Petit à petit, il reprend ses marques. Depuis son arrivée à Doha vendredi, Roger Federer a d’abord accepté de participer à une session de questions-réponses avec des fans sur les réseaux sociaux supervisée par l’organisation du tournoi. Puis, il a salué les bénévoles, croisé des collègues joueurs perdus de vue depuis plus d’un an, et frappé ses premières balles à l’entraînement sur le site du tournoi malgré le vent capricieux. Et dimanche, est venu le temps d’une autre obligation : la sacro-sainte conférence de presse tant attendue par la caravane de journalistes qui suit le circuit de semaine en semaine.
Souriant, détendu, le Suisse a retrouvé son élément. Et malgré la quarantaine qui approche, il ne manque pas de fraîcheur, lui qui a été privé de sa passion (en tout cas en compétition) depuis plus de 13 mois. "J’ai juste l’impression que l’histoire n’est pas encore finie. J’aimerais ressentir à nouveau cette adrénaline de jouer contre les meilleurs dans les plus grands tournois et avec l’espoir de les gagner. Je verrai bien si j’aime toujours la vie sur le circuit, avec la quarantaine, et les difficultés actuelles pour voyager. Mais j’espère jouer encore assez longtemps pour le faire devant des stades pleins", explique-t-il.
ATP Doha
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Stress, appréhension, physique… Quelles incertitudes entourent le retour de Federer ?

La passion a vaincu ses doutes après sa seconde arthroscopie

A son âge et avec son palmarès, Federer avait pourtant bien des raisons de ranger ses raquettes. Il n’a plus rien à prouver à personne et la situation sanitaire mondiale aurait pu le pousser à passer définitivement à autre chose. D’ailleurs, l’intéressé ne nie pas avoir eu quelques doutes, surtout après l’échec de la première arthroscopie de son genou droit. "J’étais démoralisé après la seconde opération. Je me suis posé beaucoup de questions sur tout. Wimbledon était annulé et la pandémie était grave. Mais le désir ardent de revenir était là. Je voulais décider moi-même de la fin de ma carrière. Je sens qu’il me reste encore quelque chose à faire. La retraite n’a jamais vraiment été dans mes plans."
Car le Bâlois reste au fond toujours ce gamin, jamais rassasié de ce jeu qui l’a accompagné toute sa vie. Si avant son premier come-back en 2017 (consécutif à une arthroscopie du genou gauche alors), il avait profité de sa période d’inactivité pour déconnecter du circuit et de ses vicissitudes, cette fois l’attente a été trop longue et la passion a vite repris le dessus. "J’ai regardé beaucoup de tennis. Je voulais savoir ce qu’il se passait et je passais en revue les résultats presque toutes les deux heures, y compris ceux des Challengers et des doubles. Le niveau m’a impressionné", confie-t-il.
Mon genou tiendra-t-il le choc ? Je n'en suis pas sûr, mais je suis confiant sinon je ne serais pas ici
Il est désormais l’heure de passer de spectateur à acteur. Cette reprise est un sacré défi et beaucoup de joueurs seraient inquiets sur leur capacité à retrouver leur meilleur niveau. Est-ce le cas de Federer ? Pas vraiment à l’en croire, du moins si le physique tient. "Pour moi, le tennis, c’est comme faire du vélo. J’ai toujours été le genre de type qui n’a pas besoin de beaucoup jouer pour très bien jouer. Si quelque chose me préoccupe, c’est le genou. Tiendra-t-il le choc ? Je n’en suis pas sûr, mais j’ai fait tout ce que je pouvais pour m’en assurer et je suis confiant, sinon je ne serais pas ici", indique l’intéressé qui a mis toutes les chances de son côté ces dernières semaines.
L’intensité de ses ultimes tests de préparation est à l’origine de la confiance affichée par l’homme aux 103 titres. "Dominic Stricker (espoir suisse de 18 ans, NDLR) est d’abord venu partager des sessions avec moi à Dubaï. Et puis, plus récemment, j’ai joué une vingtaine de sets d’entraînement avec Daniel Evans et je suis très content de la façon dont le genou a réagi. Quand je me réveille le matin, je me sens assez bien. La douleur est sous contrôle. Je peux jouer quotidiennement deux heures et demie pendant cinq jours d’affilée. Il y a vraiment du positif. Mais les matches sont différents, surtout parce que le stress joue un rôle", prévient malgré tout celui qui pourrait d’ailleurs retrouver le Britannique pour son grand retour sur les courts au 2e tour à Doha.

Jouer Roland-Garros pour être "à 100 %" à Wimbledon ? Rien n'est encore certain

Sans repères, Federer ne vise évidemment pas un 104e trophée pour son tournoi de rentrée. L’objectif est avant tout de se réacclimater à la compétition, de réapprendre à gérer les moments importants d’une partie. Mais il le confirme, il n’est pas revenu pour faire de la figuration. "Si je peux jouer deux matchs ici à Doha, je serai heureux. Je n’ai pas beaucoup d’attentes pour ce tournoi, mais il se peut que je me surprenne. J’espère être à 100 % pour Wimbledon et alors la saison commencera vraiment pour moi."
Et quid de la suite à court et à moyen terme ? Si Federer est aussi inscrit à Dubaï, sa participation au tournoi émirati dépendra de ses sensations à Doha. Puis, il fera l’impasse sur Miami pour préparer le printemps sur terre battue. Le verra-t-on à Roland-Garros ? Lui-même ne le sait pas encore. "Après Dubaï, je ferai un bloc d’entraînement pendant 4 à 6 semaines. Et j’espère alors avoir encore gagné en explosivité. On verra comment la saison sur terre battue se présente. L’année est longue. J’ai encore besoin de beaucoup de réponses avant de savoir à quoi va ressembler mon programme sur terre."
Une chose est sûre : à Doha mercredi, Roger Federer entamera la dernière ligne droite de son immense carrière. Après s’être imposé tous ces efforts, il espère bien s’offrir un dernier chapitre mémorable. Et les amoureux du jeu, si longtemps privés de ses inspirations, ne s’en plaindront pas.
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