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Mondiaux - Äre : Svindal, indestructible viking

Svindal, l'indestructible viking
Par AFP

Le 08/02/2019 à 18:10Mis à jour Le 08/02/2019 à 18:43

MONDIAUX - A 36 ans, le double champion olympique et quintuple champion du monde Aksel Lund Svindal s'apprête à vivre sa dernière course professionnelle ce samedi, à l'occasion de la descente des Mondiaux d'Äre. C'est une page d'histoire qui se tourne.

Le Norvégien Aksel Lund Svindal, gladiateur de la trempe de ses compatriotes Kjetil Andre Aamodt ou Lasse Kjus, qui prend sa retraite samedi, a côtoyé toute sa vie les plus grandes douleurs et les plus belles victoires. Usé par plus de 17 années au plus haut niveau, le double champion olympique a pris la décision de se retirer après la descente des Mondiaux d'Are (Suède) ce samedi. Son dernier défi.

Sucesseur de Aamodt et Kjus

La vie a très tôt préparé Svindal à affronter la plus dangereuse des descentes, avec l'absence définitive de sa mère, morte en mettant au monde le petit frère d'Aksel qui ne vivra qu'un an. Gamin, Aksel a d'abord promené sa tristesse, l'âme meurtrie. Pour que le souvenir reste bien ancré, il ajoutera au patronyme paternel (Svindal) celui de sa mère (Lund). Franz Gamper, le technicien italien qui fit pousser jusqu'au sommet les "Attacking Vikings" de la vitesse norvégienne a vu dans cet épisode tragique les racines du détachement serein qui caractérise Svindal.

Les trois légendes novégiennes, Andre Kjetil Aamodt, Aksel Lund Svindal et Lasse Kjus, à Beaver Creek en 2005

Les trois légendes novégiennes, Andre Kjetil Aamodt, Aksel Lund Svindal et Lasse Kjus, à Beaver Creek en 2005Getty Images

Glisser sur les collines de la banlieue d'Oslo fut une heureuse diversion pour l'adolescent, sous les ordres d'un père qui, en professeur de ski, décela ses dons. C'est à Geilo, localité blottie entre la capitale et Bergen, sur la côte ouest où ses grands-parents paternels possédaient un chalet, que l'adolescent fit ses gammes. Et trouva sa voie. "A l'époque, (Kjetil Andre) Aamodt et (Lasse) Kjus rivalisaient avec la puissante Autriche, se souvient Svindal. Ils étaient la fierté du pays, même si le ski de fond est le sport le plus populaire en Norvège", raconte ce colosse (1,95 m, environ 100 kg) et beau gosse aux yeux verts. Son destin était signé.

Se relever, de tout, toujours

Il fut pendant deux saisons l'élève studieux des deux champions au sein d'une équipe à l'effectif réduit mais d'exquise qualité. Aamodt et Kjus ont laissé en héritage la bagatelle de 36 médailles mondiales et olympiques. Svindal a garni son escarcelle de cinq médailles d'or mondiales (dont deux en descente, 2007 et 2013) et deux titres olympiques, l'un des deux skieurs de l'histoire (avec lAutrichien Mathias Mayer) à avoir été sacré dans les deux disciplines de vitesse (super-G en 2010, descente en 2018).

Aksel Lund Svindal

Aksel Lund SvindalGetty Images

Comme ses illustres prédécesseurs, Svindal a brillé dans les disciplines techniques avant de succomber à l'attraction de la vitesse, synonyme de danger. Sa carrière est ponctuée, comme une parabole, de blessures graves et de retours prodigieux. Le 27 novembre 2007, lors du 1er entraînement de la descente de Beaver Creek (Etats-Unis), il retombe sur le dos à la réception d'un saut. Blessé au visage, fractures du nez et de la pommette droite, il subit aussi une profonde entaille au niveau de la fesse gauche, tout près de l'artère fémorale, provoquée par la carre d'un ski tranchante comme une lame.

La Streif, regrets et adieu

"Le plus dur fut en janvier (2008), quand vous passez vos journées au lit au lieu d'être en plein air", se souvient le double vainqueur du classement général de la Coupe du monde (2007 et 2009). Mais l'homme a du cran. Un an après le crash, c'est à Beaver Creek que Svindal signa sa renaissance avec un doublé descente/super-G, prémisse d'un second gros globe.

Aksel Lund Svindal, Kitzbühel 2019

Aksel Lund Svindal, Kitzbühel 2019Getty Images

Le courtois Svindal est revenu à la vie une deuxième fois fin 2017, près de deux ans après la rupture d'un ligament sur la "Streif". Cette même piste qu'il a refusé d'affronter vendredi et dimanche, la jugeant en 2019 "plus forte que la version 2019 de (lui)-même". Cette piste qu'il n'aura jamais domptée en descente, malgré ses 36 victoires en Coupe du monde. Cette piste d'où il a annoncé la très prochaine fin de sa carrière. La fin du périple d'un viking.

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