JEAN-BAPTISTE GRANGE, près de dix mois après votre rupture du ligament croisé du genou droit survenue à Beaver Creek, comment allez-vous ?

J-B.G. : Je vais plutôt bien. Il s'est évidemment passé plein de choses entre ma blessure et la reprise de l'entraînement. Il y a eu beaucoup de boulot d'accompli. Aujourd'hui, le genou se porte plutôt pas mal. J'ai encore quelques douleurs, mais dans l'ensemble, ça ne me gêne pas pour skier. Je ne les ressens que quand je marche. Le ski est déjà bien en place. Cela me permet d'aborder la saison sereinement. Je sais juste qu'il me faudra peut-être un petit peu de temps pour revenir à mon meilleur niveau.

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Vos préparations estivale, notamment à Ushuaia, puis automnale vous ont donc rassuré ?

J-B.G. : Totalement. J'ai pu faire le ski que je voulais faire. C'est une bonne chose. Le ski est revenu assez vite même si cela a été un peu plus difficile en géant qu'en slalom. Car j'ai beaucoup moins de repères dans cette discipline. Quand je me suis blessé, j'étais encore un peu en construction, alors qu'en slalom, j'étais performant depuis 2-3 ans.

Et concernant la vitesse ?

J-B.G. : J'ai pu en faire un peu aussi. Pour une reprise, c'était très bien mais on trouve toujours qu'il en manque un petit peu.

Après votre blessure, vous avez décidé de couper les ponts, avec les médias notamment. Pour quelles raisons ?

J-B.G. : J'avais besoin de le faire. J'avais envie de me retrouver un peu tranquille et donc seul. C'est une décision qui s'est avérée judicieuse parce qu'avec les résultats qu'on a eus aux JO de Vancouver, Je me serai mal vu, au milieu, en train de commenter ou de parler de mes collègues. C'était suffisamment délicat comme ça pour ne pas en rajouter. Ma décision a, je pense, été très bien comprise et ça m'a permis de me redonner un peu de fraîcheur. A la fois, les journalistes sont contents de me revoir et moi, c'est pareil (sourires).

Cela vous a aussi permis de vous concentrer sur votre rééducation...

J-B.G. : C'est sûr. Au début de celle-ci, je ne marchais plus. Et je me demandais si j'allais un jour remarcher correctement. On se pose forcément ce genre de questions. On se demande aussi si ça va bien évoluer, si on va avoir des douleurs. J'y suis allé petit à petit. J'ai eu une phase, au bout de 3-4 mois, vers avril, où j'étais plutôt en retard sur ma rééducation. Il a fallu se mettre au boulot mais de manière intelligente. Il me manquait de la mobilité et de l'amplitude au niveau du genou. Tant que l'on n'a pas ça, on ne peut pas remuscler sinon ça peut faire apparaître de nouvelles douleurs.

Votre retour sur les skis s'est effectué le 27 juin, à L'Iseran. La fin du tunnel ?

J-B.G. : Un pur bonheur, même s'il y a eu des petites douleurs au début, notamment au niveau du quadriceps. Même si j'y suis allé tranquille, c'était vraiment agréable. Je revenais dans le groupe France, je retrouvais les coachs, les techniciens, Julien (Lizeroux), Thomas (Fanara), et tous les autres. Je reprenais le ski, je goûtais à nouveau à la montagne, je prenais place de nouveau dans mon milieu. Ce milieu m'a manqué. Après, il y a eu un peu d'appréhension, mais beaucoup d'envie aussi. Je me rendais compte que ça tenait, que je savais toujours skier, même si au début, je skiais sur la retenue évidemment. Mon corps mais également mon esprit devaient se réhabituer à tout ça.

Revenir d'une telle blessure vous laisse forcément dans le flou au moment d'évaluer votre niveau par rapport à la concurrence...

J-B.G. : C'est sûr qu'il est difficile de se fixer des objectifs. Au début, il faudra peut-être que j'accepte d'être 5e ou 6e en slalom. Sur les skis, ça va, mais je sais qu'il me manque certaines choses pour revenir au niveau qui était le mien avant ma blessure. J'ai besoin de temps. Je ne sais pas du tout comment je vais réagir en course. Il faudra que je tâte le terrain en début de saison. Mais une chose est sûre : j'y vais pour donner le meilleur. Après si mon meilleur sur le moment, c'est 80 ou 90%, ça sera 80 ou 90%. Je ne me focalise pas sur le résultat. Ce qui passera en premier, c'est la reprise de sensations. Les intentions de course sont différentes de celles des entraînements. Il n'y a pas d'objectifs pour l'instant.

Sölden et le premier géant de la saison, c'est dimanche. Ce sentiment d'y aller sans aucune pression peut-il être libérateur finalement ?

J-B.G. : C'est une bonne chose. C'est à la fois sympa mais ça apporte également de l'appréhension. Comme je le dis, j'y vais pour donner le meilleur de moi-même, mais je ne me mets pas de pression particulière.

Et à Levi (le 14 novembre), pour votre retour entre les piquets serrés ?

J-B.G. : Levi, c'est un lieu qui me va bien forcément (NDLR : Jean-Baptiste s'y est imposé en 2008) mais je n'y pense pas trop encore. L'important, c'est Sölden.

Vous devez aussi avoir hâte de retrouver les places fortes du ski, que sont Kitzbühel ou Schladming pour ne citer qu'elles ?

J-B.G. : Bien sûr mais il n'y a pas que celles-là. J'aime beaucoup aussi Wengen.  Kitzbühel, c'est génial. Schladming également. Même si c'est une station qui a rarement réussi aux Français, j'aimerais bien y gagner (2e en janvier 2008). Après, ça ne sera peut-être pas cet hiver. Adelboden, c'est un lieu que j'aime bien mais je n'ai jamais été bon là-bas. Ce sera un objectif supplémentaire quand la saison sera bien entamée.

Et Beaver Creek ?

J-B.G. : (sourires) Il y aura forcément un peu d'appréhension. Je risque de cogiter un petit peu. Mais il faut repasser par là. Il faudra y aller. Quand mon genou a pété là-bas, c'était au passage de la 5e porte. Peut-être que j'y repenserai, peut-être pas...

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