VITESSE HOMMES

Johan Clarey : 9/10
Il ne cesse de nous étonner. S’il attend toujours désespérément sa première victoire, le Tignard de 41 ans a probablement réussi la deuxième meilleure saison de sa carrière après 2019 (médaille mondiale, 8 top 10 dont un podium). Il n’a pas affiché le même niveau de régularité que la saison dernière, finissant 9e de la Coupe du monde de descente, mais il a sorti le grand jeu sur les deux rendez-vous majeurs de la saison.
Ski alpin
Clarey prolonge d'un an pour être au rendez-vous des Mondiaux 2023
04/04/2022 À 19:51

Un départ canon pour finir à 0"10 de l'or : la descente fantastique de Clarey

Il finit d’abord 2e sur la mythique Streif de Kitzbuhel, où il ne cesse de briller année après année. Mais, surtout, Clarey s’est offert un argent olympique plein d’émotion à Pékin, passant à un petit dixième du sacre suprême au terme d’une descente parfaite. Deux performances titanesques qui valent (presque) un premier un succès et qui en font encore LE cador tricolore en vitesse.
En bref : Qu'il continue, il mériterait tellement cette victoire dont il se rapproche sans cesse…

Clarey : "Je suis tiraillé, je vais prendre ma décision pour mon futur dans le mois"

Blaise Giezendanner : 7.5/10
Il n’avait plus signé le moindre résultat probant depuis les JO de Pyeongchang, en 2018, où il avait pris la 4e place. Mais, comme il y a quatre ans, le skieur de Chamonix s’est retrouvé sur la Streif. Mieux que ça, bien mieux, il y a signé le tout premier podium de sa carrière, à 30 ans. Un véritable exploit signé avec le dossard 43 pour priver Mayer de la 3e place, chez lui à Kitzbühel.

Sur la boîte avec le dossard 43 : l'incroyable exploit de Giezendanner

Il n’aurait pu rêver mieux qu’un podium dans la Mecque des descendeurs, partagé en plus avec Clarey. Et il accompagne ça de deux 9e places en Super-G, acquises à Bormio et aux JO de Pékin. Non, personne n’aurait parié sur une telle saison de Giezendanner.
En bref : Il aime décidement les années olympiques.
Mathieu Bailet : 5.5/10
Le Niçois n’a pas réalisé une mauvaise saison, avec quatre top 10 au compteur et un statut de meilleur Français en Super-G (13e au classement de la discipline). Mais son bilan est loin de ce que l’on était en droit d’attendre de celui qui incarne la relève de la vitesse tricolore.

Meilleur tricolore, Matthieu Bailet signe le 6e temps du super-G

Ses cinq top 15 dans la saison et une 14e place comme meilleur résultat en descente témoigne de son année compliquée, où il n’a pas toujours su trouver le bon compromis entre engagement et toucher de neige. Il aurait pu tout effacer sur la descente olympique où il est à la lutte pour le podium avant de commettre une grosse faute (27e). Comme un symbole de sa saison, qu'il a toutefois bien finie (6e du Super-G des finales).
En bref : Un goût d’inachevé.
Sans oublier Nils Allegre, Sam Alphand, Maxence Muzaton, Nicolas Raffort, Victor Schuller, Nils Alphand, Adrien Fresquet, Florian Loriot et Roy Piccard...
Allegre n’aura pas confirmé les promesses de 2021 (cinq fois dans le top 11), ne signant aucun top 10 et seulement deux tops 15 cette saison. Il n’a même pas atteint les finales de Courchevel-Méribel. C’est à peine mieux pour Muzaton, auteur d’une 8e place à Kvitfjell et passé tout près d’un top 10 aux JO (11e en descente).

Muzaton : "C'était ma meilleure course depuis deux ans"

Les autres ne sont rentrés dans les points qu’à trois reprises au cumulé mais on notera tout de même les premiers inscrits en Coupe du monde par Sam Alphand (30e à Kvitfjell).
En bref : Allegre a déçu, Sam Alphand a semé des promesses et les autres sont attendus un peu plus haut.

TECHNIQUE HOMMES

Alexis Pinturault : 3.5/10
A-t-il eu du mal digérer son sacre de l’an passé ? Toujours est-il que Pinturault a vécu sa pire saison depuis ses débuts. Aucun succès et seulement trois podiums en Coupe du monde, c’est une première depuis la saison 2010-2011 (0 victoire et 1 podium). Dépassé dans la course au gros globe, il a été incapable de lutter avec Odermatt, même en géant.

Pinturault : "Cette saison, j'ai fait avec les moyens du bord"

Il a d’ailleurs fini hors du podium de la spécialité pour la première fois depuis 2012 ! Hésitant, physiquement emprunté, le Français n’a quasi jamais réussi deux manches pleines et il rate en plus ses JO, qu’il a finis sans médaille, sortant en combiné et en slalom. Malgré tout cela, il termine à la 10e place du général (son pire classement depuis 2012) et meilleur Français. Mais on en attendait tellement plus…
En bref : Une saison à oublier, purement et simplement.
Clément Noel : 8/10
Il a vécu la meilleure et la pire saison de sa carrière la même année. Tout était parfaitement parti, avec une victoire sur le slalom d’ouverture à Val d’Isère et une première manche à Madonna qui le destinait à une domination sans partage dans la discipline. Mais tout s’est déréglé avec cette sortie bête en Italie, à deux portes de la ligne. Le premier de ses cinq slaloms non terminés cette saison.

C'est son jour de gloire : La deuxième manche en or de Noël

Le Vosgien (seulement 9e du classement de slalom) a longtemps semblé perdu en piste, incapable de poser son ski, de déclencher au bon moment, multipliant les fautes. Et puis il y a eu ce jour de grâce du 16 février. Sixième à l’issue de la première manche, Noël a retrouvé son meilleur ski en seconde à Pékin pour devenir champion olympique de slalom, le premier titre du ski alpin français aux JO depuis 2006. Un statut qu’il n’a pas assumé sur la fin de la saison mais, au fond, peu importe.
En bref : En année olympique, seul le titre compte. Même s’il a beaucoup à corriger cet été.

Noël en or, la Marseillaise retentit une nouvelle fois à Pékin

Mathieu Faivre : 7/10
Comme Noël, il a vécu une année compliquée. Champion du monde en titre de géant, Faivre n’a réalisé aucun podium et seulement trois top 10 en Coupe du monde cette saison, passant son temps à alterner l’excellent et le franchement mauvais, très souvent au sein d’un même géant, multipliant ainsi les désillusions en seconde manche. Mais, comme Noël, toute sa saison a changé à Pékin.

Il s'est accroché pour un grand bonheur : comment Faivre a arraché le bronze

Troisième à l’issue de la première manche, le Niçois jouait le titre olympique avant de rater sa seconde manche (13e temps). Mais, cette fois, il est resté sur le podium. Sa médaille de bronze olympique, un an après son doublé mondial (géant et parallèle), confirme qu’il est un homme de grands rendez-vous. Il a également marqué ses premiers points en Super-G à Beaver Creek (22e et 15e) en début de saison.
En bref : Une médaille olympique, même en bronze, sauve toute une saison.

"C'est un homme de grand rendez-vous" : Faivre décroche le bronze sur le géant

Thibaut Favrot : 4/10
C’était la promesse de la fin de saison 2021 mais ça ne s’est pas souvent vu. Le Tricolore n’a jamais réussi en Coupe du monde à reproduire le ski qui l’avait amené à une 4e place à Bansko l’an passé. En 2022, le Français n’aura jamais intégré les dix premiers d’un géant, ne faisant pas mieux que sa 13e place à Adelboden.

Favrot craque : "J’ai tellement ramé depuis le début de saison, je suis fier de moi"

La seule éclaircie de sa saison est venue des JO de Pékin où Favrot a retrouvé en première manche son meilleur ski (5e à 0’’19 d’Odermatt), plein d’engagement et de promesses pour l’avenir. S’il a plus souffert en seconde, il a toutefois accroché la 5e place olympique, le deuxième meilleur résultat de sa carrière. Rappelant de quoi il était capable. Et ravivant la frustration à la vue de sa saison.
En bref : La confirmation attendra un an de plus.
Sans oublier Victor Muffat-Jeandet, Cyprien Sarrazin, Steven Amiez, Léo Anguenot, Augustin Bianchini, Théo Letitre, Loevan Parand, Paco Rassat....
Muffat-Jeandet a trop rapidement disparu, blessé lors du scandaleux slalom de Zagreb. Sa 10e place à Adelboden a été l’unique éclaircie de la saison de Sarrazin, et l’un de ses deux seuls géants dans les points.

Dossard 60, Amiez marque ses premiers points en Coupe du monde

Des points, Amiez en a marqué pour la première fois de sa carrière cette saison, avec sa belle 17e place lors du slalom de Garmisch-Partenkirchen. Anguenot a lui montré de belles choses lors du parallèle par équipes des finales. Cela a été plus compliqué pour Bianchini, Letitre, Parand et Rassat, qui ne sont jamais allés au bout des deux manches.
En bref : On espère vite revoir "Totor" mais aussi Anguenot. Et pas qu’en parallèle.

VITESSE FEMMES

Romane Miradoli : 9/10
Voilà 17 ans que la France n’avait plus gagné chez les filles en vitesse et personne n’aurait parié sur la fin de cette série en 2022. Blessée au genou en décembre 2020, la Tricolore a mis du temps à revenir mais tout a changé avec sa 6e place à Garmisch-Partenkirchen. La confiance est revenue et le jour de grâce a fini par arriver à Lenzerheide. Ce jour-là, elle était sur un nuage et a décroché le premier succès de sa carrière.

Un sacré numéro d'équilibriste pour un superbe exploit : Miradoli, c'est inouï !

Cela aura pu être un one-shot mais Miradoli a confirmé par la suite avec une 8e place en descente et une 5e place en Super-G lors des finales, ainsi que le meilleur résultat de sa carrière (13e) en géant, à Lenzerheide. Sans oublier des JO où elle était en course pour la médaille sur le combiné, avant de sortir sur le bas du slalom.
En bref : On a hâte de voir ça sur toute une saison.

Miradoli : "J'ai changé d'état d'esprit en me disant : 'Arrête de te trouver des excuses'"

Laura Gauché : 7/10
Elle aussi a passé un cap. Son début d’hiver avait été compliqué à Lake Louise, avec deux courses hors des points, une rareté pour elle (trois fois cette saison, avec sa sortie à Cortina). Mais elle a rapidement remis les choses à l’endroit pour ne pas douter. Et les résultats ont fini par suivre.

Laura Gauché lors du Super-G de Zauchensee, le 16 janvier 2022

Crédit: Getty Images

Alors qu’elle n’avait encore jamais fait mieux que 13e en Coupe du monde, la Tignarde de 27 ans a signé trois top 10 en 2022 (5e place à Zauchensee, 9e à Lenzerheide et 8e à Courchevel-Méribel), tous acquis en Super-G, devenu la discipline forte de la Française (19e de la Coupe du monde de la spécialité). Elle a aussi été la meilleure Française lors des Jeux (8e au combiné, 10e en descente).
En bref : Et si elle avait enfin trouvé le déclic ?
Sans oublier Camille Cerutti, Tiffany Gauthier, Anouck Errard, Karen Smadja Clement...
Cerutti a été la principale satisfaction du reste de la vitesse tricolore, avec une superbe 11e place décrochée en Super-G à Val d’Isère, avec un énorme dossard (40). Mais elle n’a jamais réussi à confirmer cet exploit, avant de se blesser gravement lors des JO.

Cerutti, 11e avec le dossard N.40 : son super-G prometteur

Gênée par des blessures, Gauthier aura été loin de son meilleur niveau, elle qui compte trois 4e places en Coupe du monde dans sa carrière. Les deux autres Tricolores n’ont-elles pas réussi à inscrire leurs premiers points.
En bref : Il manque une 3e fille en position de performer.

TECHNIQUE FEMMES

Tessa Worley : 9/10
Elle aura pu être abattue par ses JO ratés (19e du Super-G, sortie en géant), elle qui rêvait de décrocher une médaille olympique, le seul accomplissement qui lui manque. Mais elle s’est remobilisée pour décrocher, à domicile et lors de la dernière course, un deuxième petit globe de géant. Pourtant, elle n’a pas réussi la meilleure saison de sa carrière. Celle-ci reste 2017 avec un petit globe, deux titres aux Mondiaux et trois victoires en Coupe du monde.

Tessa Worley prend la tête du géant : son 2e run en vidéo

Mais la Française n’a jamais été aussi régulière. A l’exception des trois premiers Super-G de la saison, la Bornandine a toujours fini dans le top 8, que ce soit en géant ou en Super-G, accrochant les 15e et 16e succès de sa carrière lors des géants de Lienz et Lenzerheide. Et, comme un symbole de la régularité primant sur les gros résultats, c’est avec une 4e place lors des finales que Worley a validé son petit globe. Effaçant toute déception liée aux Jeux.
En bref : Géante, tout simplement !

"Mon coeur battait tellement fort pendant la course de Mikaela" : Worley savoure son globe

Coralie Frasse Sombet : 6.5/10
Depuis quatre ans, la skieuse de Chamrousse semait promesse après promesse : elle vient de les confirmer. Tout n’a pas été parfait cette année, loin de là, avec un début d’hiver compliqué marqué par un seul top 15 lors des six premiers géants. Mais sa 19e place aux JO, paradoxalement, l’a libérée.

Coralie Frasse-Sombet lors des qualifications du parallèle de Lech/Zürs, le 13 novembre 2021

Crédit: Imago

Si le résultat était une petite déception, sa deuxième manche stratosphérique (3e temps, mieux qu’Hector ou Brignone) l’a convaincue de sa capacité à jouer bien plus haut. Bien plus libérée sur la fin de saison, plus régulière aussi, la Française a décroché deux tops 10 en géant dont la 7e place à Äre, le meilleur résultat de sa carrière.
En bref : La régularité est là mais elle a les moyens de viser encore un peu plus haut.
Nastasia Noens : 5/10
Le slalom est la seule discipline où la France n’a pas décroché le moindre top 10 cette saison. Mais la Niçoise est l'unique chance tricolore d'y marquer des points régulièrement. Noens est sur le déclin, incapable de se remettre des blessures qui ont émaillé sa carrière. On l’a encore senti cette saison en mesure de sortir de grosses manches mais jamais deux de suite.

Noens reste évasive sur son avenir : "J'ai envie mais il faut que j'y réfléchisse !"

Elle qui rivalisait avec les meilleures entre 2014 et 2016 n’en est plus capable mais elle reste malgré tout aux alentours de la 15e place. De quoi la pousser une nouvelle fois à continuer une année de plus ? Elle hésitait après les finales, fortement déçue et marquée par sa 19e place lors des Jeux à Pékin. Mais à un an des Mondiaux en France, ça serait dommage.
En bref : Courageuse, on aimerait la voir un an de plus, pour un ultime coup d’éclat.
Sans oublier Clara Direz, Doriane Escane, Kenza Lacheb, Marie Lamure, Tiffany Roux....
Alors qu’elle avait semé de belles promesses en 2020, Direz n’a pas su retrouver son ski depuis son retour de blessure et n’a fini que deux fois dans les points cette saison, une vraie déception. La déception est aussi là pour Escane et Lamure, qui n’ont pas passé une manche de la saison. Moins présentes sur le circuit que leurs compatriotes, Lacheb (3 départs) et Roux (2) en ont tout de même profité pour marquer des points, les premiers de la carrière de Lacheb (27e du slalom de Kransjka Gora).
En bref : Direz a déçu et on attend toujours la relève en slalom.
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