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La Verte, piste mythique

La Verte, piste mythique
Par Eurosport

Le 25/01/2008 à 22:00Mis à jour

La piste des Houches, qui accueille la Coupe du monde pour la 16ème fois de son histoire ce week-end, n'a de Verte que le nom puisque cette descente de légende et de renommée internationale est en fait une "noire" de 3 343 mètres de long pour un dénivelé

La Verte des Houches tire son nom de son environnement, piste bordée de sapin, souvent gelée du fait de son orientation, ce qui lui donne un aspect vert. Cette piste mythique avec son relief, ses difficultés naturelles, son exigence, compte aujourd'hui parmi les grandes descentes de référence au côté du Lauberhorn de Wengen et de la Streif de Kitzbühel, épreuves reine de la Coupe du monde, ce qui en fait la fierté de la vallée de Chamonix. "Cette piste fait partie du patrimoine de la vallée de Chamonix, qui a une histoire à ne surtout pas oublier" comme aime le souligner Marc Battendier, enfant du pays, ancien membre de l'équipe de France qui la connaît par coeur, une piste qui n'a plus aucun secret pour lui, tant il en connaît les moindres coins et recoins, son histoire, ses anecdotes, qu'ils distille tous les hivers, lors d'une visite guidée, à ceux qui veulent la découvrir, s'instruire et en comprendre les différents passages clés.

On ne dompte pas la "Verte" !

La Verte, ça ne se raconte pas sur une page blanche, mais ça se vit, mais avant de vous rendre sur place pour la découvrir ou la dévaler vous-même, un survol virtuel: Départ 1871m, on commence par un schuss avec 4 courbes enchaînées à grande vitesse, puis premier gros saut avec la cassure, pour un vol d'environ 30m avant d'entamer le passage à Ericksen (du nom d'un Norvégien qui avait effectué une très grosse chute dans les années 50) "A l'époque, il n'y avait pas de filets de sécurité", suivi du virage de rocher blanc, passage très technique "on l'aborde à grande vitesse et il y a intérêt à tenir ses appuies pour amorcer les courbes type super-g".

Puis, grand frisson pour bon nombre de skieurs aussi doués ou surdoués soit il, pour le second gros saut, avec l'arrivée sur le goulet, aussi célèbre que la tête de chien de Wengen ou le Steilhang de Kitzbühel, avec le passage du soleil à l'ombre, son rétrécissement et surtout son saut dans le vide au dessus d'un mur à 75 degrés pour un vol spectaculaire de 70 à 80 mètres - "Il faut impérativement être bien placé pour prendre le saut correctement" -. A la réception, on se retrouve avec la bosse à Perrot auquel succède un passage rapide avec divers mouvements de terrain qui emmènent au fameux S à Pessi qui conditionne toute la fin de course, avec ses parties de glisse ou tout ne peut pas se gagner mais tout peut se perdre. Puis avant de passer la ligne d'arrivée près de deux minutes plus tard, un dernier saut, artificiel pour passer la route, et le schuss Battendier (Les parents de Marc Battendier avaient une ferme et possède plusieurs terrains) pour terminer à 1001m d'altitude.

Que l'on soit skieurs de très haut niveau ou pas, on ne dompte pas la "Verte", on la respecte ! Comme l'a souligné et si bien décrite Benoit Lallement, journaliste à L'Equipe le 9 janvier 2005 : "Il y eut des frissons et des frayeurs. De grosses bosses et des bleus douloureux. Il y eut des sauts qui ressemblaient à des vols. Des réceptions malheureuses et des chutes délicates. Il y eut des courbes incisives et des plats sans répit. De la vitesse et des jeux de lumières. C'était la Coupe du monde à Chamonix. C'était surtout sur la Verte des Houches. Pente unique. Piste mystique. Qui depuis toujours charrie ces histoires de glisse, qui contribue à écrire la légende de la Descente ou le risque côtoie le sublime, ou les limites ont un prix et les trajectoires une grande fragilité. Qui jamais ne déçoit. Puisque c'est son caractère de ne pas s'offrir facilement, de trier ses prétendant sur le plus beau des critères : l'exigence."