En sport comme ailleurs, il ne faut jamais faire de plan sur la comète, ni insulter l'avenir d'ailleurs. Mikaela Shiffrin en est la preuve vivante. Début 2020, elle voguait tranquillement vers son quatrième gros globe de cristal avant de prendre du recul suite à la mort tragique de son père. Alors qu'on se demandait dans quel état elle allait revenir, l'Américaine réussit une saison 2020/2021 exceptionnelle, ne descendant jamais sous la 6e place. Même en ne disputant que deux disciplines, elle a terminé 4e du général. Impossible n'est pas Shiffrin, donc.
Alors, Petra Vlhová, Lara Gut et autres Michelle Gisin ou Federica Brignone peuvent s'inquiéter quand Mikaela Shiffrin expliquait récemment qu'elle allait revenir sur les épreuves de vitesse, un an et demi après Bansko et son ultime succès en super-G. Pourquoi se priverait-elle ? Après une saison qu'elle qualifie elle-même de saison du "comeback". Retour réussi avec certes deux deuxièmes places frustrantes aux classements généraux du Géant et du Slalom mais surtout trois victoires… et dix podiums en seize courses. Personne ne fait mieux puisque Vlhová et Gut, elles aussi dix fois sur la boîte, ont plus couru. Ce n'était pas tout à fait la patronne mais on sentait la vraie Shiffrin poindre sous les skis de Mikaela.
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Shiffrin n'a pas craqué pour s'offrir une victoire pleine d'émotions

Le gros globe n'est pas une obsession pour Shiffrin

"Je sens qu'il y a des millions de choses que je peux améliorer, surtout après la saison dernière, disait-elle pourtant à nos collègues de Eurosport UK il y a quelques semaines. Je ne me sens jamais vraiment prête". Est-ce pour ça qu'elle a entouré son annonce de retour en vitesse d'un million de précautions ? "Ce qui guide mes choix c'est d'être capable de skier en slalom et en Géant au top de mes capacités, de mon niveau. Si je sens que ce n'est pas le cas, je zapperai quelques courses de vitesse. Peut-être même que je dirai que je ne veux plus jouer le gros globe."
On y vient. Si l'Américaine aux 69 victoires en Coupe du monde, acquises dans toutes les épreuves possibles, revient en vitesse, ce n'est pas que pour s'amuser, c'est aussi, et surtout peut-être, pour revenir dans le jeu du classement général. En 2021, elle a terminé à 341 points de Petra Vlhova. Un gouffre ? La Tchèque a empoché 322 points en descente et en super-G. Alors, ce retour en descente et en super-G, est-ce la solution miracle ?

Un rêve fou aux JO de Pékin ?

Non, avance Shiffrin. Celle qui s'est "toujours concentrée sur la technique" mais qui se dit très heureuse de revenir en vitesse, notamment à Lake Louise (début décembre), refuse de faire du gros globe, son seul objectif. Elle est passée par trop de moments difficiles pour ça. "Le classement général est toujours dans un coin de ma tête mais ce n'est pas une obsession", nuance-t-elle. De toute façon, participer à toutes les épreuves de la saison, qu'elles soient de vitesse ou techniques, est impossible. Aucune skieuse ne peut s'infliger 38 épreuves, sans compter les JO qui sont un vrai objectif pour l'Américaine, en moins de cinq mois.
En revanche, le faire aux Jeux… "Il y a quelque chose dont je rêve : être capable de concourir dans toutes les épreuves en Chine. Mais ça veut dire que je vais devoir arriver beaucoup plus préparée mentalement." Ce défi à la hauteur de la championne américaine va animer sa première partie de saison. Pour bien figurer à Pékin, Shiffrin doit parfaitement se préparer, ne pas se blesser et ne pas se disperser si elle sent que le jeu n'en vaut pas la chandelle.
C'est pourquoi Mikaela Shiffrin va prendre, selon la formule consacrée, course après course. On a bien compris que la priorité restait le Géant et le Slalom, deux disciplines dont elle a déjà gagné le petit globe mais aussi l'or olympique. Si tout se passe bien dans ces épreuves, notamment sur les piquets courts où concourir contre Vlhova et Liensberger la saison dernière a été "très difficile nerveusement" selon ses mots, alors elle pourra s'engager à fond en vitesse. Mais la première condition est sine qua non. Déjà triple lauréate du gros globe mais aussi de 69 victoires en Coupe du monde, Shiffrin ne court plus après les records. Du moins, elle ne le dit pas (encore ?). Ce qui l'anime, c'est le plaisir. Celui qu'elle a retrouvé en 2021.
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