Vincent Krichemayr est bien le roi de Cortina d’Ampezzo. Trois jours après son sacre en super-G, l’Autrichien a remis ça ce dimanche en remportant la descente des championnats du monde ; son premier titre mondial dans la discipline. Médaille de bronze il y a deux ans, il a fait parler ses qualités de super-géantiste sur un tracé assez technique pour s’offrir au meilleur des moments son premier succès en descente depuis plus de deux ans. L’Allemand Andreas Sander a bien failli le priver du titre mais monte sur le premier podium de sa carrière le bon jour en se parant d’argent (+ 0’’01). Beat Feuz (+ 0’’18) complète le podium. Si les autres Français ont un peu déçu, Nils Allegre a pris une belle 7e place.

Course parfaite - encore - pour Kriechmayr

Mondiaux
De Val d'Isère 2016 aux Mondiaux 2021 : "L'abandon n'a jamais été une option" pour Faivre
06/03/2021 À 10:04
Décidément, les choses ont bien changé pour Vincent Kriechamyr. Privé de nombreux succès pour quelques centièmes, à l’image de sa 2e place (+ 0’’09) du super-G aux Mondiaux 2019 ou celle, plus récente sur la descente de Bormio (+ 0’’04 derrière Mayer), l’Autrichien ne cesse d’avoir le chrono en sa faveur ce mois-ci. Vainqueur en super-G à Kitzbühel, à Garmisch-Partenkirchen et sur les Mondiaux de Cortina, l’Autrichien ne faisait pourtant pas office de grand favori en descente, à la vue de sa saison dans la discipline (deux top 10 seulement). Mais sa confiance du moment, son engagement et la spécificité de la piste, très technique à mi-pente entre le Vertigine Jump et la traverse, lui ont permis de faire mieux, beaucoup mieux.
Encore une fois extraordinaire sur une section qui a poussé le champion olympique de Sotchi Matthias Mayer à la sortie de piste, découpant la trajectoire avec un pied extérieur très solide, Kriechmayr y a creusé des écarts majuscules, repoussant la grande majorité de ses adversaires à plus d’une demi-seconde sur ces quelques portes. Un gouffre suffisant pour aller décrocher le premier titre mondial de sa carrière en descente, au terme d’une deuxième course parfaite, après celle réalisée sur le super-G. Il devient le premier skieur à réaliser le doublé descente-super-G aux Mondiaux depuis Bode Miller, en 2005. Et ce, malgré une section de glisse plus hésitante. D’ailleurs, cela a bien failli lui coûter très cher car Andreas Sander, lui, y a été très bon.

Vincent Kriechmayr, champion du monde de descente pour la première fois de sa carrière

Crédit: Getty Images

Allègre sauve le bilan français

Parti juste derrière l’Autrichien qui ouvrait cette descente, l’Allemand a lui aussi su exploiter son petit dossard. Souvent placé cette saison, Sander n’a pas laissé passer l’occasion de s’offrir le premier podium de sa carrière. S’il n’a sans surprise pas réussi à rivaliser avec Kriechmayr dans la section technique, il a su limiter la casse avant de ressortir de la traverse avec beaucoup de hauteur pour engranger de la vitesse et revenir, mètre après mètre. Il échoue finalement de justesse - pour un centième donc - à succéder à Hans-Jörg Tauscher, dernier Allemand sacré en descente, mais il contentera volontiers de cette médaille d’argent. Beat Feuz ne peut lui pas se satisfaire de sa médaille de bronze mais le Suisse n’a rien pu faire, en raison d'une partie technique trop hésitante et marquée par une sortie de trajectoire trop large qui lui a, sans doute, coûté la victoire. Exceptionnel lui aussi sur le bas, son compatriote Marco Odermatt a pris une 4e place satisfaisante, mais bien plus loin (+ 0’’65).
Nils Allègre est un peu plus loin encore mais le constat est globalement le même. Très déçu après son super-G, le Français s’est offert une magnifique réaction en terminant donc au septième rang (+ 0’’97) de la descente, le meilleur résultat de sa carrière dans la discipline. Parti avec beaucoup d’engagement, le skieur de Serre-Chevalier a souffert sur le haut du tracé avec de petites fautes d’équilibration qui lui ont coûté la moitié de son retard final. Bien meilleur sur la section glisse, le Tricolore finit juste devant le tenant du titre, Kjetil Jansrud (8e) et sauve un peu le bilan de la journée côté Français. Pas à l’aise sur ces neiges de Cortina, Johan Clarey n’a pas pu faire mieux que la 16e place (+ 1’’50), alors que Matthieu Bailet est lui passé à côté (+ 25e, + 2’’43) et que Maxence Muzaton a lui abandonné, blessé au genou à la suite d’une énorme frayeur.

Incroyable image : Maxence Muzaton décolle à 180° avant de retomber sur ses skis

Mondiaux
Du briefing à l'émotion de La Marseillaise : Les dessous du titre mondial de Faivre sur le géant
06/03/2021 À 09:48
Mondiaux
Faivre : "Quand je suis arrivé à Cortina, je ne me suis pas dit : '"Il y a un goût de médailles'"
05/03/2021 À 16:31