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"Pas encore prêts"
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Publié 29/05/2008 à 03:00 GMT+2
Malgré la spectaculaire trajectoire de Castres, 13e en décembre, à présent prétendant (5e) aux demi-finales à l'heure de défier Paris, son coach emblématique Alain Gaillard assure que le CO, même quasi-européen, "n'est pas encore prêt pour jouer les premi
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A la veille de Stade Français-Castres, le C0, 5e, pense-t-il encore à une place en demi-finales ?
Alain Gaillard: Vu le contexte, c'est difficile de se projeter sur une demie. Paris va être revanchard après sa contre-performance à Auch, et Perpignan aura, le 3 juin en match en retard, l'occasion d'affronter à la maison des Toulousains déjà mobilisés pour la demie... Sans oublier notre calendrier: réception d'Albi, mais deux voyages à Paris puis Biarritz. Non, la demi-finale, il ne faut pas y croire. Pour y croire, il aurait fallu gagner à Perpignan (défaite 20-18), éviter le faux-pas contre Montpellier (12-17), ou gagner à Bayonne (16-27). Les deux ou trois matches clés, nous les avons ratés !
Mais parler de demie, d'Europe, c'est déjà un petit miracle, vu où le CO était il y a cinq mois...
A.G: A ce moment-là, le seul objectif, c'était le maintien. C'était un peu "coton" au début, mais je crois que nous sommes tous parvenus à nous mobiliser. A nous donner même les moyens de croire un petit peu au dernier carré. Après, 5e, 6e, 7e, c'est pareil, c'est l'Europe, et nous serions à notre place. Nous ne sommes sans doute pas encore prêts à jouer les premiers rôles, avec la constance et l'implication que cela réclame. Nous avons de la qualité, mais nous manquons la profondeur de banc des meilleurs clubs du Top 14.
La saison prochaine, sans doute européenne, comment la voyez-vous ?
A.G: Les difficultés vont commencer ! Nous avions agi sur le court terme, il va falloir penser moyen terme. C'est autre chose, un autre investissement. Comment vont réagir les joueurs devant de nouvelles exigences ? Comment gérer cette Coupe d'Europe, dévoreuse d'énergie, qui génère parfois de terribles retours de bâton ? Et le Top 14 sera encore plus difficile, avec le retour de Toulon, qui a des moyens, l'émergence de Brive et son recrutement de haut tonnage, sans négliger peut-être un Bayonne.
Que pensez-vous d'un Top 14 aux résultats parfois déroutants ?
A.G: C'est normal. La compétition est trop longue. Mentalement, même pour les "gros", c'est impossible de tenir sous pression une équipe tous les week-ends. Le rugby, c'est le combat avant tout: il faut s'engager, être déterminé. C'est une exigence terrible, qui si elle fait défaut, modifie bien des choses et influe sur le résultat, bouscule parfois la hiérarchie. Franchement, ce rugby pro, de juillet à juin, je ne comprends pas. C'est fou, complètement fou ! Regardez le Munster: combien de matches au compteur pour les joueurs irlandais ? Beaucoup moins que Toulouse. Ce n'est pas un gage de succès, mais de fraîcheur, et c'est important.
Quasi-retraité après la liquidation de Gaillac (ProD2) l'an passé, repartez-vous à 59 ans pour une carrière à la Guy Roux, à l'heure où des Lagisquet ou Galthié font une pause ?
A.G: A Gaillac, je me suis ressourcé. J'ai vécu une aventure humaine formidable, avec un titre de Fédérale 1, des phases finales comme le rugby d'avant. Mais ce n'était pas du très haut niveau. Mais entraîner, c'est de plus en plus difficile, gérer, manager, faire bouger et réagir 35 mecs, avoir des relations avec le staff médical, les préparateurs physiques, la vidéo. C'est du boulot. De la pression. Un challenge perpétuel. Patrice Lagisquet par exemple, ce qu'il a fait à Biarritz, pendant dix ans, avec un club qui voulait le titre, tout le temps, gagner la coupe d'Europe, c'est énorme. Oui, énorme.
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