Samedi, Alexis Pinturault a pris le départ d’une descente de Coupe du monde pour la cinquième fois de sa carrière. Si le résultat n’a, évidemment, pas été au bout (32e), le plus important n’était pas là selon le principal intéressé. "Mon but n’était pas forcément de marquer des points, c’était de faire une belle descente, expliquait samedi le Français à SkiChrono. D’essayer de prendre de bons repères. Être à 2’’35 sur la descente de Lake Louise, avec une visibilité qui baisse… Je trouve que c’était une belle course".
De quoi sans doute le mettre en confiance avant le Super-G de ce dimanche, après un géant de Sölden en-dedans (5e) par rapport à ce que l’on peut attendre du Français. D'autant que, contrairement à la descente, le Tricolore maitrise bien le Super-G.
Lake Louise
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Il compte pas moins de seize top 10 - dont une victoire - en Coupe du monde mais, aussi et surtout, une belle médaille de bronze lors des derniers Mondiaux de Cortina d’Ampezzo. Malheureusement pour lui, ça ne sera pas sur la même piste. A Lake Louise, le skieur de Courchevel n’a en effet jamais marqué le moindre point, y compris en Super-G où il n’a certes pris le départ qu’à deux reprises, en 2014 (38e) et 2015 (37e).
Mais la piste ne sied guère aux véritables techniciens comme lui, plus géantiste que descendeur. Il suffit de prendre le palmarès récent dans la station canadienne (Jansrud x3, Mayer et Svindal) pour se rendre compte que les poids légers comme lui y sont moins à l’aise. Pourtant, le Tricolore aurait tout intérêt à marquer des points ce dimanche, sous peine de voir Marco Odermatt s’envoler.

Les retards à l’allumage, "Pintu" connaît la chanson

Déjà vainqueur du géant de Sölden, le Suisse ne cesse de progresser en vitesse, à l’image de sa 4e place en descente samedi et il fait d’ores et déjà partie des meilleurs mondiaux en Super-G, discipline dans laquelle il avait glané une première victoire l’an passé à Saalbach. Et lui, contrairement à Pinturault, sait qu’il peut briller au Canada. Après une 25e place en 2018-2019 pour sa première, Odermatt avait pris la 7e place en 2019-2020, à moins d’une demi-seconde du podium. Et le Suisse d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir en Super-G avec son prédécesseur. Le voir s’imposer ce dimanche ne serait une surprise pour personne. Sauf pour Alexis Pinturault.
Actuellement repoussé à 105 points de Marco Odermatt, seul leader du général de la Coupe du monde, le Français pourrait potentiellement pointer à plus de 150 unités du Suisse dimanche soir. Un gouffre monumental quand on se souvient de la lutte serrée jusqu’au bout entre les deux hommes l’an passé. Pour autant, le Tricolore n’aura aucune raison de s’inquiéter autre mesure s’il regarde dans le rétroviseur. Le voir réaliser un début de saison "poussif", du moins au niveau des points, n’a rien de nouveau. Mieux, c’est loin d’être sa pire entame. Après le week-end de Lake Louise, il n’a jamais compté plus de 100 pts, son total en 2019-2020 après avoir gagné le géant de Sölden, mais il n’avait pas marqué le moindre point à ce stade en 2018-2019 !
Compter plus de 150 points de retard sur le leader après 4 ou 5 courses, le Français connaît. Reste que Marco Odermatt a montré l’an passé qu’il était capable de rivaliser en géant avec le Tricolore (649pts contre 700), là où Alexis Pinturault est le meilleur. Quelque soit le résultat dimanche, il n'y aura pas le feu dans la maison Pinturault. Mais si le Français peut scorer au Canada, ce sera toujours ça de pris.

Alexis Pinturault (France) / Slalom parallèle de Lech 2021

Crédit: Getty Images

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