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Sébastien Ogier entre puissance 4 et quadrature du cercle

Ogier entre puissance 4 et quadrature du cercle

Le 21/12/2016 à 10:01Mis à jour Le 22/12/2016 à 14:42

Comme chaque année, la rédaction vous dévoile son classement des sportifs français de l'année. A la 8e place de notre hiérarchie 2016, on retrouve Sébastien Ogier, sacré une quatrième fois malgré bien des contrariétés.

Du lundi 19 au mercredi 28 décembre, Eurosport.fr dévoile son Top 10 des sportifs français de l'année 2016. 25 membres de la rédaction ont pris part au vote, donnant chacun leur propre Top 10. Chacun des 25 votants donne 10 noms. Le premier reçoit dix points, le deuxième neuf points et ainsi de suite jusqu'au 10e, qui se voit attribuer un point. Les points sont ensuite cumulés. Ce mercredi, nous révélons le 8e de classement.

8. Sébastien Ogier

Points : 68
Citations : 15 (sur 25 votants)
Meilleur classement : 3e (2 votants)
Classement 2015 : 7e
Sport : Rallye WRC

Pourquoi lui ?

Sébastien Ogier a continué de batailler. Cette année encore, il a connu la gloire suprême en battant ses adversaires et un règlement insidieux, taillé pour l'empêcher de dominer pendant les trois jours d'un rallye. En lui refusant l'équité et la beauté que n'importe quel sport commanderait pourtant.

Le Français a été le plus fort, le plus rapide, le plus constant, bref à nouveau le meilleur dès l'ouverture au Monte-Carlo puis en Suède, un terrain neigeux ordinairement chassé gardé des Nordiques, avant de subir un ordre de passage pénalisant à partir du Rallye du Mexique. De quoi entretenir aussi sa malédiction argentine (il n'y a jamais gagné). Fait sans précédent dans sa carrière qui a connu l'ultra concurrence de Sébastien Loeb, ces handicaps répétés l'ont éloigné de la plus haute marche pendant six épreuves consécutives ; même si, c'est vrai, les aléas mécaniques sont également passés par là, comme en Finlande. Normal vis-à-vis d'un champion de sa trempe ? Ubuesque.

Alors, par quel miracle est-il revedenu victorieux ? Tout simplement par la grâce d'un calendrier qui promettait de le sortir de cette quadrature du cercle en lui redonnant la main sur l'asphalte de l'Allemagne, de la France et de l'Espagne. Puis en Grande-Bretagne, où la boue s'étendait une fois de plus de façon uniforme, pour tout le monde. Une parité équitable dont il s'est servi pour signer une sixième victoire saisonnière.

Sébastien Ogier (Volkswagen) au Rallye d'Allemagne 2016

Sébastien Ogier (Volkswagen) au Rallye d'Allemagne 2016Panoramic

A part ce quatrième titre qui le place à la hauteur de ces légendes que sont Juha Kankkunen (1986, 1987, 1991, 1993) et Tommi Mäkinen (1996-1999), et désormais seul (loin encore) derrière le nonuple couronné Sébastien Loeb, l'as des Hautes-Alpes a quand même gagné sa bagarre contre les textes. Au cœur de l'été, il a pensé quitter le WRC, par dépit. "Je pense qu'il pourrait partir", a lâché Jost Capito, son directeur chez VW. "Vous devriez lui demander mais de ce que je sais, je pense qu'il pourrait le faire." Avant de céder aux sirènes de la Formule 1 chez McLaren, le boss allemand a rendu cet immense service au WRC en lâchant cette bombe médiatique.

La menace a fait son effet et il n'y aura pas de gâchis, ni de pataquès ou grand bond en arrière pour le WRC : l'an prochain, le Gapençais ne ressemblera plus à un Don Quichotte face à des moulins à vent car la FIA a renoncé à faire rouler systématiquement le n°1 mondial avant tout le monde. "C'est important pour moi, et pour le sport, que tout le monde ait ouvert les yeux et se soit rendu compte cette année que ce règlement était fait contre moi", a-t-il dit sans animosité, le jour de son titre en Catalogne.

Mais à part ce nouveau sacré en pleine lumière et cette victoire de l'ombre, Sébastien Ogier souffre toujours d'un défaut de reconnaissance imposé par la vertigineuse série de Loeb. L'Alsacien en est conscient et a volé à son secours en lui promettant la juste récompense médiatique dont il a joui pendant des années. On ignore quand même combien de titres Ogier devra encore aligner pour être considéré comme il se doit...

En attendant, l'as de Gap a vécu comme le crack d'Haguenau en 2005 la brutalité d'un retrait de sa marque gagne-tout pour se réfugier dans un team privé. Mais il a sans doute raison de penser que la nouvelle Fiesta peut le maintenir au sommet. C'est même le genre de tour de force qui pourrait donner à sa carrière une dimension extraordinaire.

Son année en 5 dates

  • 24 janvier : Il est le cinquième pilote de l'histoire du Mondial à aligner trois victoires au Rallye Monte-Carlo après Sandro Munari, Walter Röhrl, Tommi Mäkinen et Sébastien Loeb.
  • 16 octobre : Il remporte le Rallye d'Espagne et aligne un quatrième titre mondial avec son fidèle copilote, Julien Ingrassia.
Sébastien Ogier et Julien Ingrassia (Volkswagen) au Rallye d'Espagne 2016

Sébastien Ogier et Julien Ingrassia (Volkswagen) au Rallye d'Espagne 2016Panoramic

  • 2 novembre : Volkswagen annonce son retrait du WRC à la fin de la saison. Convaincu d'avoir falsifié les performances anti-pollution de ses moteurs Diesel, VW engage des économies pour payer une énorme amende. Et laisse ses trois pilotes officiels, Sébastien Ogier, Andreas Mikkelsen et Jari-Matti Latvala sur le carreau.
  • 20 décembre : Après plus de 10.000 votes sur notre page WRC, vous êtes 58% à voir Sébastien Ogier champion du monde avec sa Ford Fiesta en 2017.
Le classement du Top 10 France
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