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Danse sur glace : Papadakis-Cizeron face à leur dernier obstacle

Papadakis-Cizeron face à leur dernier obstacle

Le 18/02/2018 à 16:14Mis à jour Le 18/02/2018 à 22:09

JO PYEONGCHANG 2018 - Les sports de glace n'ont plus ramené la moindre médaille à la France aux Jeux d'hiver depuis maintenant 16 ans. Une disette qui devrait prendre fin grâce à Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. Mais le podium ne suffirait pas à combler le duo tricolore, qui vise clairement l'or. Pour cela, il faudra dominer les redoutables canadiens Tessa Virtue et Scott Moir.

Une bonne nouvelle, d'abord. Sauf si l'apocalypse s'abat sur la glace olympique de Pyeongchang, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron vont mettre fin à une disette de seize années pour les sports de glace en France. Depuis la médaille d'or, en danse sur glace, déjà, de Marina Anissina et Gwendal Peizerat à Salt Lake City, la France avait remporté l'intégralité de ses médailles olympiques dans les sports de neige. Cette asymétrie tricolore n'avait que trop duré. Or on voit mal comment le podium pourrait leur échapper. Ce qui ne signifie pas que leur ambition se limite à cet objectif.

A vrai dire, le tandem français ne sera satisfait que s'il repart de Corée du Sud avec la médaille d'or. C'est légitime. Quadruples champions d'Europe en titre, doubles champions du monde en 2015 et 2016, ils arrivent qui plus est à Pyeongchang auréolés d'un hiver proche de la perfection, au cours duquel ils ont enchainé les records du monde. Leur luxe, c'est d'avoir cette conviction que, s'ils font leur travail bien et jusqu'au bout, pas grand-chose ne peut leur arriver.

La double quête de la perfection technique et de l'émotion

"Notre but, explique Guillaume Cizeron, c'est d'avoir un contenu technique presque parfait, parfait si possible, et en plus de ça, de délivrer des émotions les plus fortes possibles au public et aux juges. Si la combinaison de ces deux éléments se passe bien, normalement ça devrait rouler." Pour autant, ils sont bien conscients d'être à la fois très proches de l'or tout en se trouvant au pied d'une montagne. Ils n'ont qu'un obstacle sur la route du titre. Mais il est (très) imposant : Tessa Virtue et Scott Moir, leurs rivaux canadiens, sont probablement les seuls à pouvoir les priver d'or.

Champions olympiques en 2010 et vice-champions olympiques en 2014, Virtue et Moir avaient mis leur carrière entre parenthèses pendant deux ans, ouvrant la porte du pouvoir à Papadakis et Cizeron. Mais leur retour a eu quelque chose de tonitruant avec leur victoire aux Mondiaux 2017, devant le duo français. Déjà forts d'une médaille d'or à Pyeongchang avec le succès du Team Canada dans l'épreuve par équipes, ils ne comptent pas s'arrêter là. "On est ravi d'avoir gagné l'épreuve par équipes, mais ça ne veut pas dire qu'on veut moins le titre individuel, prévient Scott Moir. Le but de notre retour à la compétition, c'était d'obtenir l'or pour nous deux."

Moir : "Ça va être une super bataille, on les aime bien, on se respecte beaucoup"

Ce duel franco-canadien a tout pour constituer un sommet de ces Jeux 2018 en patinage artistique. D'autant que les deux couples se connaissent et s'apprécient. Ils s'entrainent tous à Montréal et sont même partenaires d'entrainement, sous la houlette du même coach, Romain Haguenauer. "Ça va être une super bataille, on les aime bien, on se respecte beaucoup", glisse Scott Moir à propos de ses rivaux français. Ce qui n'empêche pas de rentrer dans un petit rapport de force psychologique en amont de la compétition. A 28 et 30 ans, Virtue et Moir ont leur vécu pour eux. Notamment aux Jeux. "Ce qu'on a comme atout, c'est notre expérience par rapport avec nos concurrents, dit le Canadien. On veut s'appuyer là-dessus."

C'est un fait, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, novices aux Jeux, ne peuvent se targuer d'une même compréhension de l'enjeu si particulier du rendez-vous olympique. Mais les Français en sont convaincus, le poids du temps présent reste plus important que le passé. "C'est la même chose qu'on a à produire une fois qu'on est sur la glace. On essaie toujours de rentrer dans notre bulle et de faire ce qu'on a à faire", souligne Papadakis. Ils ont leurs propres certitudes : cette saison, ils sont les meilleurs. A Montréal, ils ont signé leur première victoire en compétition contre Virtue et Moir et personne n'a pu les titiller.

Le duo canadien présente un programme libre solide mais sans l'amplitude artistique et technique des Français. "C'est sûr que cette saison, ils n'ont pas battu, et même d'assez loin, les records de Gabriella et Guillaume", rappelle Romain Haguenauer. Papadakis-Cizeron ont donc sans doute leur destin en mains. S'ils patinent à leur meilleur niveau, l'or est largement dans leurs cordes. "Mais attention, la moindre petite faute, le moindre détail mal maîtrisé peut inverser la tendance", prévient Haguenauer. Le sacre est à ce prix.

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron lors du Championnat d'Europe, le 20 janvier 2018.

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron lors du Championnat d'Europe, le 20 janvier 2018.Getty Images

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