Un Bode Miller peut en cacher un autre: le champion public aux propos iconoclastes, qui skie autrement et plus vite que ses rivaux, est aussi un sacré metteur au point du matériel, sensible aux humeurs, parfois noires, qui ont déterminé le cours de sa carrière. Pour la galerie, il est l'un des quatre enfants d'un couple de hippies, élevé à la dure, avec tous les clichés à l'avenant. Mais si la maison en bois construite dans le New Hampshire par Woody, le père, a longtemps été privée d'eau et électricité, c'était pour préserver la nature.
Elle n'a rien d'une cabane et, dans la famille, on est plus souvent médecin que bûcheron. Les détracteurs de Miller ont voulu voir dans ce passé en liberté l'origine de ses déclarations fracassantes en faveur de la libéralisation du dopage, ou de la création d'un circuit pro pour s'affranchir d'un Cirque Blanc qu'il juge "étouffant". Le palmarès et la manière font de Miller l'un des plus grands skieurs de l'histoire. Il compte 31 victoires en Coupe du monde, dans les cinq disciplines, quatre titres mondiaux, dont un doublé inédit descente/super-G en 2005 à Bormio, sur la piste Stelvio qui requiert du cran et du fond.
Mais, médaillé d'argent (slalom géant et combiné) en 2002 à Salt Lake City, il n'a pas (encore) remporté de titre olympique. Et on en revient aux humeurs. Lors des JO 2006, à Sestrières, Bode avait défrayé la chronique plus pour ses sorties nocturnes dans les bars que pour ses exploits sportifs.
Bormio
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Sombres pensées
C'est oublier que, chez ce descendant d'Irlandais, la tentation de la boisson a été une constante de ces années de gloire. Aux Jeux, il avait un motif pour tomber bas: son frère Chelone, victime d'un accident de moto, luttait contre la mort sur un lit d'hôpital. Et puis Miller n'entre pas dans le cadre classique. Les JO? " C'est une course d'un jour. Ce n'est pas la fin du monde de ne pas gagner l'or", avait répondu l'intéressé, au sortir des Jeux.
Preuve de lucidité. Ca dépend de tant de choses, de la pente, du matériel, du temps, de l'humeur justement. Et la Banchetta n'inspirait pas le champion de la Côte Est. Surtout qu'il se sentait à l'étroit dans la structure fédérale de l'équipe US, même s'il avait déjà pris ses aises en logeant dans un camping-car.
Après deux saisons décevantes (2005/2006 et 2006/2007), il a franchi le pas en montant une structure privée, forte de trois techniciens. Et ce choix a payé. Bode Miller a gagné la 2e Coupe du monde de sa carrière, au terme d'une saison riche de 6 succès, dont 3 en descente (Bormio, Wengen, Kvtifjell).
Aux dernières nouvelles, le bonhomme s'est beaucoup assagi. Son entourage met en avant sa minutie à faire évoluer les skis et son assiduité aux appareils de musculation installés dans le bus, frappé du slogan "Go Fast". Pour la petite histoire, Miller a été aidé financièrement dans sa jeunesse par un mécène, qui a bâti sa fortune grâce à un procédé chimique entrant dans la fabrication du jus de pomme. Miller, lui, a breveté son style. Ses compatriotes Lindsey Vonn, en passe de gagner le grand globe féminin, et Ted Ligety, champion olympique de combiné, s'y réfèrent.
Bormio
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Bormio
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