Aslan Karatsev (Russie - 27 ans)

  • Où il en était début 2021
Depuis le mois de septembre 2020, Aslan Karatsev oscillait entre la 110e et la 120e place à l'ATP. Il était 112e début 2021, 114e quand a démarré l'Open d'Australie le 8 février. A 27 ans, le Russe était sur une dynamique intéressante (fin 2019, il pointait au 289e rang...) mais il ne disposait pas de la moindre référence sur le circuit principal.
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19/10/2021 À 14:57
  • Où il en est aujourd'hui
Aux portes du Top 20 au classement de référence et même du Top 10 à la Race, puisqu'il occupe la 12e place. Il figure donc dans le peloton des joueurs encore en lice pour une qualification au Masters, à Turin. Qui aurait imaginé cela il y a dix mois ?

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  • Comment il a bondi
D'un coup, d'un seul. La météorite Karatsev a déboulé sur Melbourne sans prévenir. En atteignant les demi-finales de l'Open d'Australie (victoire notamment sur Schwartzman, Auger-Aliassime et Dimitrov), pour sa toute première présence dans un tableau final de Grand Chelem, ce bon vieil Aslan a remporté davantage de matches sur le circuit principal en quinze jours que depuis le début de sa carrière.
En tenant compte du triptyque âge-classement-manque de références, Karatsev était sans doute le demi-finaliste le plus improbable de l'histoire. En quittant l'Australie, il était entré dans le top 50. C'est une autre carrière qui allait s'ouvrir devant lui, avec la possibilité d'intégrer à peu près tous les tournois de son choix. Après une fin d'hiver et un printemps où il a surfé sur son euphorique vague, il oscille depuis à peu près dans la même zone au classement, autour de la 25e position.

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  • Comment s'annonce la suite ?
Aslan Karatsev a prouvé qu'il avait le jeu pour confirmer sa brutale éclosion australe sur toutes les surfaces ou presque. A Dubaï (dur), il a décroché son premier titre, puis atteint la finale à Belgrade (terre) en battant au passage Novak Djokovic chez lui, dans un des matches de l'année. Depuis, il patauge un peu. Sur ses neuf derniers tournois, il n'a ainsi remporté que cinq petits matches.
On le sent un peu moins relâché, notamment dans les moments importants. Peut-être est-il en train de digérer à retardement son incroyable premier trimestre, ce qui devait finir par arriver. A 28 ans, comme tous ceux qui ont connu une éclosion brutale, le plus grand défi sera pour lui de s'installer durablement. Il jouera forcément gros début 2022 en remettant en jeu une grande partie de son capital points d'ici le mois de mars (720 en Australie, 500 à Dubaï). La façon dont il traversera cette zone de turbulences sera à suivre de près.

Aslan Karatsev à l'US Open 2021

Crédit: Getty Images

Carlos Alcaraz (Espagne - 18 ans)

  • Où il en était début 2021
A la 141e place mondiale début janvier, Carlos Alcaraz ne faisait pas mystère de son objectif de la saison : entrer dans le Top 100. Il faut dire qu'il avait de quoi être confiant : à peine dans les 500 premiers un an plus tôt (490e début 2020), il avait poursuivi sa phénoménale ascension et ce malgré le gel du classement dû à la pandémie de Covid, gagnant notamment trois Challengers au passage.
  • Où il en est aujourd'hui
Le moins que l'on puisse, c'est qu'il a confirmé qu'il était un phénomène de précocité. A la 38e place mondiale à 18 ans, il est déjà confortablement installé dans le Top 50. C'est simple, on n'avait plus vu ça depuis un certain Rafael Nadal (37e à 17 ans le 26 avril 2004). Le modèle a de quoi inspirer…

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  • Comment il a bondi
Méthodiquement, logiquement, avec un coup d'accélérateur cet été. Gagner plus de 100 places en quelques mois n'est pas donné à tout le monde, surtout quand on fait déjà partie du Top 150. Cette saison, il a systématiquement passé le 1er tour en Grand Chelem, en sortant des qualifications à l'Open d'Australie (qui plus est son premier grand tableau en Majeur) et Roland-Garros.
Repassé deux fois par la case Challenger, il s'est imposé à Oeiras en mai. Mais il a surtout montré qu'il était déjà taillé pour le circuit principal : une première demi-finale en ATP 250 à Marbella en avril, puis déjà un premier titre à Umag, toujours sur ocre en août, ce qui a fait de lui le plus jeune joueur sacré à ce niveau depuis Kei Nishikori (18 ans en 2008 à Delray Beach). Mais il a surtout explosé aux yeux du monde à Flushing Meadows, s'offrant le numéro 3 mondial Stefanos Tsitsipas et un premier quart de finale en Grand Chelem.
  • Comment s'annonce la suite ?
Plutôt exaltante. Certes, bien des joueurs (très) prometteurs n'ont pas été à la hauteur de leur potentiel. Mais à 18 ans, Carlos Alcaraz possède des qualités que l'on associe aux grands champions : la force mentale, une capacité de concentration et de travail hors norme et une qualité de frappe déjà bluffante. Il a aussi l'avantage d'avoir en Juan Carlos Ferrero un mentor exigeant et qui a déjà bien poli le diamant brut espagnol.
Difficile de ne pas s'enflammer devant le potentiel du bonhomme et Yevgeny Kafelnikov le voit même numéro 1 mondial dans les trois ans. L'avenir dira si l'ex-champion russe a raison, mais une chose est sûre : le jeu du terrien Alcaraz s'adapte d'ores et déjà bien au dur grâce à une agressivité en coup droit inspirée de celle de… Roger Federer. Il n'aura pas beaucoup de points à défendre début 2022, de quoi peut-être viser rapidement le Top 20. A moins qu'il n'ait besoin de digérer cette progression fulgurante.

Carlos Alcaraz, US Open 2021

Crédit: Getty Images

Sebastian Korda (Etats-Unis - 21 ans)

  • Où il en était début 2021
S'il y a eu déclic pour Sebastian Korda, il a eu lieu à l'automne 2020 après la pause forcée à cause du coronavirus. Et plus précisément lors de l'édition 2020 de Roland-Garros : il y a atteint les 8es de finale en sortant des qualifications, passant de la 212e à la 138e place mondiale. Vainqueur ensuite du Challenger d'Eckental en Allemagne, il a démarré 2021 avec le Top 100 dans le viseur (119e).
  • Où il en est aujourd'hui
Être un "fils de" (Petr Korda) ne l'effraie visiblement pas. Sebastian Korda fait son petit bonhomme de chemin qui l'a conduit dans le Top 50 (40e précisément). Tout comme Jannik Sinner, Félix Auger-Aliassime et Carlos Alcaraz, il est d'ores et déjà qualifié pour le Masters "Next Gen".

Son premier Top 10 et son premier quart en Masters 1000 : Korda a tout fêté d'un coup

  • Comment il a bondi
Grâce à un excellent premier semestre 2021. Bien lancé par son explosion fin 2020, il a démarré cette saison en trombe avec sa première finale sur le circuit ATP à Delray Beach, puis un titre en Challenger à Quimper. Ces deux résultats lui ont permis de passer la barrière symbolique du Top 100 et d'accéder à davantage de tableaux dont celui de Miami où il a atteint son premier quart de finale en Masters 1000, battant au passage son premier Top 10, Diego Schwartzman.
Très solide en fond de court, il a confirmé sa polyvalence car c'est bien sur terre battue qu'il s'est adjugé le premier titre de sa carrière à Parme en mai. Et comme il l'avait fait à Roland-Garros quelques mois plus tôt, il a atteint la seconde semaine sur le gazon de Wimbledon dès sa première participation au grand tableau, devenant le 3e joueur de l'ère Open à accomplir pareille performance dans les Majeurs français et anglais après les Suédois Björn Borg en 1973 et Mikael Pernfors en 1986.
  • Comment s'annonce la suite ?
Peut-être un peu plus difficile. Depuis sa belle performance au All England Club - où Karen Khachanov l'a privé d'un premier quart de finale en Grand Chelem au bout du suspense 10-8 au cinquième set -, le longiligne Sebastian a connu un vrai contrecoup avec 4 défaites en 7 matches sur ses quatre derniers tournois américains. Lorenzo Sonego lui a infligé la dernière en date au 2e tour de San Diego.
Il a surtout raté son US Open, lui le Floridien de naissance, à cause d'une intoxication alimentaire qui l'a contraint à l'abandon dès le 1er tour face à Nikoloz Basilashvili. Un crève-cœur pour le jeune homme qui avait pris la bonne habitude de donner le meilleur de lui-même en trois sets gagnants. Les semaines à venir ainsi que le début de saison prochaine pourraient le relancer néanmoins puisqu'il participera au grand tableau à Melbourne pour la première fois, complétant son Grand Chelem à lui.

Sebastian Korda à Wimbledon en 2021

Crédit: Getty Images

Mackenzie McDonald (Etats-Unis - 26 ans)

  • Où il en était début 2021
Aux environs de la 200e place (194e le 4 janvier). Mackenzie McDonald tentait tant bien que mal de reprendre le cours d'une carrière brutalement remise en cause par une grave blessure à la cuisse droite lors d'un match de double à Roland-Garros en 2019. Il n'avait plus rejoué de la saison à l'époque et n'avait pas été aidé par le coronavirus en 2020 pour reprendre sa marche en avant.
  • Où il en est aujourd'hui
L'Américain a remonté la pente, c'est le moins que l'on puisse dire. Cette semaine, il a d'ailleurs égalé le meilleur classement de sa carrière, 57e, qu'il avait atteint fin avril 2019 avant sa blessure. Il a donc gagné 137 rangs en neuf mois et la saison n'est pas terminée.

Highlights | Lloyd Harris - Mackenzie McDonald

  • Comment il a bondi
En deux temps. D'abord et surtout grâce à une performance aussi inattendue que remarquable à l'Open d'Australie, un peu à l'image d'Aslan Karatsev même s'il s'est arrêté deux tours plus tôt. Alors 192e à l'ATP, il est devenu le joueur le plus mal classé en 17 ans (Guillermo Canas l'avait fait en 2004 alors qu'il était 248e) en seconde semaine à Melbourne, tombant seulement face à Daniil Medvedev en huitième.
Un magnifique résultat sur lequel il a surfé en s'imposant la semaine suivante en Challenger à Nur-Sultan pour se rapprocher du Top 100 (118e alors). Mais il a dû attendre ensuite cinq mois et le retour du dur américain à l'été pour franchir cette barre symbolique. A Washington début août, il a ainsi joué sa première finale sur le circuit ATP, battant au passage Kyrgios, Paire ou Nishikori, avant de faire douter jusqu'au bout Jannik Sinner pour le titre (7-5, 4-6, 7-5).
  • Comment s'annonce la suite ?
Il n'y a aucune raison de le voir s'arrêter en si bon chemin. Ses dernières défaites face à Daniil Medvedev au 2e tour à Cincinnati ou contre Kei Nishikori au même stade à l'US Open, au bout du suspense et des cinq sets, n'ont rien d'infamant. Si le Russe l'avait comparé à Roger Federer à Melbourne pour son tennis agressif, McDonald a bien plus de points communs avec son bourreau japonais de Flushing.
Avec son mètre 78, il ne peut pas compter sur un service redoutable, mais à l'instar de Nishikori, il tient formidablement bien sa ligne de fond et fait preuve d'une belle solidité des deux côtés à l'échange. De là à le voir intégrer le Top 10 comme le Japonais l'avait fait, il y a un pas. Mais le voir parmi les 50 voire 30 premiers dans les semaines à venir ne serait pas surprenant, tant cette seconde chance après sa blessure grave semble le porter.

Mackenzie McDonald à l'US Open en 2021

Crédit: Getty Images

Lorenzo Musetti (Italie - 19 ans)

  • Où il en était début 2021
Comme Carlos Alcaraz, Lorenzo Musetti était l'un des jeunes à suivre de cette saison 2021 qu'il a commencée à la 129e place mondiale. Pourquoi autant d'attente autour de lui ? Tout simplement parce que le jeune Italien avait ébloui à l'automne 2020 en sortant des qualifications du Masters 1000 de Rome, puis en battant successivement Stan Wawrinka et Kei Nishikori, porté par le public du Foro Italico, gagnant pas moins de 69 rangs dans l'affaire (249e avant, 180e après).
  • Où il en est aujourd'hui
Il a indéniablement confirmé les espoirs placés en lui. La voilà bien installé dans le Top 100 (62e), lorgnant même les 50 premières places. Il possède déjà l'une des plus belles mains du circuit et a confirmé que briller sur les plus grands courts faisait en quelque sorte déjà partie de son ADN.

"Avec Musetti, on a peut-être le nouveau Roger Federer"

  • Comment il a bondi
Grâce à plusieurs coups d'éclat. Malgré un premier rendez-vous manqué en Grand Chelem à Melbourne - battu dès le 1er tour des qualifications par Botic Van de Zandschulp -, Musetti a su rapidement se refaire la cerise en Challenger, avant de signaler à nouveau dès le mois de mars sur les courts en dur d'Acapulco où il a enchaîné six victoires entre les qualifs et le tableau principal. Avant de tomber sur un os en demi-finale (sa première en ATP 500) contre Stefanos Tsitsipas.
S'il est donc déjà capable de bien jouer sur dur, Musetti reste un terrien de formation, comme il l'a montré à Lyon où il a encore atteint le dernier carré, échouant de nouveau, mais de peu cette fois face au Grec. Et il s'est surtout distingué en atteignant la seconde semaine dès son premier grand tableau de Majeur à Roland-Garros, où il a même fait trembler Novak Djokovic avant de s'effondrer physiquement (6-7, 6-7, 6-1, 6-0, 4-0 ab.), éblouissant le court Philippe-Chatrier.

Jeu, Set et Maths : Lorenzo Musetti et ses chiffres fous face au top 100

  • Comment s'annonce la suite ?
Dans la raquette, l'Italien de 19 ans a déjà tout ce qu'il faut pour faire partie du gotha du tennis mondial. Par séquences, son tennis, insolent de relâchement, n'est pas sans évoquer celui d'un certain Roger Federer, son idole. Mentalement, il a aussi déjà montré un gros caractère dans le combat, surtout quand il s'est produit dans des tournois-phares. Mais son prochain défi sera celui de la régularité sur le circuit ATP.
Depuis son fameux huitième de finale parisien contre le numéro 1 mondial, Musetti a joué 10 matches pour 8 défaites dont 6 dès son entrée en lice. Il a d'ailleurs dû attendre presque trois mois pour renouer avec la victoire au 1er tour de l'US Open. L'intéressé a révélé dans la Gazzetta Dello Sport avoir perdu la volonté de jouer après une séparation sentimentale difficile et voir depuis un psychologue. Son autre axe de travail devrait être physique pour tenir le bras de fer imposé par les meilleurs. Dans ce domaine, il est en retard sur Alcaraz.

Lorenzo Musetti à Roland-Garros (2021)

Crédit: Getty Images

Benjamin Bonzi (France - 25 ans)

  • Où il en était début 2021
Déjà dans une spirale positive. Si Benjamin Bonzi n'affichait que le matricule 164 en janvier, c'était alors déjà le meilleur classement de sa carrière. Un niveau atteint grâce à de solides performances sur les circuits secondaires en 2020, même si l'interruption du circuit par le Covid-19 avait clairement coupé son élan.
  • Où il en est aujourd'hui
Depuis, Bonzi a fait un bond spectaculaire, doublant une centaine de ses collègues dans la hiérarchie mondiale. Le voilà 64e à l'ATP, bien installé dans un Top 100 dont il se faisait des montagnes depuis qu'il est passé professionnel. Un déclic tardif (à 25 ans) qu'il doit aussi au travail entrepris depuis deux ans avec Lionel Zimbler, auquel il ne manque pas de rendre hommage régulièrement.

"Ex-coach de Paire, tout feu tout flamme: Zimbler y est pour beaucoup dans l'ascension de Bonzi"

  • Comment il a bondi
Avant tout en devenant le roi du circuit Challenger. Cette saison, Benjamin Bonzi a égalé un record. Comme Facundo Bagnis en 2016, Juan Ignacio Chela en 2001 et Younes El Aynaoui en 1998, il peut se targuer d'avoir remporté pas moins de six titres sur le circuit secondaire. Il a surtout réussi une fin d'été époustouflante avec trois sacres consécutifs à Saint-Tropez, Cassis et Rennes, soit 15 victoires de rang.
La performance est d'autant plus intéressante qu'elle est arrivée après une déception : celle de n'avoir pas pu sortir des qualifications à l'US Open. Plus tôt dans l'année, toujours en Grand Chelem, il avait aussi bien rebondi après son élimination d'entrée à Roland-Garros en s'extirpant des qualifs les plus exigeantes du monde à Roehampton (Wimbledon) avant d'atteindre le 2e tour du tableau principal sur le gazon anglais.
  • Comment s'annonce la suite ?
Difficile de se projeter pour Bonzi, tant le circuit ATP et son niveau moyen restent des inconnues pour lui. A court terme, si tenter de conquérir un 7e titre en Challenger en 2021 pourrait être tentant pour devenir seul recordman, son coach considère sûrement à raison qu'il lui faut désormais accumuler de l'expérience à l'échelon supérieur. Multiplier les apparitions en ATP 250 et tenter d'y gagner quelques matches pourrait s'avérer primordial.
Car le plus dur sur le plan mental arrive peut-être pour Bonzi : considérer qu'il est à sa place dans ce Top 100 longtemps inaccessible. Pour y parvenir, il a déjà dû changer en profondeur son état d'esprit et son style de jeu, avançant davantage dans le court pour couper les trajectoires et finir au filet. Sans coup définitif exceptionnel, le joueur de 25 ans devra cimenter sa confiance pour confirmer la saison prochaine qu'il a changé de catégorie.

Benjamin Bonzi à Roland-Garros en 2021

Crédit: Getty Images

Botic Van de Zandschulp (Pays-Bas - 26 ans)

  • Où il en était début 2021
Un joueur de deuxième division qui, à 25 ans, devait commencer à se demander s'il percerait un jour. Cantonné aux challengers, Botic Van de Zandschulp n'avait ainsi jamais remporté le moindre match sur le grand circuit avant cette saison. Il naviguait autour de la 150e place mais déjà sa progression au classement s'était amorcée, discrètement.
  • Où il en est maintenant
Dans le top 100, confortablement puisqu'il apparait au 66e rang, soit un gain de plus de 100 places en un an. De quoi lui assurer une tranquillité inédite pour lui a minima pour les mois à venir. S'il a encore dû disputer les qualifications à Indian Wells, il va pouvoir désormais s'aligner à peu près où il veut quand il veut. Un luxe pour lui.
  • Comment il a bondi
Il est probable que beaucoup aient découvert Botic Van de Zandschulp lors du dernier US Open, où il a atteint les quarts de finale à la surprise générale. Il n'a été stoppé que par le futur vainqueur, Daniil Medvedev. Mieux, il fut le seul à lui prendre un set de toute la quinzaine. Un vrai conte de fées, qui lui a permis de briser le plafond de verre du top 100 pour la première fois.
Pourtant, cela faisait déjà quelque temps que le grand Batave donnait quelques signaux intéressants. A Roland-Garros comme à Wimbledon, il était sorti des qualifications avant de passer un tour dans le grand tableau. A Paris, il avait même sorti Hubert Hurkacz. Il a ensuite connu un été prolifique en challenger, mais c'est évidemment son quart de finale à l'US Open qui a tout changé. Son statut, son image, son classement et, peut-être pour de bon, sa carrière.

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  • Comment s'annonce la suite ?
Sa trajectoire ressemble à celle d'un Karatsev en un peu moins spectaculaire. Le Russe a globalement confirmé depuis. Et lui ? Il est toujours difficile de jauger le potentiel d'un joueur de ce type, à la trajectoire inhabituelle. Où se niche l'anomalie ? Dans le fait qu'il ait galéré pendant des années ? Ou dans son niveau actuel ?
Ce qui nous rassure pour le Néerlandais, c'est qu'il semble hausser son niveau de jeu en fonction de l'adversité. Il l'a dit lors du dernier US Open, il se sent paradoxalement plus à l'aise en jouant contre un Medvedev que contre un 200e mondial en challenger. La transition pourrait donc ne pas être insurmontable pour lui et, à 26 ans, le "succès" se digère peut-être plus aisément qu'à 18 ou 20. Mais pour aller vraiment plus haut, il devra toutefois gommer certaines lacunes, côté coup droit notamment.

Botic Van de Zandschulp.

Crédit: Getty Images

Arthur Rinderknech (France - 26 ans)

  • Où il en était début 2021
Encore loin des 100 meilleurs (178e pour lancer sa saison), mais déterminé à montrer qu'il pouvait faire son trou sur le circuit principal. En Challengers, il avait déjà prouvé sa valeur l'année précédente (deux titres début 2020), avant que l'arrêt des compétitions, Covid oblige, ne le coupe dans son élan comme beaucoup.
  • Où il en est aujourd'hui
Désormais 72e joueur mondial, Arthur Rinderknech n'a jamais été aussi haut depuis qu'il s'est lancé chez les professionnels voici trois ans. Et à la Race, il est même aux portes du Top 50 (51e) et troisième meilleur Français derrière Ugo Humbert (38e) et Benjamin Bonzi (47e), devant Gaël Monfils (55e).

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  • Comment il a bondi
Grâce à une belle régularité sur le circuit ATP, et une maturité certaine dans sa programmation. Pour se mettre dans les meilleures conditions de confiance possible, Rinderknech a commencé 2021 à l'échelon inférieur : issu des qualifications, il est allé au bout du tournoi Challenger d'Istanbul (7 matches gagnés consécutivement) en battant son compatriote Benjamin Bonzi pour le titre. Difficile de rêver meilleur départ.
S'il a échoué au dernier tour des qualifs à Melbourne et connu deux défaites d'entrée pour ses deux premières tentatives sur le circuit principal (Montpellier, Rotterdam), le déclic a eu lieu rapidement à Marseille où, encore issu des qualifications, il a gagné ses deux premiers matches dans un grand tableau pour atteindre les quarts. Bis repetita à Lyon où Jannik Sinner est tombé sous ses coups. Et c'est d'ailleurs grâce à une belle tournée d'été sur terre battue (quarts à Bastad et Gstaad et première demie à Kitzbühel) qu'il s'est installé dans le Top 100.
  • Comment s'annonce la suite ?
Plutôt intéressante si Rinderknech parvient à entretenir cette dynamique. Car le natif de Gassin peut s'exprimer sur tous les terrains du dur indoor à l'ocre, en passant par le gazon où ses armes principales, service et coup droit, font aussi des ravages. Sorti des qualifs à Wimbledon, il a d'ailleurs manqué d'un rien la victoire au 1er tour face à Oscar Otte (battu 13-12 au 5e set).
C'est peut-être d'ailleurs dans la constance au meilleur des cinq sets que le Français a sa plus grande marge de progression. Mentalement, ses quatre années de tennis universitaire américain l'ont bien préparé au circuit. Le scénario de sa victoire au 1er tour de l'US Open contre Miomir Kecmanovic, malgré un handicap de deux sets et des crampes, l'a prouvé de manière flagrante. "Je pense qu'il peut être Top 30, 25 voire 20. Arthur a 2-3 coups hors catégorie, il est grand (1 mètre 96, NDLR) et se déplace très bien pour sa taille", a ainsi estimé ainsi son cousin Benjamin Balleret.

Arthur Rinderknech à Halle en 2021

Crédit: Getty Images

Jenson Brooksby (Etats-Unis, 20 ans)

  • Où il en était début 2021
Loin, très loin. Au-delà de la 300e place au classement. Depuis son petit coup d'éclat à l'US Open 2019 où il avait battu Tomas Berdych au 1er tour (son unique victoire sur le grand circuit jusqu'à cette année), il avait disparu de la circulation. Entre des blessures et le Covid, on ne l'avait pas vu en 2020.
  • Où il en est aujourd'hui
C'est peut-être lui la plus "grosse" explosion de 2021. 315e mondial début février. 232e mi-avril. 163e fin mai. 130e début août. 79e début octobre. Quelle progression pour celui qui, au mois de février, évoluait encore sur le circuit ITF, bataillant avec des joueurs classés entre la 400e et la 500e place. A quelques encablures de son 21e anniversaire, le Californien paraît désormais bien installé dans le top 100.

Jenson Brooksby, le nouvel espoir du tennis américain.

Crédit: AFP

  • Comment il a bondi
En deux temps. Il a d'abord performé sur le circuit challenger au printemps pour s'extraire des profondeurs du classement ATP, avec trois titres et une finale. Puis cet été, il s'est pleinement épanoui lors de la tournée américaine sur dur, cette fois sur le circuit principal. Sa finale à Newport (ATP 250) a enclenché le mouvement, mais c'est surtout à Washington (ATP 500) qu'il a bluffé en atteignant les demies avec des victoires contre Tiafoe, Auger-Aliassime ou Millman.
Ce fut son passeport pour le Top 100, avant un nouveau coup d'éclat, encore plus spectaculaire, lors de l'US Open : deux grosses victoires contre Fritz et Karatsev et un premier huitième de finale majeur, face au patron, Novak Djokovic. Malgré une défaite en quatre manches, le jeune Américain a alors prouvé pendant un set et demi qu'il avait quelque chose de spécial.
  • Comment s'annonce la suite ?
Le plus intéressant dans son match contre Djokovic à Flushing, c'est que Jenson Brooksby a donné l'impression d'être à sa place. Face au meilleur joueur du monde, sur le plus grand court du monde, en session nocturne, il n'a pas eu l'air de s'excuser d'être là. Le jeune homme a une grosse confiance en lui et sait ce qu'il veut.
Tennistiquement, son jeu peu orthodoxe déroute parfois, mais il a tout pour devenir un joueur complet. Il sait varier, défendre, faire déjouer. Parmi ses axes de progrès, son service. Pour un gaillard de 193 centimètres, ce coup doit devenir une arme plus importante et plus systématique. Il doit aussi s'étoffer physiquement. Mais Brooksby est un "matcheur" et un ambitieux. A court terme (fin 2021, début 2022), il ne serait pas étonnant de le voir intégrer le top 50, avant d'aller voir plus haut.

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