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Pinturault : "Je peux me dire que gagner aux Mondiaux, c'est fait"

Pinturault : "Je peux me dire que gagner aux Mondiaux, c'est fait"

Le 11/02/2019 à 19:22Mis à jour Le 12/02/2019 à 11:24

MONDIAUX ÄRE – Vainqueur de son premier titre mondial, lundi, à l'occasion du combiné, Alexis Pinturault a enfin décroché le Graal dans une discipline qu'il domine depuis des années. Un titre certes attendu mais qui ne doit en aucun cas être dévalorisé.

Lorsqu'Alexis Pinturault est arrivé sur le circuit mondial, tout le prédestinait à atteindre très vite les sommets. Ce qu'il a fait brillamment. S'il a dû attendre d'avoir 27 ans pour enfin être sacré, le Français s'était déjà construit un sacré palmarès : trois médailles olympiques, deux mondiales (dont un titre en Team Event), 21 victoires en Coupe du monde, 3e du général trois années durant (2014, 2015 et 2016). Le skieur de Courchevel fait partie depuis six ans des cadors du ski mondial, surtout en combiné où il a remporté ses deux petits globes de cristal et une médaille d'argent olympique à Pyeongchang, en 2018.

Le dernier titre en combiné ?

Le Français avait alors échoué derrière l'irrésistible Marcel Hirscher. Comme souvent. L'Autrichien a souvent été la principale épine dans le pied du Tricolore, la faute à des caractéristiques très proches que l'Autrichien a mieux exploité. Mais où le skieur d'Annaberg comptait quatre titres mondiaux (slalom 2013, combiné 2015, slalom/géant 2017), Pinturault avait toujours échoué à décrocher le Graal. "Ça fait longtemps qu'on me parle d'un titre en combiné, ça fait longtemps que je n'y arrivais pas", racontait-il après la course. Mais, en l'absence de l'Autrichien lundi, le costume de favori est tombé sur les épaules du Français.

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Même s'il n'avait pas gagné cette année en combiné (3e derrière Marco Schwarz à Wengen), les conditions particulières dans lesquelles celui-ci s'est disputé (descente et slalom fortement raccourcis) et le slalom technique tracé par l'entraîneur français lui ont ouvert les portes d'un premier titre mondial. Et il a pris son créneau sans trembler. Ce n'est pas un titre au rabais qu'a remporté Pinturault, l'un des skieurs les plus polyvalents du circuit. Il l'a fait dans une discipline où la polyvalence est reine. En danger de disparition depuis plusieurs années, le combiné alpin restera définitivement associé à son histoire personnelle. "Ce premier titre mondial restera évidemment un moment spécial, c'est un sentiment d'accomplissement important, racontait-il à l'arrivée. Etre champion du monde était un objectif depuis longtemps. Un skieur peut gagner des courses de Coupe du monde, des globes, des Mondiaux et des Jeux olympiques. Maintenant, je peux me dire que les Mondiaux, c'est fait."

Seulement deux Français sacrés au 21e siècle

On pourra toujours dire qu'il n'a fait qu'assumer son statut de favori, après y avoir échoué lors des trois éditions précédentes (6e, 5e et 10e). Mais y a-t-il plus dur ? Souvent critiqué par le passé pour son manque de mental quand l'opportunité de décrocher un grand titre se présentait, Alexis Pinturault a cette fois relevé la tête et le défi. "Je n'y ai pas pensé aujourd'hui mais les jours précédents, a-t-il avoué. Ca m'a marqué. J'essayais de faire abstraction de cela et de ne pas faire les mêmes erreurs. Aujourd'hui j'étais nerveux car c'était ma première épreuve des Mondiaux, mais j'ai essayé de rester calme et concentré sur ce que j'avais à faire." Et il l'a très bien fait pour s'offrir la plus belle victoire de sa carrière. Pas tant dans l'adversité ou le style - lui-même avoue que ni sa descente, ni son slalom n'étaient parfaits – mais gagner un titre n'est jamais banal. Il ne doit jamais le devenir, pour personne. Il l'est encore moins la première fois, après avoir été si souvent placé mais jamais gagnant. D'autant plus lorsque l'on est Français.

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Il ne faut pas se leurrer. Si les Bleus gagnent régulièrement depuis des années en Coupe du monde, c'est beaucoup moins le cas lorsqu'il s'agit d'aller décrocher un titre. Surtout au 21e siècle. L'équipe de France n'est plus la grande nation qu'elle a pu être dans le passé, que ce soit à l'époque d'Emile Allais (triplé aux Mondiaux en 1937) ou à celle de Jean-Claude Killy. Auteur d'un doublé aux Mondiaux 1966, avec Guy Périllat sacré en géant, d'un triplé lors des Jeux 1968, avec le même Périllat en argent sur la descente, le natif de Saint-Cloud est toujours resté la référence des références pour le ski alpin français dans les très grands rendez-vous.

Aujourd'hui, la France est une nation de coups, capable d'aller chercher un titre (5 sur 78 depuis 2002) ici et là. Mais il est impossible de normaliser un sacre tricolore, surtout aux Mondiaux. Avec son titre en combiné, Alexis Pinturault a rejoint Jean-Baptiste Grange (sacré en slalom en 2011 à Garmisch et en 2015 Beaver Creek) dans le cercle – intime – des champions du monde français depuis 37 ans. Même si son sacre peut sembler logique, c'est un véritable exploit.

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