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Top 10 France 2016 : Teddy Riner, un symbole tricolore

Riner, un symbole tricolore

Le 28/12/2016 à 00:31Mis à jour Le 28/12/2016 à 09:39

SPORTIFS FRANÇAIS DE L'ANNEE - Teddy Riner est pour la 9e année consécutive dans notre classement des sportifs tricolores des douze derniers mois, qu'il domine pour la première fois. Porte drapeau des Bleus et double champion olympique, icône de son sport, le judoka fait un beau n°1.

Du lundi 19 au mercredi 28 décembre, Eurosport.fr a dévoilé son Top 10 des sportifs français de l'année 2016. 25 membres de la rédaction ont pris part au vote, donnant chacun leur propre Top 10. Chacun des 25 votants donne 10 noms. Le premier reçoit dix points, le deuxième neuf points et ainsi de suite jusqu'au 10e, qui se voit attribuer un point. Les points sont ensuite cumulés. Ce mercredi, nous révélons le 1er de classement.

1. Teddy Riner

Points : 232
Citations : 25 (sur 25 votants)
Meilleur classement : 1er (14 votants)
Classement 2015 : 2e
Sport : Judo

Teddy Riner après sa victoire en finale

Pourquoi lui ?

Parce qu'il restera puissamment associé aux heures de gloire du sport français à Rio comme Marie-José Pérec à Atlanta en 1996 ou David Douillet à Sydney en 2000. Le judoka le plus emblématique de son temps - toutes nationalités confondues - s'est encore fait fort de répondre présent au Brésil, avec l'assurance et la gourmandise qu'on lui connaît. "J'ai annoncé que je voulais le titre et moi, quand je dis, je fais !", a-t-il assené après sa finale carioca contre le Japonais Hisayoshi Harasawa. Venant de n'importe qui d'autre, le propos aurait passé pour de la vantardise mais rarement dans l'histoire tricolore des Jeux une promesse d'or n'aura été si implacablement suivie d'effets.

Cependant, dans l'esprit de l'octuple champion du monde (un record) âgé de 27 ans, il n'était pas question que Rio 2016 soit juste une répétition de Londres 2012. Sa popularité au firmament, son empreinte invariable dans les palmarès depuis 2007, le Guadeloupéen a jugé le moment idoine pour faire quelque chose de plus, quelque chose de spécial pour son pays. En extraordinaire communiquant qu'il est, il a fait souffler un vent d'optimisme sur la délégation tricolore dont il a agité le drapeau avec un petit trac mais un grand sourire de colosse lors de la cérémonie d'ouverture à Rio. C'est vrai, un champion est parfois aussi servi par le destin et sa journée de compétition, programmée huit jours plus tard, lui en laissait bien plus le temps et l'énergie que son ami et rival de circonstance, Tony Parker, à la veille de l'entré en lice des basketteurs.

Dans cet esprit de conquête qu'il s'est attaché à faire vivre, on a aussi vu son âme de patron. Un leader, ça pousse aussi des coups de gueule et on a bien compris qu'il s'adressait à Renaud Lavillenie après le concours du saut à la perche. Blessé dans son orgueil, le champion était passé à vice-olympique sous les sifflets d'un public debout derrière son héros local. "C'est aussi ça les Jeux, c'est ça aussi le sport, parfois il y a la pression, et ils veulent vous mettre la pression, mais il faut savoir la remonter, il faut savoir l'évacuer, il faut savoir la mettre de côté. Après, il y en a qui répondent présent et d'autres non", a lâché le licencié levalloisien.

Devenu le plus grand poids lourd de tous les temps avec deux sacres olympiques et huit mondiaux, plus beau technicien - et de loin - que la catégorie reine n'aie jamais vue, Teddy Riner vise l'apothéose de Tokyo 2020, sans se projeter au-delà. A chaque Jeux suffit sa peine et il s'est ménagé pour voir cette échéance fascinante en s'accordant six mois de break. Une preuve supplémentaire qu'il s'était mis dans le rouge depuis un bon bout de temps. "Cette olympiade a été compliquée, fatigante, d'un stress long", a-t-il avoué. "Parce que je cherchais à faire du beau judo, je cherchais à être en forme, à avoir des sensations. Je cherchais aussi à faire oublier ces blessures, ces opérations qui m'ont fait perdre du temps. Là, j'ai besoin de déconnecter le cerveau, de profiter de la plage !"

C'est sûrement tentant de le rêver aux Jeux de Paris 2024, si la capitale française en décroche l'organisation, mais il aura alors 35 ans et tout ça reste une hypothèse.

Son année en 5 dates

  • 3 avril : Teddy Riner s'échauffe juste avant de combattre au Grand Prix de Samsun, en Turquie, avec Larbi Benboudaoud. 140 kilos sur le poignet plus tard, l'entraîneur national crie sa douleur, la main gauche retournée. Retour à Paris et passage sur le billard. "Tout était en puzzle dans mon poignet", explique le champion du monde 1999 des -66 kg. Teddy Riner ? "Très embêté" forcément.
  • 23 avril : Il est champion d'Europe en +100kg pour la cinquième fois, à Kazan. En finale, il bat l'Israélien Or Sasson sur ippon, quelques secondes avant le terme du combat.
  • 5 août : Teddy Riner mène la délégation tricolore lors de la cérémonie d'ouverture au Maracana. Comme David Douillet en 2000, il est le porte-drapeau tricolore.
  • 12 août : Il conserve son titre olympique des poids lourds, ce que seuls Hitoshi Saïto (1984, 1988) et David Douillet (1996, 2000) ont réussi avant lui.
  • 24 décembre : Teddy Riner se hisse à la 4e place du classement des personnalités préférées des Français. Il est le premier sportif dans ce classement.
Le classement français 2016
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