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Après le géant hommes : "Si vous saviez ce que j'en ai à faire du tir groupé collectif..."

"Si vous saviez ce que j'en ai à faire du tir groupé collectif..."

Le 18/02/2018 à 12:08Mis à jour Le 18/02/2018 à 12:16

JO PYEONGCHANG 2018 – Très attendu dans le clan français, le géant hommes aura été celui de tous les contrastes dimanche. Derrière la joie d'une médaille pour Alexis Pinturault et d'un bon bilan collectif se cache une petite déception. Voire, pour Mathieu Faivre, une vraie colère.

La performance est magnifique sur le papier. Mais elle laisse également un goût d'inachevé dans la bouche des géantistes quand on est aussi proche du métal sans pouvoir avoir le droit aux paillettes.

"Je suis là pour ma pomme"

Deuxième meilleur Tricolore cette saison dans la spécialité, Mathieu Faivre était même carrément amer de sa septième place, pourtant son meilleur résultat en géant cet hiver. Sourire au bilan d'équipe ? Très peu pour le skieur d'Isola. "Si vous saviez ce que j'en ai à faire du tir groupé collectif... Je suis là pour ma pomme, pour faire ma course, a assuré le Tricolore après la course. Je suis dégoûté du résultat. J'avais l'impression de faire du bon ski en deuxième manche. Quand je passe l'arrivée, je pensais voir du vert et quand je vois que je suis 5e, je prends une grande claque dans la gueule".

La claque a été moins violente pour Victor Muffat-Jeandet. Médaillé sur le combiné, le skieur de Val-d'Isère était venu de son propre aveu sur le géant sans "trop de repères", mais avec des maux de dos. Cela ne l'empêche pas de rester la bave aux lèvres, pas rassasié, une fois l'appétit de médailles ouvert. "Je ne peux pas être pleinement satisfait car quand on a vécu le happy ending d'il y a quelques jours, on a envie de le revivre. Mais je n'ai pas de regrets, j'ai vraiment tout donné", a commenté "Super Totor".

Mathieu Faivre durant le géant des Jeux de Pyeongchang

Mathieu Faivre durant le géant des Jeux de PyeongchangGetty Images

"Les podiums ici sont trop petits"

Pour Muffat-Jeandet comme pour Faivre, la déception peut se comprendre. Mais elle laisse de belles perspectives pour l'avenir alors que l'impitoyable Marcel Hirscher s'interroge encore sur son avenir olympique. La déception est tout autre pour Thomas Fanara. Le vétéran des géantistes était à Pyeongchang pour ses derniers Jeux, pour un de ses derniers plaisirs. Troisième avant le départ d'Alexis Pinturault, le Savoyard s'est vu déloger de la boîte par son collègue et compatriote. La fin de son aventure olympique est forcément rageante mais le skieur de 36 ans préfère se montrer philosophe avec un léger sourire.

"Les podiums ici sont trop petits. Cinquième, c'est bien, je n'ai pas grand-chose à regretter. J'ai tout donné, ils ont simplement été plus forts que moi. Il y a un petit pincement quand même. J'aurais tellement aimé finir sur une médaille", a-t-il tout de même soufflé à France tv. "Quand on vient aux JO, on veut être sur le podium. Je rêvais d'une médaille. Mais c'est ainsi, je n'ai pas grand-chose à me reprocher, je me suis livré à 100%, j'ai fait ma course. Je suis fier de moi", a-t-il confirmé ensuite à L'Equipe.

Hirscher, la "chance" de Pinturault

Au contraire de Faivre, Fanara a tout de même tenu à saluer la prestation de ses copains, "une belle course en général". Une performance collective restée tout de même insuffisante, la faute à un Hirscher toujours aussi dominateur sur le géant. Sur la dernière marche du podium, Alexis Pinturault était finalement à sa place, lui le troisième du classement de la spécialité en Coupe du monde cette saison. Le leader du ski tricolore masculin pourrait finir par jalouser l'Autrichien, son meilleur ennemi qui ne cesse de le dominer.

"Au contraire, je dirais que c'est ma grande chance", rétorque le désormais triple médaillé olympique. "Peut-être que je vais terminer de nombreuses fois deuxième à l'avenir, mais malgré ça, c'est quelque chose de très spécial pour moi de courir contre Marcel (Hirscher). C'est le meilleur skieur du monde. Grâce à lui, je dois repousser mes limites encore et encore. Marcel est très régulier, il est toujours sur le podium, souvent il gagne, et grâce à lui, on apprend beaucoup, jour après jour, et on essaie de repousser toujours plus loin nos limites pour le rattraper. Quand ça arrive, quand on est devant et qu'on gagne devant lui, c'est encore plus agréable."

Ce n'était pas pour cette fois. A charge de revanche sur le slalom désormais. Pour cette fois, un possible sourire, et en équipe.

Alexis Pinturault sur le slalom géant des Jeux de Pyeongchang

Alexis Pinturault sur le slalom géant des Jeux de PyeongchangGetty Images

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