Du lundi 19 au mercredi 28 décembre, Eurosport.fr dévoile son Top 10 des sportifs de l'année 2016. 25 membres de la rédaction ont pris part au vote, donnant chacun leur propre Top 10. Chacun des 25 votants donne 10 noms. Le premier reçoit dix points, le deuxième neuf points et ainsi de suite jusqu'au 10e, qui se voit attribuer un point. Les points sont ensuite cumulés. Ce lundi, nous révélons le 3e de notre classement.

3. Simone Biles

Sportifs de l'année 2016
Bolt, Griezmann et Leicester : vos vainqueurs des Eurosport Awards
30/12/2016 À 08:14
Points :174
Citations : 25 (sur 25 votants)
Meilleur classement : 1er (2 votants)
Classement 2015 : 13e
Sport : Gymnastique
Pays : Etats-Unis

Simone Biles

Crédit: AFP

Pourquoi elle ?

Il est des champions qui sont un peu plus que cela. Simone Biles est bien une extraordinaire championne. Aucun doute là-dessus. A peine sortie de l'adolescence, puisque née en 1997, elle avait déjà largement entrepris d'écrire l'histoire de son sport. Ses 14 médailles aux championnats du monde (dont trois sacres de rang au concours général, du jamais vu) constituaient déjà un record et lui avaient permis de devenir un personnage de premier plan dans le sport américain avant même ces Jeux de Rio.
Mais le retentissement incomparable du rendez-vous olympique lui a permis cet été de prendre une autre dimension encore. Cinq médailles, dont quatre en or (concours général, sol, saut de cheval, concours par équipes) : une razzia spectaculaire, mais qui ne dit pas tout du phénomène Biles. Car la gymnaste américaine possède cette faculté rare de pouvoir transcender sa discipline. Il n'est pas nécessaire de maîtriser les codes et la technique de la gymnastique sur le bout des doigts pour être emporté. Regarder Simone Biles sans éprouver une forme de fascination est un défi. Du "haut" de ses 145 centimètres, elle apparait à la fois comme une boule d'énergie et de grâce.
Ce qui frappe, chez elle, c'est aussi cette exceptionnelle confiance en soi. Sûre d'elle à un point rarement atteint, elle a une emprise totale sur son sport et ses adversaires. Malgré son statut de star dans son pays, et bien qu'elle fût attendue comme rarement par le public et les médias U.S., elle a tout assumé. Et presque tout gagné. Seul petit accroc, ce déséquilibre à la poutre qui lui a imposé de se contenter de la médaille de bronze à cet agrès. Avec un quintuplé doré, peut-être aurait-elle grimpé plus haut encore dans notre classement. Peu importe. Elle restera pour longtemps un des visages marquants de cette année 2016.

La gymnaste américaine Simone Biles à la poutre lors du concours général de gym à Rio, jeudi 11 août 2016

Crédit: Panoramic

L'Amérique raffole de sa championne. Elle a toujours aimé s'enticher de ses gymnastes. De Mary Lou Retton, la "girl next door" sacrée à la maison en 1984, à Gaby Douglas, alias "L'écureuil volant", première gymnaste noire vainqueur du concours général aux Jeux. C'était à Londres. Quatre ans seulement. Mais cela semble si loin, tant la révolution Biles a soufflé fort, depuis. Simone a aussi une histoire qui touche, celle d'une gamine retiré à l'âge de trois ans à sa mère toxicomane et élevée par ses grands-parents. Entrée tragique dans l'existence, puis le conte de fées. Découverte à six ans par Aimee Boorman, qui la mènera au sommet au prix d'un travail acharné (30h par semaine, dit-on), elle montre rapidement des aptitudes hors normes.
Sa trajectoire vers les sommets, toujours avec ce sourire qui la caractérise et son charisme tranquille en bandoulière, ne connaitra aucun accroc. Elle a juste dû prendre son mal en patience quand, trop jeune, la porte de la sélection pour Londres lui a été refusée. C'est peu dire qu'elle a rattrapé le temps perdu lors de l'Olympiade écoulée. Elle la boucle, à travers trois Championnats du monde et les Jeux de Rio, avec 19 médailles dont 14 en or sur ces quatre rendez-vous. Sidérant. Mais une fois encore, l'empreinte qu'elle laissera dépassera de loin ces statistiques. A 19 ans, Simone a relevé à ce point le degré de difficulté de son sport qu'un mouvement porte désormais son nom : The Biles, un enchainement au sol qu'elle a été la première à tenter et réussir en compétition. Aujourd'hui, on parle de la Biles, comme on disait la Callas. La marque, non pas des grandes, mais des êtres uniques, façonnant leur propre dimension.
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Son année en 5 dates

  • 9 avril : A l'occasion des championnats du Pacifique, Simone Biles remporte le concours général individuel. A quatre mois des Jeux Olympiques, elle devance sa compatriote Alexandra Raisman dans ce qui ressemble alors à une pré-olympique, puisque toutes les grands nations (Chine, USA, Russie, Australie, Canada,...) étaient présentes.
  • 11 août: A l'occasion du concours général, Simon Biles s'offre son premier titre olympique en individuel. Meilleur score de trois des quatre épreuves, la triple championne du monde en titre de la discipline s'impose largement (de 2 pts !) devant... Alexandra Raisman, comme quatre mois plus tôt, et la Brésilienne Rebeca Andrade.
  • 14 août : Trois jours plus tard, Simone Biles s'offre un deuxième titre olympique au saut de cheval, alors même que cette discipline ne lui avait jusque-là jamais complètement souri aux Mondiaux (argent en 2013 et 2014, bronze en 2015). Elle devance la championne du monde en titre Maria Paseka.
  • 15 août: Meilleur score des qualifications, Simone Biles s'avance comme la grande favorite du concours à la poutre. Mais l'Américaine manque sa réception et doit se contenter de la médaille de bronze, derrière Sanne Wevers et Lauren Hernandez. La seule discipline où elle a été battue lors des JO.
  • 16 août: Intouchable au sol depuis trois ans (or aux Mondiaux 2013, 2014 et 2015), Simone Biles s'impose sans surprise dans cette cinquième et dernière épreuve de gymnastique artistique aux JO. Meilleur score à l'exécution (9.066) malgré le choix de difficulté le plus élevé (6.900) de la finale, l'Américaine s'offre une troisième médaille d'or en individuel, son quatrième sacre des JO et rejoint dans l'histoire la Soviétique Larissa Latynina (en 1956), la Tchécoslovaque Vera Caslavska (en 1968) et la Roumaine Ecaterina Szabo (en 1984).
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