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Le débat du jour : Faut-il croire davantage à Alexis Pinturault ou à Tessa Worley ?

Le débat du jour : Pinturault ou Worley, quel est le meilleur atout tricolore ?

Le 11/02/2018 à 18:34Mis à jour Le 12/02/2018 à 07:11

JO PYEONCHANG 2018 - Chaque jour, la rédaction débat autour d'un sujet sur la journée écoulée ou celle à venir. Ce dimanche, nous nous penchons sur les deux plus grandes chances françaises de médailles en ski alpin, avec Tessa Worley en géant et Alexis Pinturault, en combiné notamment.

Par Jean-Baptiste Duluc

Tout dépend du postulat de départ. Si l'on parle en termes de médaille et non de victoire, Tessa Worley est sans doute la carte la plus sûre pour le ski alpin français. La Bornandine reste tout de même sur une impressionnante série de 17 géants de suite terminés dans le top 6 et aborde qui plus est ces JO en pleine confiance après son premier succès de la saison, lors du dernier géant disputé à Lenzerheide. Bien sûr, rien n'est jamais acquis d'avance et surtout pas en ski. Il faudra que la Française réussisse à sortir son meilleur ski dès la première manche - son péché mignon cette saison -pour espérer décrocher l'or même si les qualités démontrées récemment en Super-G pourraient également l'aider sur une piste de Pyeonchang assez "facile".

Surtout, la régularité de Worley et sa capacité à ne jamais sortir la rendent quasi imperméable à toute mauvaise surprise. Un élément si important dans les courses d'un jour dont Alexis Pinturault ne peut pas vraiment se vanter. Le skieur de Courchevel est une vraie chance de médaille, il n'y a pas à en douter. Mais, avec lui, c'est souvent tout ou rien. Et, lors des grands rendez-vous, Pinturault a souvent eu du mal à viser juste. Bien sûr, le Tricolore était monté sur le podium aux Mondiaux 2015 et à Sotchi en 2014 (3e en géant) mais, autrement, il s'est bien souvent raté.

Notamment en combiné (abandon aux JO, 10e aux derniers Mondiaux), la discipline où il part grand favori (avec Hirscher) cette année. Or, c'est bien là que l'or est le plus accessible. Car, en géant, le Français n'est plus aussi souverain qu'auparavant (2 podiums en cinq courses cette saison) alors même que la concurrence n'a jamais été aussi rude. Pour le ski alpin, les deux jours à venir seront primordiaux sur le bilan de ces JO 2018. L'absence de médaille d'ici mardi matin serait un vrai échec. Mais avec Pinturault, et encore plus avec Worley, la France peut avoir confiance en ses leaders.

Alexis Pinturault lors de la première manche du géant d'Adelboden (Suisse) le 6 janvier 2018

Alexis Pinturault lors de la première manche du géant d'Adelboden (Suisse) le 6 janvier 2018Getty Images

Par Simon Farvacque

Tessa Worley présente à mes yeux plus de garanties qu’Alexis Pinturault, pour succéder à Antoine Deneriaz, dernier représentant du ski alpin français à avoir conquis l’Olympe, en 2006. La championne du monde de géant 2013 et 2017 a prouvé qu’elle savait se sublimer lors des grands rendez-vous. Elle a marqué des points lors du dernier géant avant les Jeux, s’imposant à Lenzerheide, devant Viktoria Rebensburg. Entre la Française, l’Allemande et Mikaela Shiffrin, et sans oublier Federica Brignone, difficile de dégager une grande favorite dans cette discipline…

Alors qu’Alexis Pinturault se frottera à un Marcel Hirscher stratosphérique. L’Autrichien me semble être l’homme à battre en géant, bien sûr, mais également en combiné. Sur cette épreuve, "Pintu" ne cache pas son ambition − "l’objectif, c’est l’or" − et celle-ci est légitime, mais je crains qu’il ne soit un cran en dessous. Le voir monter sur la boîte, en revanche, ne m’étonnerait pas. Que ce soit en géant, comme il y a quatre ans à Sotchi, ou en combiné.

Ainsi, Worley me paraît être la meilleure chance de titre pour le clan français, mais Pinturault est peut-être, paradoxalement, l’arme majeure des Bleus, pour s’assurer une médaille. Ne serait-ce que parce qu’il a plus de courses pour s’illustrer. Difficile donc, de répondre à la question : "Et s’il ne devait en rester qu’un(e) ?" Cela tombe bien, la délégation tricolore peut compter sur ses deux leaders alpins.

Tessa Worley

Tessa WorleyGetty Images

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