Cette fois, le coup est passé près. Mais Gaël Monfils n’a toujours pas réussi à battre Novak Djokovic sur le circuit ATP en 17 confrontations. Le Français s’est mis en position de porter l’estocade au Serbe, mais comme tant d’autres avant lui dont un certain Roger Federer à trois reprises en Grand Chelem (demi-finales de l’US Open en 2010 et 2011 et finale de Wimbledon 2019), il n’a pas pu (su ?) le faire, voyant trois balles de match lui filer sous le nez. Et s’il peut avoir des regrets, la force mentale du numéro 1 mondial quand il est dos au mur a quelque chose d’à la fois irréel et fascinant.

Mené 6 points à 3 dans le tie-break du deuxième set vendredi à Dubaï, et alors que son adversaire a deux opportunités consécutives de plier l’affaire sur son service, dans quel état d’esprit le Serbe se prépare-t-il à relancer ? "C’est comme être au bord d’une falaise. Vous savez que vous ne pouvez pas reculer, donc il faut sauter et essayer de trouver un moyen de survivre, j’imagine. Il faut prier pour que ça se passe bien et croire que vous pouvez le faire, qu’il y a quelque chose qui va vous aider", a-t-il expliqué après sa victoire. Et ce "quelque chose" est arrivé. "Sur les balles de match, j’espérais seulement qu’il manquerait ses premières balles et c’est ce qui s’est passé. Ça me donnait une chance d’entrer dans les points."

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A un coup de la défaite, il n'y a pas de reculade possible

Simple, dit comme ça. Mais encore fallait-il remporter les échanges une fois engagés. S’il n’a rien eu d’autre à faire que de retourner sur la première balle de match, sur la deuxième, le numéro 1 mondial aurait pu trembler. Mais il n’a rien donné, à l’affût du moindre signe de faiblesse. Quant à la troisième, il l’a parfaitement jouée, se montrant agressif derrière un service de qualité. La confiance en soi de Djokovic semble incommensurable, elle a presque quelque chose de mystique, qui le dépasse, le transcende.

"C’est une des choses que je ressens à ce moment-là. Ok, à un point, à un coup de la défaite, il n’y a pas de reculade possible. C’est la fin. J’accepte la situation et j’essaie de faire de mon mieux", a-t-il encore confié. Une manière en quelque sorte de se donner un nouveau défi, même quand tout semble perdu.

Lors de la dernière finale de l’Open d’Australie, mené deux sets à un face à Dominic Thiem et mal en point, on ne donnait pourtant pas cher de sa peau. Et s’il n’a pas eu de balle de match à défendre cette fois, il était bien sonné avant de trouver la force, d’on ne sait où, de surgir quand la porte s’est entrouverte en fin de quatrième set. Comme une bête blessée qui devient plus dangereuse et agressive encore quand elle sent sa fin proche, Djokovic refuse la défaite jusqu’au bout. C'est à se demander s'il n'aime pas se retrouver dans ces positions extrêmes, où tout se joue à quitte ou double. En sport, l’expression "dominer n’est pas gagner" a des allures de poncif, et pourtant, elle prend tout son sens quand le Serbe est de l’autre côté du filet.

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Vendredi, Monfils l’a appris à ses dépens : achever la bête est tout aussi difficile que de la malmener. Mais il pourra se consoler en se disant qu’il sont très peu en ce moment à pouvoir se mettre dans cette position. "Gaël était le meilleur joueur pendant deux sets. J’ai eu beaucoup de chance de m’en sortir. Je pense qu’il n’a jamais aussi bien joué. C’était difficile de le déborder. Je suis bon en défense, mais ce qu’il a fait dans ce domaine aujourd’hui était incroyable", a d’ailleurs reconnu le "Djoker" après coup, conscient que son statut d’invincible en 2020 n’a tenu qu’à un fil.

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Il n’en reste pas moins que mentalement, Djokovic a aussi montré qu’il avait encore une sacrée marge. Sa démonstration dans le troisième set, une fois les compteurs remis à zéro, est là pour le rappeler. Mais il n’en a pas fanfaronné pour autant.

"Le troisième set est difficile à évaluer parce qu’il était blessé de toute évidence à parti du troisième jeu. Et son niveau n’avait rien à voir avec ce qu’il avait montré pendant les deux premières heures. Je lui souhaite le meilleur, j’espère qu’il récupérera assez vite de cette blessure, parce que s’il joue de cette façon régulièrement, il sera l’un des meilleurs joueurs du monde cette année." Un sacré compliment de la part d’un numéro 1 mondial plus confiant que jamais après l'un de ces sauvetages dont il a le secret. Et de bon augure avant de retrouver en finale un autre homme qui a le vent en poupe pour sortir d'une victoire à Marseille : Stefanos Tsitsipas.

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