Il était une fois l’histoire de la saison 2022 de Marco Odermatt. Celle d’un skieur en pleine confiance, à qui rien ne semble pouvoir arriver et dont la polyvalence lui permet d’écraser la Coupe du monde. Au moment d’aborder Wengen, l’autre classique suisse du mois de janvier, le skieur d’Hergiswil est sur des bases stratosphériques : 845 points déjà et cinq succès au compteur, un petit globe de géant quasi mathématiquement assuré et, surtout 376 points d’avance sur son dauphin au général. Une marge conséquente, inédite à ce stade de la saison, qui devrait suffire à offrir le gros globe au Suisse en fin de saison. Mais les douze prochains jours peuvent tout changer.

Pinturault seul "slalomeur" véritablement dangereux

Au cours de ceux-ci, la Coupe du monde se rendra dans trois stations mythiques du calendrier : Wengen, Kitzbühel et le temple du slalom, à Schladming. Au programme, quatre descentes, trois slaloms et un Super-G, ce jeudi sur le Lauberhorn. Même s’il donne parfois l’impression de savoir tout faire, difficile de faire "moins adapté" pour Marco Odermatt. Si ses adversaires espèrent encore venir le coiffer sur le fil pour le priver du gros globe une deuxième saison de suite (il l’avait perdu lors des finales l’an dernier), c’est le moment ou jamais. Au moins de réduire l’écart afin de lui mettre la pression avant la fin de saison.
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La grosse déception : Pinturault a tout perdu sur une faute en deuxième manche

Même si le Suisse est ultra polyvalent, il ne participe pas au slalom, au contraire notamment d’Alexis Pinturault. Tenant du gros globe, le Français est très loin cette saison (4e du général à 463pts) et a annoncé s’en désintéresser désormais. "Je suis beaucoup trop loin pour le général, ce serait idiot d'essayer de s'accrocher, déclarait-il après Alta Badia. Regardez le classement, il faut être réaliste". Mais s’il venait à marquer de gros points en slalom ces prochains jours, la donne pourrait peut-être changer. D’autant qu’il reste sur trois podiums sur la Planai et qu’il s’était imposé en Suisse en 2014, l’un de ses trois succès dans la discipline. Et il y aura encore deux autres slaloms à Garmisch-Partenkirchen juste après les JO. Mais le plus gros danger pour Marco Odermatt vient malgré tout des hommes de la vitesse.

Dominer en descente avant de revenir en géant pour Kilde ?

Déjà car le Français n’est pas une valeur assez sûre en slalom – sa sortie à Adelboden en est la preuve - mais avant tout pour des raisons mathématiques. Aleksander Aamodt Kilde et Matthias Mayer sont les plus proches poursuivants du Suisse et les deux dangers les plus immédiats. Le Norvégien est actuellement son dauphin à 376 points alors que l’Autrichien est lui à 398 points. Cette saison, les deux hommes sont les meilleurs skieurs du monde en vitesse, que ce soit en descente où ils ont tous les deux gagnés (Beaver Creek pour Kilde, Lake Louise pour Mayer) ou en Super-G où Kilde reste sur trois succès consécutifs.

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D’ailleurs Kilde et Mayer sont les seuls à devancer Odermatt au classement de la discipline. Mais il n’y aura qu’un seul Super-G (Wengen) pour quatre descentes (deux à Wengen et deux à Kitzbühel) dans les jours à venir. Une vraie opportunité pour le Norvégien et l’Autrichien de venir mettre la pression sur Marco Odermatt, d’autant que Matthias Mayer sait gagner en descente à Kitzbühel (2020) et était sur le podium des deux courses l’an passé. Si les écarts venaient à se réduire de manière à y croire, on pourrait alors voir Mayer et surtout Kilde revenir sur le géant en fin de saison. On aurait presque tendance à l’oublier mais le Norvégien était l’un des meilleurs dans la discipline (5 top 6) en 2020, l’année de son sacre au général. Le souci, c’est que ni Matthias Mayer, ni Aleksander Aamodt Kilde n’a déjà vraiment brillé à Wengen, qui pourrait ainsi bien être le point clé de ces douze jours si importants.

Wengen, ce grand inconnu pour Odermatt

Car, attention, le Suisse n’est pas non plus un "manche" en descente, comme en témoigne sa 2e place à Bormio récemment ou sa 4e place à Lake Louise en début de saison. Et il n’est pas impossible du tout qu’il continue de briller de mille feux comme depuis le début de saison. Mais Marco Odermatt manque malgré tout de références sur ces classiques de janvier. Il n’en a qu’une seule sur la Streif en descente, sa 10e place réalisée l’an passé à l’occasion de la seconde descente de Kitzbühel (les organisateurs avaient arrêté la première juste avant son passage). Mais à Wengen, c’est encore pire. Lui le Suisse n’a jamais ski le Lauberhorn en Coupe du monde, quelque soit la discipline.

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La chose est folle et doit beaucoup à l’annulation l’an dernier des épreuves dans les Alpes bernoises, en raison de nombreux cas de Covid19 dans la station suisse, et à une saison 2019-2020 tronquée par les blessures. Autant dire que les deux entrainements de mardi et mercredi font avoir encore plus d’importance pour lui que pour les autres. Briller pour sa première participation à Wengen - gagner semble impensable - sur la plus vieille et la plus longue piste de la Coupe du monde, là où l’expérience y est encore plus importante qu’ailleurs, serait un nouvel exploit pour Marco Odermatt. Un de plus dans sa saison complètement folle. Mais celui-ci mettrait sans doute un coup final aux espoirs de ses adversaires.
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