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Après son éclosion, Clément Noël veut confirmer

Après son éclosion, Noël veut confirmer

Le 17/11/2018 à 17:55Mis à jour Le 18/11/2018 à 09:01

Quatrième des Jeux Olympiques de Pyeongchang en février, Clément Noël suscite de grandes attentes à l'aube d'un nouvel hiver. Le Vosgien de 21 ans, révélation de la saison dernière dernier en slalom, semble prêt à tout casser. Quitte à monter sur son premier podium dès dimanche ?

L'équipe de France de slalom est un cocktail riche de jeunesse et expérience, un mix savoureux de plusieurs générations. Il y a les grognards, Julien Lizeroux (39 ans) et Jean-Baptiste Grange (34 ans). Ceux en pleine force de l'âge, Victor Muffat-Jeandet (29 ans) et Alexis Pinturault (27 ans). Puis le petit dernier, Clément Noel, qui a fêté ses 21 ans le 3 mai dernier. Lancé dans le grand bain il y a deux ans, le nouveau venu a été la grande révélation de la saison dernière.

Au moment de démarrer un nouvel hiver, il incarne déjà la meilleure chance française de monter sur un podium - qui se refuse aux Bleus depuis la victoire de Pinturault le 19 janvier 2014, soit presque cinq ans - même si Pinturault (10e) et Muffat-Jeandet (11e) le devance au classement WCSL (14e).

Son éclosion a été fracassante. L'an dernier, il était dossard 51 à Levi. Dimanche, dans la station finlandaise, il sera assuré de partir entre les dossards 8 et 15. Une folle progression dans la hiérarchie, le tout en quelques mois à peine. "Ça a dépassé mes attentes, jugeait-il mi-octobre au micro d'Eurosport. Je n’avais pas d’objectifs chiffrés. Si on m’avait dit que je partirai à Levi dans le top 15, je n’y aurai pas cru."

Une série de quatre tops 8

Dans la sphère du ski français, sa trajectoire actuelle n'étonne pas outre-mesure. Ses prodiges font parler déjà depuis quelques années. En mars 2015 à Hafjell (Norvège), il prend la 4e place pour ses premiers Mondiaux Juniors, une course remportée par Henrik Kristoffersen… de trois ans son aîné. C'était en slalom, évidemment, sa discipline de cœur, son obsession unique. Les piquets, c'est sa spécialité depuis gamin, un goût façonné par les caractéristiques des Vosges, son massif.

"Quand on fait du ski et qu’on vient des Vosges, on fait plus particulièrement du slalom, décrit le natif de Remiremont. Les pistes sont assez courtes. On fait rarement de la descente." Son départ de l'US Ventron, en 2012, pour aller dans les Alpes, au sein du Club des Sports de Val d'Isère, ne changera rien. Le slalom reste son domaine unique, pour le moment. Sur le circuit, il n'a pour l'instant pris part qu'à des épreuves comptant pour la coupe du monde de la spécialité (13 sur 13).

Ses premiers points, il les a obtenus le 10 décembre dernier, à Val d'Isère (tiens, tiens…) pour son 5e départ en coupe du monde, malgré le dossard 51.

C'est en janvier que débute véritablement son show : 23e à Wengen, 8e à Kitzbuhel, 6e à Schladming, 9e à Stockholm (City Event) puis 4e à Kranjska Gora. Le tout consécutivement, sans aucun accroc.

Vidéo - A nouveau au pied du podium, Noël prend date : sa deuxième manche en vidéo

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Entre temps, il obtient un titre de champion du monde juniors à Davos, où il colle près de trois secondes à son dauphin. Et surtout, il y a Pyeongchang. Dans la peau du néophyte qui découvre le gigantisme des Jeux Olympiques, il se classe 4e. Une place à la fois épatante et rageante : à quatre centièmes près, il était sur le podium. "Il y a eu un petit moment de frustration, avoue-t-il. Mais j’ai fait du mieux que je pouvais ce jour-là. Même sans podium, ç’a été une super saison."

"Je me suis vite intégré"

S'il refuse de se donner des objectifs chiffré, l'une des prochaines étapes dans sa progression passe forcément par un premier podium boîte. Il était passé si proche en Corée du Sud, et à Kranjska Gora. Pourquoi pas dès dimanche à Levi, où il tentera de prolonger sa série de quatre top 8 consécutifs en slalom, Coupe du monde et JO compris ?

" J’ai déjà fait deux départs infructueux ici mais on va essayer de changer ça. C’est une piste qui peut me correspondre. J’y ai déjà fait de bons entraînements. L’année dernière, j’étais plutôt bien parti (abandon). Après, je ne me focalise pas sur une piste ou une autre. La 1re course, c’est un peu spécial pour se situer par rapport aux autres. Mais ça peut bien se passer, j’espère en tout cas"."

Le regard des autres a changé autour de lui. Il le sent. Mais Clément Noel n'est pas du genre arrogant, à se croire déjà arrivé, ou à "aller taper la discut' avec Marcel (Hirscher) à l'arrivée" comme un skieur déjà habitué aux sommets. Il est de nature réservée, ce qui n'est pas un problème pour s'immiscer peu à peu dans la cour des grands.

"Ce n’est pas de la timidité. J’arrive à parler aux gens, je suis à peu près à l’aise, juge-t-il. Quand je ne connais pas trop les personnes, je peux paraître froid. Dans le groupe France, je me suis vite intégré. On m’a vite intégré aussi. Ça continue de bien se passer." Et ça ne fait sans doute que commencer.

Alexis Pinturault et Clément Noël lors du Team Event des JO de Pyeongchang

Alexis Pinturault et Clément Noël lors du Team Event des JO de PyeongchangGetty Images

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