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Johan Clarey, 2e à Kitzbühel : "Je ne pensais pas prendre le départ ce matin"

Clarey : "Je ne pensais pas prendre le départ ce matin"

Le 27/01/2019 à 19:14Mis à jour Le 27/01/2019 à 19:17

KITZBUHEL - Johan Clarey était le premier surpris de sa 2e place à l'issue du super-G de Kitzbühel. Son genou sifflait tellement qu'il envisageait sérieusement de ne pas s'aligner ce dimanche. Et même une fois lancé sur la Streif, les "sensations n'étaient pas bonnes" confie le Français, tout heureux de s'offrir à 38 ans son premier podium dans la discipline.

Comme quoi, mieux vaut parfois ne pas trop s'écouter. S'il avait cédé aux plaintes de son genou droit dimanche matin, Johan Clarey n'aurait pas décroché le premier podium de sa carrière en super-G (2e), à Kitzbühel. "Pour tout vous dire, je ne pensais pas prendre le départ ce matin, a-t-il expliqué par téléphone sur le plateau de Chalet Club, l'émission d'Eurosport. Après la descente de vendredi (11e et meilleur Français), j'avais tellement mal au genou droit… C'était difficile de m'échauffer ce matin. Mais je me suis dit avec l'adrénaline ça va passer. Et c'est passé."

Le skieur de Tignes, 38 ans, a pris sa décision au dernier moment. Ce doute sur la capacité de son corps à tenir le choc lui a paradoxalement libéré l'esprit. "J'étais tellement relax… J'avais zéro pression du coup. Je me suis dit : tente tout ce qu'il y a à tenter."

Vidéo - A 38 ans, Clarey a fait l'exploit : son premier podium en super-G en vidéo

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"En passant la ligne, je n'aurais pas été surpris de finir 20e"

Une fois lancé sur la Streif, il n'a pourtant pas eu l'impression de découper la piste. Le chrono était rapide, le Français finissant même à seulement huit centièmes du vainqueur Josef Ferstl. Mais les sensations laissaient visiblement à désirer. "C'est un petit miracle, dit-il au sujet de son cinquième podium en carrière, le premier depuis sa 3e place lors de la descente de Kitzbühel il y a deux ans, où il portait déjà le dossard 20. J'ai du mal à y croire. C'était difficile à skier, la visibilité était très faible, il n'y avait pas beaucoup de grip. En passant la ligne, je n'aurais pas été surpris de finir 20e. Je ne pensais pas que j'étais assez vite. Je n'avais vraiment pas de bonnes sensations aujourd'hui."

Ce podium vient récompenser ses progrès soudains en super-G, lui qui brillait alors surtout descente (quatre podiums et 31 top 10). Avant cet hiver, il n'avait décroché que cinq top 10 en super-G. Il en a ajouté deux fin décembre, se classant d'abord 4e à Val Gardena malgré un dossard impossible (50).

Vidéo - Run of the day : L'exploit de Clarey, dossard 50 et 4e à l'arrivée

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Il s'agissait alors de son meilleur résultat carrière dans la discipline. Dans la foulée, il s'est classé 9e à Bormio puis donc 2e à Kitzbühel. Soit 3 top 10 consécutifs. Ça ne lui était jamais arrivé en super-G.

Prochain rendez-vous, les Mondiaux

Cette dynamique nouvelle tombe à point nommé. Le prochain super-G n'est autre que celui des Mondiaux d'Are, le mercredi 6 février. C'est pour lui une occasion unique (la dernière sans doute) de briller dans cette compétition où, toutes disciplines confondues, il n'a jamais fait mieux que 8e (descente de Garmisch-Partenkirchen en 2011). Il ne s'était présenté qu'une seule fois au départ d'un super-G (Beaver Creek en 2015), avec une maigre 30e place comme résultat.

"Je vais avoir de l'ambition pour les Mondiaux c'est sûr, affirme Clarey, qui peut aussi lorgner la descente étant donnée sa régularité dans la discipline (5e à Lake Louise et Beaver Creek, 13e à Val Gardena, 8e à Bormio, 12e à Wengen et 11e à Kitzbühel). Je vais essayer d'arriver avec un maximum de fraicheur, il va falloir réfléchir sur le programme."

Il pourrait faire l'impasse sur l'étape de Garmisch-Partenkirchen le week-end prochain, qui ne compte qu'une épreuve de vitesse au programme (descente le samedi). Sa décision n'était pas encore prise ce dimanche après-midi. "Je ne sais pas si je serai présent à Garmisch. Vous savez, à 38 ans, ce n'est pas facile d'enchainer les semaines, surtout celles comme Kitzbühel. Je vais voir un peu comment je me sens."

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