Un titre, parfois deux. Depuis les années 1960 et la génération dorée du ski français derrière Jean-Claude Killy, l'équipe de France devait se "contenter" les belles années de deux médailles d'or aux championnats du monde. Un doublé, qu'il vienne du seul Alexis Pinturault ou d'un duo avec Clément Noël et Tessa Worley serait déjà un excellent bilan à Cortina d'Ampezzo. Mais les Bleus ont le droit de rêver de mieux. Pourquoi ? Parce que les dernières semaines ont été marquées par une montée en puissance française en Coupe du monde.

Worley : "Arriver en confiance sur le Super-G"

Du 17 octobre au 30 décembre, les Bleus, Alexis Pinturault et Tessa Worley pour les citer, ont accroché trois podiums en 22 courses. Rejoints par Clément Noël et Johan Clarey, les deux leaders de l'équipe de France ont fait grimper le chiffre à dix entre le 3 janvier et le 6 février et 26 courses. Preuve que la préparation, largement compliquée par la Covid-19 à l'été, a bien été pensée. Il était difficile d'être au top en début de saison (sauf pour Pinturault) ? Les Bleus ont patiemment attendu pour lancer 2021 sur des bases plus élevées.
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C’est assez drôle, car il y a deux, trois ans avant les Mondiaux, j’avais gagné la course
Un succès pour Worley, un autre pour Noël, un Pinturault toujours plus leader du général et un Clarey qui a manqué de peu l'exploit à Kitzbühel, voilà pour le quatuor de tête de l'équipe de France auquel il ne faut pas hésiter à ajouter un Victor Muffat-Jeandet 4e du second slalom de Chamonix. "Je suis content de cette deuxième manche, de la manière. Je suis content de m’être complètement libéré sur cette manche, j’ai retrouvé mes sensations de début de saison, c’est positif", analysait justement le technicien français. Libérée, c'est peut-être le mot qui convient à cette équipe de France.
Tessa Worley symbolise à elle seule ce vent d'air frais sur le mois de janvier. La Bornandine, qui connaît les Mondiaux pour avoir déjà glané deux titres en géant, n'avait plus gagné depuis 822 jours quand elle a triomphé à Plan de Corones. Un succès qui rappelle à ses adversaires qu'elle est une skieuse de championnat. "C’est assez drôle, car il y a deux, trois ans avant les Mondiaux, j’avais gagné la course, rappelle-t-elle malicieusement. Ça ne veut rien dire, mais j’ai l’impression que ma forme va en s’améliorant et c’est tant mieux". Tant mieux, oui ! Un troisième titre la mettrait au-dessus de Pärson, Compagnoni, Schneider et Goitschel et la consacrerait skieuse la plus titrée de l'histoire en géant. Rien que ça.

Un passage de feu pour un succès indiscutable : Revivez la 2e manche de Worley

Lui a longtemps été frustré en grand championnat. Présent au plus haut niveau depuis plusieurs années maintenant, Alexis Pinturault a dû attendre 2019 et le super-combiné d'Are pour décrocher une première médaille d'or. Un titre serait le minimum pour celui qui domine la Coupe du monde de la tête et des épaules cette saison. En géant, il est au sommet de son art et peut aussi se mêler à la bagarre en slalom. Inutile de dire qu'il est aussi le favori à sa propre succession en super-combiné. Oui un triplé est possible mais attention à la pression.

Pinturault fait une croix sur le parallèle

Pour atteindre ses objectifs, "Pintu" a d'ailleurs fait une croix sur le parallèle alors qu'il l'a gagné en Autriche en novembre : "À Lech, le parallèle m'a demandé beaucoup d'énergie, beaucoup de jours de repos pour bien récupérer. Pour optimiser au mieux le géant et le slalom, on a fait le choix de ne pas faire le parallèle". Le choix d'un homme en confiance qui sacrifie une chance pour ne pas hypothéquer les autres courses.
Derrière son leader, l'équipe de France masculine avance en rangs serrés. Clément Noël dépasse par la taille mais aussi par le talent. Il a longtemps couru après la confiance, son ski et la victoire. Tout ça est revenu à Chamonix, là où il avait décroché sa dernière victoire en 2020. Il manque encore de régularité cette saison mais il fait partie des outsiders en slalom.
Victor Muffat-Jeandet est à l'échelon en dessous en slalom mais à celui du dessus en super-combiné où il peut concurrencer Alexis Pinturault. Enfin, "papi Clarey", du haut de ses 40 ans, ne semble jamais vieillir. Ses quatrième et deuxième positions à Kitzbühel, le tout après une chute à l'entraînement, ont ravi tout le monde. Une médaille pour lui serait un immense bonheur pour l'équipe de France et une formidable occasion de conclure pour ce qui devrait être ses derniers Mondiaux. Avec Johan Clarey, tout est possible.

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