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Alexis Pinturault, le bon moment pour confirmer

Pinturault, le bon moment pour confirmer

Le 11/01/2019 à 13:15Mis à jour Le 12/01/2019 à 09:14

ADELBODEN - Deuxième dimanche dernier à Zagreb, Alexis Pinturault semble avoir retrouvé la recette en slalom. Un bonheur n’arrivant jamais seul, le voilà de retour dans le top 7 mondial de la spécialité, ce qui lui garantit un petit dossard dimanche à Adelboden, une première depuis près de six ans. Tâche à lui d’en profiter pour gagner en régularité.

Niveau timing, ça tombe à pic. Alexis Pinturault a bien choisi son moment pour regoûter au podium en slalom, cinq ans après sa victoire à Wengen. En prenant dimanche dernier la 2e place à Zagreb, consécutive à une 10e place au City Event d’Oslo, le Français a effectué un bond très intéressant au classement FIS de la discipline. D'un seul coup, le voilà remonté du 12e au 6e rang. En slalom, il n’avait jamais été vu aussi haut depuis le début de sa carrière. Et ce n’est que la 2e fois qu’il figure dans le top 7 mondial de la spécialité, après un passage éphémère à la 7e place en janvier 2014 (consécutif à son triomphe à Wengen).

Ça ne relève pas d’un simple intérêt statistique. Bien au contraire. Son retour dans le top 7 garantit à Pinturault un tout petit dossard (entre le 1 et 7), lors du slalom d'Adelboden ce dimanche. “Ça fait extrêmement plaisir, réagissait-il en apprenant la nouvelle. C’est important. Si je veux être plus régulier sur les slaloms à venir, ça passe aussi par là. Après, bien sûr, ce n’est qu’une étape. Il faut continuer.”

Quatre slaloms, le combiné de Wengen et les Mondiaux à venir

L’occasion est belle de surfer sur sa perf’ de Zagreb, sachant que les piquets seront rois d’ici la fin du mois. Encore quatre slaloms sont à venir d’ici fin janvier. Et les bonnes sensations sont toujours bonnes à prendre en vue du combiné de Wengen, prévu le 18 janvier. Sans oublier les Mondiaux d’Åre, début février. S’il y a bien un moment pour performer en slalom, c’est maintenant.

Vidéo - Pour décrocher le podium, Pinturault a réussi une deuxième manche parfaite

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Pour jouer le podium, partir devant est un vrai plus. Une quasi-nécessité lorsque la piste est douce et que le tracé se transforme vite en chantier. Jusqu’à présent, l’irrégularité chronique de Pinturault l’empêchait de briser ce plafond de verre qu’est le top 7. Il devait toujours se farcir un dossard entre le 8 et le 15, ce qui bridait ses ambitions quand le ski était là. Maintenant que la marche a été franchie, tâche à lui de ne pas en retomber. Bien sûr, petit dossard ne rime pas forcément avec grand résultat à l’arrivée. “Ce n’est pas pour autant qu’il ne faudra pas faire deux belles manches pleines” assure l’homme aux 21 victoires sur le circuit, qui avait connu deux mauvaises expériences il y a six ans.

Les deux seules fois où il a eu l’occasion de s’élancer avec un petit dossard, ça s’était mal terminé. En janvier 2013, à Wengen, il avait été éliminé en 1re manche avec le dossard 2. Deux mois plus tard, avec le 1, il avait magistralement découpé le premier tracé à Kranjska Gora (meilleur temps). Mais il était parti à la faute sur le second, laissant la victoire à Ivica Kostelic.

Adelboden lui réussit bien

Pour éviter la passe de trois, il pourra notamment compter sur les bons réglages de son matériel, trouvés lors de son stage à Reiteralm pendant les fêtes. Cela avait payé en Croatie. “Mais le profil d’Adelboden est totalement à l’inverse de celui de Zagreb” tempère Gauthier de Tessières, consultant sur Eurosport, qui préfère rester prudent pour dimanche. Je pense que ce n’est pas encore gagné en slalom. Il reste à voir s’il peut être régulier sur la durée.”

Alexis Pinturault lors du géant d'Alta Badia

Alexis Pinturault lors du géant d'Alta BadiaGetty Images

Néanmoins, la piste suisse lui a plutôt bien réussi récemment en slalom. Il reste sur trois top 10 consécutifs (4e, 9e puis 5e l’an dernier). Et cette saison, les résultats vont crescendo (DNF1 à Levi, 14e à Saalbach, 9e à Madonna di Campiglio et 2e à Zagreb). Alors, il y a de quoi rester optimiste.

L'inconnue du dos

Cela reste un paramètre à ne pas négliger pour ce week-end. Pinturault s’était bloqué le dos lors du City Event d’Oslo (alors qu’il avait remporté la 1re manche de son 8e de finale face à Marco Schwarz, futur vainqueur). Ça allait visiblement bien mieux à Zagreb. Mais le sujet restait tout de même d’actualité selon Pinturault, dont le programme des derniers jours était en partie consacré au problème.

“Il faut que je continue à reposer mon dos, car je sens que les courses ont tendance à tirer dessus, disait-il dimanche, avant de partir s’entraîner à Reiteralm, en Autriche. Pour continuer janvier de la meilleure des manières, ce sera essentiel de bien travailler dessus pour essayer de relâcher tout ça.”

Samedi, il aura l’occasion de l’éprouver une première fois avec le géant, où il ne s’est plus imposé depuis le 9 décembre 2017 à Val d’Isère. Sa discipline de coeur ne lui réussit plus comme avant. Il n’a remporté aucune des dix dernières courses du genre (sa 3e place aux JO comprise), une première depuis près de quatre ans. Et depuis le début de l’hiver, en quatre géants, il n’est monté sur le podium qu’une seule fois (3e à Alta Badia).

Une passe moyenne donc. Mais avec la confiance tirée de Zagreb, il ne faudrait pas trop s’étonner si Pinturault brille en géant dès Adelboden, où il reste sur trois podiums consécutifs, dont une victoire en 2017, consécutive à un abandon à Alta Badia. Avec lui, on commence à être habitué aux rebonds.

Alexis Pinturault heureux sur le podium à Zagreb (janvier 2019)

Alexis Pinturault heureux sur le podium à Zagreb (janvier 2019)Getty Images

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