L'image du feu de cheminée dans un chalet confortable, des épreuves historiques, des sponsors immuables, quatre présidents pour la Fédération internationale de ski (FIS) en 96 ans d'histoire... Le ski alpin aime célébrer ses traditions, et déteste bousculer ses habitudes. Et pourtant, la pandémie de nouveau coronavirus a forcé la FIS à une importante refonte du calendrier pour la saison 2020/2021: pas de tournée nord-américaine pour la deuxième fois seulement de son histoire (après l'hiver 1973/74), pas de combiné pour la première fois depuis 1977/78, et deux jours consécutifs régulièrement consacrés à une même discipline comme les deux slaloms de Chamonix les 30 et 31 janvier.

La FIS a annoncé vouloir séparer autant que possible les femmes des hommes et les spécialistes des différentes disciplines pour limiter les interactions entre les acteurs de la saison (athlètes, encadrements...). Quelques habitudes subsistent toutefois: les stations phares du calendrier Wengen (Suisse) et Kitzbühel (Autriche) ont conservé le droit de mixer vitesse et technique, et la Coupe du monde débutera comme depuis 2000 avec deux slaloms géant (femmes puis hommes) sur le glacier du Rettenbach à 3.000 m d'altitude dans le Tyrol autrichien.

Sölden
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Huis clos à Sölden

Le ski alpin doit ainsi apprendre à vivre avec le Covid-19, après que le virus a gâché la fin de l'hiver dernier, où les treize derniers départs avaient été annulés, notamment les finales à Cortina d'Ampezzo (Italie), précipitant les sacres surprise du Norvégien Aleksander Aamodt Kilde et de l'Italienne Federica Brignone. Cortina, justement, doit accueillir les meilleurs glisseurs de la planète du 8 au 21 février pour les Championnats du monde. Un an avant les Jeux olympiques de Pékin, le cirque blanc féminin doit également faire étape en Chine en février pour deux courses test obligatoires, alors que les garçons n'avaient pu se rendre à Yanqing en février dernier.

Marta Bassino (Italie) à Sölden

Crédit: Eurosport

Alors que le rythme de contamination au Covid-19 s'accélère dans le monde et surtout en Europe ces dernières semaines, l'incertitude s'annonce de mise pour cette saison qui doit se terminer à Lenzerheide en Suisse (du 15 au 21 mars). Les skieurs seront testés avant et pendant chaque compétition: en cas de contamination un athlète serait évidemment privé de course ce qui pourrait entraîner la mise en quarantaine de ses coéquipiers (s'ils sont cas contact), et leur faire manquer un départ en attendant de pouvoir présenter un test négatif.

Chaque organisateur est également libre de durcir le protocole: à Sölden la compétition se déroulera à huis clos, avec moins de journalistes, et sans conférence de presse physique.

Shiffrin forfait

Le Covid-19 a d'ailleurs réussi l'exploit de faire oublier le facteur aléatoire habituel, la météo, alors que les derniers débuts de saisons avaient été marqués par le manque de neige et les mauvaises conditions. Face à cette somme de potentiels imprévus, Alexis Pinturault, qui reste sur deux deuxièmes places consécutives au classement général et une fin de saison frustrante terminée à un souffle de Kilde (54 points), fait toujours partie des favoris.

Le Français, au sommet de son art à 29 ans, devrait se disputer le gros globe de cristal avec Aleksander Aamodt Kilde et l'autre Norvégien Henrik Kristoffersen, spécialiste des épreuves techniques. Chez les femmes l'Américaine Mikaela Shiffrin, après trois sacres consécutifs, avait abandonné la lutte en février suite au décès de son père, laissant Federica Brignone s'imposer. Forfait pour Sölden à cause d'une blessure au dos, Shiffrin reste, du haut de ses 66 victoires en Coupe du monde à 25 ans, l'immense favorite cette saison en compagnie de la Slovaque Petra Vlhova.

Mikaela Shiffrin lors de la descente à Bansko le 24 janvier 2020

Crédit: Getty Images

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