"J'ai décidé de ne pas démissionner et à ceux qui appelleraient à ma démission, je réclame simplement un peu de décence !" C'est par ces mots que Didier Gailhaguet a interpellé dans un message la quarantaine de membres du conseil d'administration du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), dont son président Denis Masseglia. Déjà contraint de quitter son poste de président de la Fédération française des sports de glace en février (FFSG) à cause d'un scandale de violences sexuelles dans le milieu du patinage français, l'intéressé n'a visiblement pas l'intention de faire de même au CNOSF.

"Bien amicalement à vous et à demain", conclut-il, annonçant ainsi son intention de participer au conseil d'administration prévu par visioconférence jeudi matin, à partir de 09h30, même s'il n'est plus président de la FFSG. Après un long règne à la tête de cette fédération, qu'il présidait depuis 1998, à l'exception d'une parenthèse entre 2004 et 2007, Gailhaguet s'était retiré début février, à 66 ans, sous la pression de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu.

Patinage artistique
Violences sexuelles dans le patinage : la justice lance de nouvelles investigations
10/09/2020 À 19:31

Péchalat : "On va féliciter Gailhaguet pour sa démission"

Gailhaguet ne veut pas être une "victime expiatoire"

Quinze jours plus tôt, plusieurs anciennes patineuses, dont Sarah Abitbol dans son livre Un si long silence, avaient accusé de viol et agressions sexuelles d'entraîneurs, dont Gilles Beyer. Gailhaguet a été accusé d'avoir maintenu ce dernier dans le circuit du patinage, malgré des soupçons en 2000, ce dont il se défend à nouveau dans le courriel envoyé à ses collègues du CNOSF.

"Non, je n'ai évidemment pas l'intention de me laisser accuser sans avoir la possibilité de me défendre. Non, je n'ai bien sûr pas l'intention d'être la victime expiatoire des dysfonctionnements évidents de l'administration", insiste-t-il. Il ajoute avoir été contraint de démissionner "pour préserver [ses] clubs, [ses] ligues et [ses] comités", face à la menace de retrait d'agrément brandie par Roxana Maracineanu, "l'arme atomique".

Roxana Maracineanu

Crédit: Getty Images

Le CNOSF ne peut pas le démettre "unilatéralement" de ses fonctions

Trois jours après la démission de Gailhaguet, le président du CNOSF, Denis Masseglia, saisissait le comité de déontologie du comité olympique français, pour savoir si l'ancien patron du patinage pouvait être démis de ses fonctions. Réponse du comité de déontologie à l'unanimité, en date du 14 avril : d'après ses statuts et même si Gailhaguet n'est plus patron de fédération, "le CNOSF ne peut mettre unilatéralement un terme" à son mandat d'administrateur. Le comité relève néanmoins que son maintien "est de nature à nuire, d'une part, à la cohésion et à l'image du mouvement sportif ; d'autre part, aux relations entre les nouveaux dirigeants de la Fédération française des sports de glace et le CNOSF".

Selon Gailhaguet, le patron du CNOSF lui-même lui a "demandé récemment de réfléchir à une démission de (son) poste". Un poste "auquel j'ai été démocratiquement élu avec vous", s'insurge-t-il. A noter que c'est l'ancienne championne de danse sur glace Nathalie Péchalat, élue mi-mars, qui l'a remplacé à la tête de la FFSG.

Patinage artistique
Plus d'une vingtaine d'entraîneurs mis en cause, la justice saisie
04/08/2020 À 15:34
Patinage artistique
Plus d'une vingtaine d'entraîneurs mis en cause, la justice saisie
04/08/2020 À 13:39