Londres. Une fin cruelle mais qui va finalement sourire au nageur d'Antibes. Ce dernier décrochera en effet sa deuxième médaille d'or olympique après la victoire du quatuor Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel en finale du relais. Sans participer à la finale, Bernard clos donc son immense carrière par un nouveau titre olympique.

Alain Bernard : "Quand j’ai vu les copains reprendre, ça m’a fait vraiment bizarre. Mais un beau jour, il faut bien que l’aventure s’arrête. Cela fait 15 ans que je me lève et que tout est minuté, tracé. Là, je dois m’organiser différemment", dira t-il en septembre 2012, quelques semaines après le bonheur sucré-salé de Londres.

Alain Bernard et Jeremy Stravius aux JO 2012

Alain Bernard et Jeremy Stravius aux JO 2012AFP

Jeannie Longo

23 juin 2011, Boulogne-sur-mer - Retraitée active

La plus titrée des cyclistes tricolores (un titre olympique, treize aux Mondiaux) n’a jamais eu droit à son jubilé. Et pour cause, à 61 ans, la Grenobloise n’a jamais cessé de courir ! En septembre dernier, elle était encore présente aux championnats de France Masters, remportant le titre du contre-la-montre dans la catégorie des 60-64 ans.

On peut néanmoins dater ses adieux au très haut-niveau à 2011, année du dernier de ses 59 titres de championne de France, à Boulogne-sur-Mer. Quelques semaines plus tard, une affaire de dopage qu’elle qualifiera de "complot" - son mari sera condamné à un an de prison avec sursis pour avoir acheté de l’EPO - viendra entacher sa fin de carrière.

Mal aimée par ses jeunes compatriotes - qui lui reprochent de ne pas avoir passé le témoin - et par la FFC, elle a participé aux championnats de France Elite jusqu’en 2016 (13e du chrono), jouissant toujours d’une vraie popularité auprès du public. "Arrêter, ce serait donner raison à mes détracteurs !” confiait-elle au Monde, en 2015.

Jeannie Longo aux championnats de France en 2011

Jeannie Longo aux championnats de France en 2011AFP

Zinedine Zidane

9 juillet 2006, Berlin - Partir sur un coup de tête

"Pas ça, Zinedine, pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait…". Ces mots, prononcés par Thierry Gilardi, un soir de juillet 2006 du côté de Berlin, sont entrés dans la légende du sport français. Champion du monde, champion d'Europe, vainqueur de la Ligue des champions et lauréat du ballon d'or : le palmarès XXL que s'est forgé ZZ durant sa carrière de joueur le place évidemment parmi les sportifs français les plus marquants de l'histoire. Et que dire de sa sortie. Digne d'une pièce de théâtre. Berlin donc. On joue la finale de la Coupe du monde 2006. Le monde entier est devant sa télé pour assister aux dernières minutes de "Zizou".

Après un tournoi où le numéro 10 des Bleus a parfois semblé marcher sur l'eau, notamment lors du quart de finale face au Brésil, l'équipe de France retrouve l'Italie pour tenter de décrocher une deuxième étoile. Dès la 7e minute Zidane enfile se habits de lumière. Un penalty obtenu par Thierry Henry. Et transformé par ZZ d'une Panenka qui vient taper la barre de Gianluigi Buffon avant de rentrer. La suite, même les plus grands scénaristes, ne l'auraient pas imaginé. L'égalisation italienne signée de la tête par l'interiste Marco Materazzi survient douze minutes plus tard.

Zidane-Materazzi, les deux buteurs de cette finale vont se retrouver sur un autre terrain, celui de la provocation verbale et de ses conséquences. Zidane terminera cette finale de Coupe du monde sur une expulsion en prolongation, après avoir envoyé un coup de tête dans la poitrine du Transalpin. Un geste qui fera aussitôt son entrée dans la légende du sport mondial. Zidane, 34 ans, referme à ce moment, au stade olympique de Berlin, le livre d'une carrière longue de 18 ans sur une note bien amère.

Zinedine Zidane : "Je suis un homme avant tout. J’aurais préféré prendre une droite dans la gueule, plutôt que d’entendre ça. (…) Vous croyez qu’à dix minutes de la fin de ma carrière, j’aurais fait ce geste par plaisir ? Bien sûr, mon geste n’est pas pardonnable, mais il faut aussi sanctionner le vrai coupable. Et le vrai coupable, c’est celui qui provoque."

Le coup de tête de Zidane à Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde 2006

Le coup de tête de Zidane à Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde 2006AFP

David Douillet

22 septembre 2000, Sydney - L'apothéose

Le Normand est champion olympique en titre des lourds (1996) et triple champion du monde (1993, 1995, 1997) à l'approche des Jeux Olympiques australiens. Autant que l’illustre japonais Yasuhiro Yamashita. Cela va sans dire, il détient le plus beau palmarès du judo français et il aurait pu s'arrêter là. D'autant qu'une vilaine blessure lui bloque le dos par moment depuis plus mois. Rien à voir avec la chute à moto post-JO d'Atlanta qui l'avait tenu hors des tatamis pendant huit mois.

Qu'est-ce qui le fait continuer ? Il a atteint son objectif de revenir au premier plan, sur la première marche d'une compétition planétaire. L'orgueil ? Sûrement. L'envie aussi de s'offrir une sortie par la grande porte.

Le sport tricolore lui est en tout cas reconnaissant et lui tend le mât au bout duquel se trouve de drapeau de la délégation française dans le stade de Sydney. Le jour J, il fait le tour des façons de gagner : forfait, ippon, disqualification… La finale est l'affrontement ultime face à Shinichi Shinohara, devenu maître du monde en son absence, en 1999. C'est une bataille au sommet, un affrontement qui va basculer sur un détail. Douillet est gratifié d'un yuko sur un mouvement que Shinohara s'est empressé de contrer, sans crédit. Une polémique éternelle est née et, les mains levées, Douillet a le triomphe sobre.

David Douillet : "Je ne peux m'empêcher de me dire : 'Est-ce que je ne suis pas en train de gâcher quelque chose ?' Je me pose la question, mais juste après je me dis : 'Non, j'ai un coude en vrac et un dos flingué' ".

David Douillet champion olympique à Sydney - 22/09/2000

David Douillet champion olympique à Sydney - 22/09/2000Eurosport

Marie-José Perec

21 septembre 2000, Sydney - L'impasse

Après avoir conservé son titre du 400 mètres des JO de Barcelone 1996 - ce qu'aucune athlète n'était jamais parvenu à faire - elle est devenue une icône dans la ligne droite du 200 mètres des Jeux d'Atlanta en mystifiant ses adversaires, au premier rang desquelles Merlene Ottey. A 32 ans, Sydney pourrait être un bel écrin pour un clap de fin. De retraite, il n'est pas question mais le spectre rôde sur sa carrière depuis les Mondiaux de 1997. Blessures, mononucléose et sérieux problèmes de sa santé l'ont empêché de confirmer son retour au premier plan. Tout bien considéré, sa présence en Australie est une énorme satisfaction en soi.

Un point d'interrogation aussi, car elle a lâché son entraîneur John Smith pour le mari de la très controversée Marita Koch. Et puis, pour ces Jeux de 2000, elle a fait fi de la tradition en logeant dans un hôtel, en marge des athlètes tricolores et du Village olympique. Mais elle a oublié l'essentiel : elle est la rivale de Cathy Freeman, double championne du monde du 400m en titre.

L'Australienne, par ses origines aborigènes, est devenue un symbole qui guide son pays vers le chemin du pardon et de la réconciliation avec un peuple qui a tant souffert. Son lieu d'hébergement repéré, Marie-Jo Pérec est suivie partout où elle va. S'en est trop pour cette athlète aussi gracieuse que fragile. Le couloir 3 associé au dossard 1761 restera vide lors de la 5e série des éliminatoires. Son départ en catimini de Sydney fera la une : en France, mais aussi en Australie qui se passionne pour cette athlète pas comme les autres.

Le dernier acte de cette mauvaise parenthèse se passera à l'aéroport de Singapour. Son escale tournera au vinaigre : son conjoint perd ses nerfs et agresse un caméraman qui avait retrouvé leur trace. La police locale s'en mêle et le couple se retrouve au poste. Grâce à l'intervention de l'ambassadeur de France, Pérec sera libre de rentrer à Paris après avoir passé onze heures dans les locaux des autorités. On ne la reverra pas sur un tartan.

Marie-José Pérec à l'aéroport de Singapour - 21/09/200

Marie-José Pérec à l'aéroport de Singapour - 21/09/200Getty Images

Alain Prost

7 novembre 1993, Adélaïde - Un soulagement

Vainqueur de son premier Grand Prix, en 1981 sur une Renault, le natif de Saint-Chamond décroche enfin, en 1985 au volant d'une McLaren, ce titre mondial qui échappait à la France depuis trop longtemps. Si l'Auvergnat est en 1986 le premier pilote à conserver son titre depuis Jack Brabham en 1960, il vit une suite beaucoup plus pénible face à Ayrton Senna, la nouvelle idoles des foules. Troisième titre en poche, il quitte McLaren fin 1989 pour fuir le flamboyant Brésilien, qu'il retrouve quatre ans plus tard sur les pistes de sa dernière saison, et de son dernier sacre.

Il pilote une Williams quasi imbattable, et le Pauliste toujours une machine de Woking, propulsée par un moteur Ford "client". Ce duel est déséquilibré, et le Français entend souvent le Brésilien le lui rappeler. "Le Professeur" a encore un contrat pour 1994 mais il a décidé de raccrocher, fatigué à 38 ans par les critiques et les démêlés en coulisses. Il l'a annoncé un mois et demi plus tôt au Portugal, poussé par son meilleur ennemi qui n'a pas tenu le secret.

Sa 51e victoire remonte déjà au 25 juillet, à Hockenheim, il n'aura pas le loisir d'en signer une dernière, en Australie. A Adélaïde, Prost s'incline une fois de plus en qualification devant la maestria du Sud-Américain. Et en course. Mais l'arrivée scelle la fin de l'incompréhension, de l'inimitié entre deux hommes aux personnalités bien différentes. Deux jours plus tôt, Prost avait refusé tout geste qu'il aurait jugé "hypocrite". Là, il est invité par Senna sur la plus haute marche du podium. L'image est belle.

Alain Prost et Ayrton Senna au GP d'Australie à Adélaïde - 1993

Alain Prost et Ayrton Senna au GP d'Australie à Adélaïde - 1993Getty Images

Michel Platini

17 mai 1987, Turin - Un stade noyé sous la pluie et les larmes

"Je suis mort à 32 ans, le 17 mai 1987". Michel Platini n'a pas eu peur des mots au moment de décrire son départ à la retraite. Ce jour-là, Turin était sous des trombes d'eau. La pluie ne cessait de tomber sur le Stadio Comunale et les larmes de couler sur les joues des supporters de la Vieille Dame. La victoire sur Brescia (3-2) restera anecdotique. Et insuffisante pour empêcher Naples de remporter le premier titre de champion d'Italie de son histoire. Platini passe son témoin de star du championnat italien à Diego Maradona. Après quinze ans de carrière, il vient de tirer sa révérence.

Cela pouvait sembler trop tôt pour un joueur de 32 ans. Mais c'était le moment. Platini venait de signer une saison anonyme. Cinq petits buts en 41 matches toutes compétitions confondues et aucun titre, c'était trop dur à accepter pour un compétiteur comme "Platoche". Pour un joueur qui avait révolutionné le football, le poste de numéro 10 et les coups francs. Pour celui qui avait guidé la France à son premier sacre international lors de l'Euro 84 en inscrivant neuf buts, un record sur une phase finale d'un championnat d'Europe. Celui qui reste le meilleur ambassadeur du foot tricolore.

Oui, c'était le moment de passer à autre chose. Sa décision était déjà prise depuis un an. Il ne l'avait pas annoncée. Mais il savait. La routine du footballeur - l'entraînement, la compétition, la souffrance - était devenue trop difficile à supporter. La suite lui a donné raison. "Trois buts pour ma dernière saison à la Juve : un calvaire… J’ai jeté l’éponge. On plutôt : le buteur en moi a jeté l’éponge qu’un libéro aurait pu accepter de ramasser ou de ne pas lancer." Alors, sous les eaux turinoises, le footballeur s'en est allé. Il a laissé place au sélectionneur qui, plus tard, deviendra dirigeant.

Michel Platini : "Le plus beau jour de ma vie a été le 22 juin 1972 quand je me suis présenté à l'AS Nancy-Lorraine pour jouer au football. La boucle est bouclée, je suis parti de Nancy, un bon club dans lequel on s'est vraiment amusé, à Saint-Etienne, le meilleur club français, puis à la Juventus, le meilleur club du monde. Donc après la Juventus, il n'y avait plus rien."

Bernard Hinault

9 novembre 1986, Quessoy - Le Blaireau jubile

Comme il l’avait annoncé un peu plus tôt, le Blaireau se retire en 1986, juste avant ses 32 ans. Ses plus grandes années sont derrière lui, mais il vient de se relancer au sein de la Vie Claire, l’équipe de Bernard Tapie, en réalisant en 1985 un nouveau doublé Giro-Tour.

1986, c’est l’année du fameux duel avec Lemond. A Paris, le quintuple vainqueur du Tour termine 2e du général derrière son coéquipier américain, non sans l’avoir malmené, et sort ainsi par la grande porte. S’en suit une tournée américaine pour préparer les Mondiaux de Colorado Springs, un dernier objectif qu'il ne remplit pas (59e).

Ses adieux officiels lors d'un cyclo-cross à Quessoy, à dix kilomètres à peine de son fief d’Yffiniac, où il se reconvertira en agriculteur. 25.000 personnes sont là pour l’acclamer. Une toute dernière fois. A l'arrivée, il accroche symboliquement son vélo à un clou.

Bernard Hinault : “Ma carrière m’a procuré douze ans de bonheur, mais ce bonheur-là ne va pas me manquer, déclarait le Breton peu avant sa retraite, dans un article de Philippe Brunel. Car je saurai profiter de la vie, du moins je l’espère.

Bernard Hinault lors de sa dernière course, le 9 novembre 1986

Bernard Hinault lors de sa dernière course, le 9 novembre 1986Getty Images

Jean-Claude Killy

7 avril 1968, Heavenly Valley - Au sommet de son art

“King Killy” est parti en roi. Moins de deux mois après son triplé aux Jeux Olympiques de Grenoble (descente, géant et slalom), le Savoyard décide d’abandonner le ski alors qu’il est au sommet.

Il rêve d’États-Unis, de changer de vie, et saute le pas malgré son jeune âge. C’est d’ailleurs là-bas, en Amérique de Nord, qu’il doit terminer la saison de Coupe du monde. Il dispute quatre courses, remporte une ultime victoire en slalom à Rossland, au Canada, et tire sa révérence à Heavenly Valley, à l’issue d’un slalom conclu à la 7e place.

Les investisseurs US lui font les yeux doux. Et c’est d’ailleurs dans la station californienne que se dessine l’ébauche de sa nouvelle vie de pilote automobile, avec sa rencontre avec l’homme d’affaires Mark McCormack.

Jean-Claude Killy : "Désormais, je peux dire que j’ai tout eu, confiait-t-il au journaliste Guy Lagorce au lendemain de son dernier titre olympique. Il y a peu de champions dans l’histoire du sport qui ont pu se dire un jour : "Je n’ai plus rien à gagner, plus rien à prouver, je viens d’atteindre ce stade."

Par Vincent BREGEVIN, Julien CHESNAIS, Enzo GUERINI et Stéphane VRIGNAUD

Jean-Claude Killy à Chamrousse lors des JO 1968