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WENGEN - Noël : "Je m'en fous de la seconde manche, elle a suffi"

Noël : "Je m'en fous de la seconde manche, elle a suffi"

Le 20/01/2019 à 17:19Mis à jour Le 21/01/2019 à 08:48

WENGEN – Vainqueur ce dimanche du slalom de Wengen, Clément Noël s'est offert la toute première victoire de sa carrière en Coupe du monde. Une victoire finalisée en deuxième manche, où le Français a résisté à la pression et aux retours des cadors. Malgré un run "loin d'être parfait".

"Juste avant de partir, j'ai dit aux coaches : 'Je dois savourer ce moment, c'est la première fois que je pars en dernier d'une deuxième manche de Coupe du monde'", avouait-il après l'arrivée. Lorsque Clément Noël s'est élancé ce dimanche pour la deuxième manche, il avait d'ores et déjà réussi un exploit : remporter le premier acte d'un slalom de Coupe du monde.

"C'est toujours plus facile en première manche car on ne joue pas directement le résultat, expliquait-il après l'arrivée. J'ai réussi à me libérer, j'avais la confiance des deux dernières courses, j'ai fait une manche bien engagée sur un tracé difficile." Une manche quais parfaite pour repousser un cador comme Marcel Hirscher à quasi une seconde (5e, + 0''91). "Mais le plus gros du boulot reste à faire, calmait-il entre les deux manches. On a tendance à dire que la première manche, c’est 30% du travail."

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" Ce slalom, je le gagne en seconde manche, pas en première"

Et les 70% restants, ils commençaient dès la fin de la première manche. Entre ses deux passages, le Français a attendu plus de trois heures. "C'était difficile à gérer, une deuxième manche c'est toujours plus de travail qu'une première et encore plus je pense qu'on est en tête, expliquait-il. On a beaucoup de temps d'attente entre les deux quand on part dernier." Cent quatre-vingts minutes environ, où la tension et la pression n'ont cessé de monter. "Ce n'est pas facile quand on est seul dans le portillon de départ. Forcément, il y avait de la pression, il ne faut pas le nier. J'essayais de l'évacuer mais dans les 10 secondes qui ont précédé le départ, tout est remonté", déclarait-il à l'antenne de la RTS.

Malgré cela, lorsqu'il a ouvert le portillon, Clément Noël a retrouvé cette efficacité et cette sérénité sur les skis qu'il dégage depuis des mois désormais. Souvent brillant une manche sur deux, le Français avait déjà réussi deux manches complètes la semaine passée. Son premier podium à défaut d'avoir servi de déclic : "C'est surtout dans la continuité de mes résultats de fin de saison dernière, expliquait-il. Le début de saison était bon au niveau du ski, même si au niveau des résultats ça ne payait pas. Avec les résultats à Zagreb et à Adelboden, cela m'a donné confiance". Et il en a fallu au Français de la confiance pour résister aux retours de Manuel Feller et de Marcel Hirscher dans cette deuxième manche, clé de son premier succès : "Je pense que ce slalom je le gagne dans la deuxième manche, car même si mon temps n'est pas incroyable (6e temps, ndlr), c'était plus difficile, avouait-il. Au final, je ne fais pas une manche magnifique, je fais plus d'erreurs mais, bon... Là, je m'en fous un petit peu parce que ça m'a suffi et c'est tout ce qui compte."

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" Changer de statut mais ne pas changer"

Révélation de la dernière année en slalom, Clément Noël a complètement changé d'envergure au terme de ce qui est à ce jour la plus belle semaine de sa carrière. "C'est une semaine incroyable, mon premier podium à Adelboden et ma première victoire ici à Wengen, c'est incroyable, réagissait le Français après l'arrivée. Je suis super heureux, je ne suis peut-être pas le plus démonstratif, mais honnêtement je suis très heureux." De quoi garder des souvenirs inoubliables, à commencer par les félicitations du maitre de la discipline et meilleur skieur du monde, Marcel Hirscher. "Il m'a félicité, racontait-il. Il m'a dit que c'était du super ski, que je le méritais. Ce sont des petits mots simples mais sympathiques. Venant d'un champion comme lui, ça fait plaisir."

Mais, cette semaine, Clément Noël a surtout changé de statut. Fini l'outsider, fini les promesses non concrétisées. Désormais, le Français fait partie des cadors, des favoris attendus à toutes les courses. Un nouveau statut qu'il devra assumer dès le week-end prochain à Kitzbühel, même si le skieur de Val d'Isère ne veut pas encore y penser. "Je ne sais pas trop comment je vais le gérer, avoue-t-il. Aujourd'hui, je veux juste profiter. J'y arriverai avec un autre statut c'est sûr mais je cherche avant tout à faire mon meilleur ski donc j'espère que ça changera rien, que ça ne me tétanisera pas." Vu ce qu'il propose depuis des mois, ce serait vraiment dommage.

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