Supportez-vous encore d'entendre à votre propos l'expression "grande favorite des JO" ?
Perrine LAFFONT : Si on regarde mes résultats des dernières saisons, c'est sûr que j'arrive en tant que favorite. Après, pour moi, chaque début de saison, les compteurs sont remis à zéro, ce n'est pas parce que tu as gagné la saison d'avant que tu vas gagner celle-là. On pourra parler un peu plus de favoris quand les premières courses seront passées à l'approche des Jeux.
Comment vivez-vous avec ce statut de favorite ?
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P.L. : On se sent attendu, on a un petit peu l'impression d'avoir tous les yeux braqués sur nous, toute la lumière sur nous, parce qu'on a performé les années d'avant, du coup on attend qu'on performe aussi, je suis attendue. C'est de la pression clairement, chaque athlète le gère différemment, mais le fait de se sentir regardé, cela peut intimider (...) J'essaie de ne pas trop y penser, de rester dans ma bulle. J'essaie de voir toutes ces attentes, toutes les sollicitations comme une partie du job que j'ai à faire comme sportive.

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Que représente la Coupe du monde dans cette saison olympique ?
P.L. : J'ai hâte de faire la première course, parce qu'on a eu des gros mois de préparation, quasiment huit mois. On a envie de mettre tout le travail qu'on a fourni dans ces 30 secondes pour proposer ce run pendant cette compétition. Oui, c'est une saison olympique, mais la Coupe du monde reste la même, pour moi, cela ne va pas changer grand chose que cela soit une saison olympique ou pas. Tout le monde nous attend sur les Jeux, car c'est médiatiquement le plus gros événement, c'est ce que tout le monde attend tous les quatre ans, mais la Coupe du monde est aussi importante.
C'est un objectif à part entière...
P.L. : Les Coupes du monde avant les Jeux vont permettre de se placer, de se jauger, de se lancer justement pour les Jeux. Pour moi, elles ne sont pas à négliger, ce n'est pas parce qu'il y a les Jeux que je vais rien faire au début de la saison, j'ai envie d'être performante sur chaque course, donner mon meilleur (...) Les Jeux sont un événement hors du commun. Pour l'avoir vécu, gagner les Jeux, cela change une vie alors qu'une victoire en Coupe du monde cela reste un peu plus anonyme.

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Qu'avez-vous travaillé en particulier cette intersaison ?
P.L. : J'ai essayé de mettre l'accent sur les sauts, c'est là où je peux vraiment m'améliorer, je n'ai pas délaissé la technique, car elle est très importante dans notre sport, mais j'ai essayé d'apporter une petite amélioration à mes sauts, en rajoutant un "grab", c'est à dire attraper l'arrière de mon ski droit avec ma main droite. Il a encore besoin d'être peaufiné, je ne sais pas si je vais pouvoir faire sur toutes les courses.
Quand à 23 ans on a déjà tout gagné dans son sport, jusqu'où se projette-t-on ?
P.L. : Cela va être une grosse saison, 17 Coupes du monde sans compter les Jeux, après je vais avoir besoin de souffler, c'est dur de se projeter. Je serai sûrement en 2026 à Milan et j'entends dire que la Savoie pourrait être candidate pour les Jeux en 2030, c'est sûr s'il y a les Jeux en 2030 en France, j'aurai 31 ans, j'ai déjà calculé, j'y serai.
Propos recueillis par Hassan Ayadi
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