C’est bien connu, les sportifs de haut niveau sont souvent superstitieux. Que ce soit Zinédine Zidane et sa manière d’enfiler ses chaussettes - d’abord la jambe gauche - ou encore Rafael Nadal et son positionnement des bouteilles à côté de sa chaise. Neil Robertson ne déroge pas à la règle. Avec la fermeture des coiffeurs pendant le confinement, l’Australien avait dû troquer ses cheveux blonds plaqués vers l’avant pour une tignasse frisée. Et cela a payé puisqu’il a remporté le Tour Championship en mars dernier.
Pensant que sa nouvelle coupe de cheveux lui porte bonheur, Neil Robertson refuse d’y toucher : "Le propriétaire de mon club m’a dit que je perdrais tout mon pouvoir si je les coupais". Alors tant pis si ça ressemble à un caniche, c’est avec ses frisottis que 'The Thunder from Down Under' a débarqué aux Championnats du monde. Pour le plus grand bonheur de Ronnie O'Sullivan qui, selon les dires de l’Australien, adore cette coupe de cheveux.
Ce n’est pas la première fois que Neil Robertson conserve une habitude qui a un impact sur ses performances. C’était déjà le cas en 2014 quand, sous les conseils de Peter Ebdon, l’Australien entame un régime à base de plantes. Pour autant, celui qui pouvait "détruire un paquet entier de Maltersers" se refuse d’être considéré comme vegan comme il l’a confié au journal The Press : "Je ne vais pas dire que je suis vegan car évidemment mes chaussures de snooker sont en cuir. Mais apprendre ce qu’il se passe dans les abattoirs n’est pas génial. Je suppose que la plupart des gens ferment peut-être un peu les yeux. Vous le savez, mais vous ne voulez pas vraiment savoir comment cela se passe et je faisais partie de ceux-là".
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Snooker : Le coup de chance de Neil Robertson

100 centuries en une saison

Neil Robertson n’a pas attendu d’arborer cette coupe de cheveux et de se mettre au véganisme comme son idole Carl Lewis pour gagner des matchs. Ce fan de Chelsea et ami de John Terry a d’ailleurs claqué un break maximum à 14 ans dans un tournoi classé australien. Trois ans avant de devenir professionnel et d’atteindre le troisième tour des qualifications aux Championnats du monde en 1999.
Arrivé très jeune sur le circuit pro, "The Melbourne Machine" a alors du mal à s’y maintenir et après deux retour à l’échelon inférieur, Neil Robertson s’y installe définitivement en 2003 après sa victoire aux Championnats du monde U21. Avant de faire son premier gros coup trois ans plus tard en remportant le World Open après avoir battu notamment Ronnie O’Sullivan 5-1 en quart de finale.
Le premier tournoi classé d’une longue série. Avec comme graal ce titre de champion du monde obtenu en 2010 qui fait de lui le premier australien à remporter ce titre dans l’ère moderne, soit depuis 1969. Son compatriote Horace Lindrum étant sacré champion du monde en 1952, une année où les principaux joueurs avaient organisé un boycott. Devenu numéro 1 mondial avec cette victoire en 2010, Neil Robertson continue sur sa lancée en remportant le Masters en 2012 et l’UK Championship un an plus tard cochant ainsi les trois tournois de la Triple Couronne.

Neil Robertson qui fait parler sa patte gauche

Crédit: Getty Images

Mais plus que ses victoires, c’est la facilité de Neil Robertson à enchaîner les centuries qui impressionne. Celui qui est devenu en 2015 lors de l’UK Championship le premier joueur à claquer un 147 en finale d’un tournoi de la Triple Couronne, compile 784 centuries. Seuls Ronnie O’Sullivan, John Higgins et Judd Trump font mieux. En revanche, aucun des trois n’a réussi l’exploit que l’Australien a réalisé lors de la saison 2013-14, à savoir réussir plus de 100 - 103 exactement - centuries. Un record qui va être difficile à aller chercher.

Un public à conquérir

Mais Neil Robertson a beau avoir un palmarès long comme le bras et être l’un des scoreurs les plus forts de l’histoire, l’engouement du public à son égard n’est pas toujours aussi fort qu’il devrait. La faute à une nationalité australienne dans un sport qui se joue en grande partie au Royaume-Uni avec des joueurs britanniques. Résultat, "The Melbourne Machine" avait profité du Masters de 2012 pour annoncer qu’il paierait une pinte à quiconque se rendant au match avec un chapeau ou tee-shirt à l’effigie de l’Australie. Une promesse qui ne lui coûtera pas cher puisque seule une personne est venue ainsi lors de la demi-finale contre Mark Williams.
Opposé à l’Anglais Kyren Wilson en quart de finale des Championnats du monde 2021, celui qui passe tout son temps libre à jouer au snooker sur son portable sait qu’il n’aura pas le soutien total du Crucible Theatre. Cela ne l’empêche pas de mener 5-3 avant la seconde session qui débute ce mardi à 20h. Mais l’Australien sait qu’il ne doit pas baisser sa garde pour autant puisque Wilson l’a battu en quart de finale du Players Championship en février dernier. Et pourtant Neil Robertson avait déjà sa coupe de cheveux porte bonheur.
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