Trois descentes, trois victoires, quatre Super-G, deux succès et trois podiums au total… Sofia Goggia règne en maître sur la vitesse cette saison. La championne olympique en titre de descente a atteint une maturité qui lui permet d'exprimer un ski qui a toujours été très audacieux mais en gommant les fautes qui pouvaient le polluer. La leader de l'équipe d'Italie, désignée porte-drapeau pour les Jeux Olympiques de Pékin (4-20 février), qui rêvait de succéder à Lindsey Vonn, marche sur les traces de l'Américaine après s'être relevée des très nombreuses blessures qui ont gâché sa carrière.
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Consultante pour Eurosport, Florence Masnada, double médaillée de bronze olympique, est aux premières loges pour assister aux récitals successifs de Goggia. Elle décrypte le ski de la championne olympique : "Elle a pris en maturité, c'est moins le cheval fou furieux qu'on a connu. Elle est plus posée. Elle fait un petit peu moins peur même si ça reste un ski engagé. C'est sa qualité principale. Elle fait moins de grosses erreurs et quand elle n'en fait pas, elle est plus rapide que les autres, ça c'est sûr."
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87% de victoires en descente depuis deux ans

Bien plus rapide même. A Lake Louise, pour les deux premières descentes de la saison, elle avait collé successivement 1''47 et 0'84'' à Breezy Johnson, un gouffre. "Elle est quand même championne olympique en titre, déjà l'année dernière elle dominait avant de se blesser", rappelle Masnada. Avant de connaître une fracture du plateau tibial du genou droit, Goggia restait sur quatre succès de suite en descente. Sur les deux dernières saisons, elle a donc remporté 87% des descentes auxquelles elle a participé !

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"Elle a beaucoup travaillé en préparation mentale et physique, renseigne Masnada. Ce qu'elle fait est plus ciblée aussi. Avant c'était plus 'foufou', comme son caractère, comme son ski. Elle a gagné dans le sérieux du travail, dans l'approche de la compétition. Elle se fixe des objectifs très précis. Elle parle beaucoup du moment présent, elle est très investie." Ce changement d'approche, Sofia Goggia l'a évoqué fin décembre dans le podcast "The Next Turn".
"Je dois rester calme pour m'exprimer. Je ne suis pas calme en tant que personne mais je dois trouver la paix pour me laisser aller et m'exprimer", confiait-elle en décembre dernier. La reprise, pendant le premier confinement, du piano, une activité qu'elle avait abandonnée depuis son enfance, l'a aidée à trouver cette paix.

Goggia et les blessures, une longue histoire

"La plus déterminée vous êtes, le plus sûr sera votre ski. Mais votre instinct vous dit de ne pas trop pousser, de vous protéger. Je me suis dit que tout le monde avait peur. Mais si vous trouvez le courage de vous battre, et de vous faire confiance quand vous ne voyez rien, que la neige est difficile, la récompense sera énorme." Sofia Goggia dit ça après avoir connu une pléïade de blessures qui en aurait atteint plus d'une : plusieurs ruptures des ligaments croisés, une fracture du plateau tibial, une autre du bas… La liste est non-exhaustive et dresse le portrait d'une skieuse incassable.

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"Eurosport m’a appelée 'la plus courageuse et la plus audacieuse'", notait-elle malicieusement auprès du site internet olympique il y a peu. "Je ne peux pas me dire complètement imperméable à la peur mais je suis toujours revenue plus forte qu'avant, assure l'Italienne dans "The Next Turn". Lindsey Vonn, quand elle est revenue de sa dernière blessure, a gardé la même approche. Elle savait à quel niveau elle pouvait skier, elle avait assez d'expérience".

Lindsey Vonn, l'amie, le modèle

Ce n'est pas un hasard si Goggia cite l'immense championne américaine en exemple. "Sur la fin de carrière de Vonn, elles étaient proches, nous apprend Flo Masnada. Il y avait une certaine complicité. Elle s'en inspire beaucoup." Goggia ne s'en cache pas, citant la date exacte de sa première photo avec elle, "le 19 janvier 2015 à Cortina". "Nous avons grandi avec elle. Tout le monde rêvait d'être Lindsey Vonn un jour. Je n'ai jamais rencontré une championne comme elle".

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Avec ses quatre gros globes du général, l'Américaine a touché un Graal hors de portée, sans doute, de son amie italienne. "Ça paraît compliqué. Elle ne marquera aucun point en slalom et très difficilement en Géant", rappelle Masnada. Goggia, de son côté, l'évoque du bout des lèvres.
"Je ne me concentre pas entièrement sur le général. Je préfère avancer étape par étape. C’est bien de rêver grand, cela ne coûte rien… mais pour construire une maison, il faut assembler beaucoup de briques les unes après les autres. Le vrai grand résultat n’arrive qu’à la fin". Dans moins d'un mois aux Jeux Olympiques, elle a surtout l'occasion de conserver son titre en descente, ce que Lindsey Vonn n'a pas réussi et que la seule Katja Seizinger a fait dans l'histoire.
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