Il était favori et il a assumé son statut. Alexander Zverev a renoué avec un titre en Masters 1000 dimanche pour la première fois depuis trois ans au même endroit, dans la Caja Magica de Madrid. Souverain toute la semaine, avec entre autres des succès marquants sur Rafael Nadal et Dominic Thiem, les deux meilleurs joueurs sur terre battue de ces dernières années, l'Allemand a eu la tâche beaucoup plus difficile face à Matteo Berrettini mais n'a jamais paniqué pour l'emporter finalement en trois sets (6-7, 6-4, 6-3) et 2h40 d'empoignade. Il s'agit du 4e titre en Masters 1000 pour lui.
L'affiche promettait un duel de cogneurs, elle n'a pas déçu. Dans les conditions madrilènes en altitude qui font davantage "voler" les balles comme l'expliquait Rafael Nadal cette semaine, Alexander Zverev et Matteo Berrettini se sont appuyés sur leurs qualités de grands serveurs. Pour sa première finale en Masters 1000, l'Italien a d'ailleurs confirmé qu'il n'était pas là par hasard, se montrant même le plus entreprenant sur le court Manolo Santana (32 coups gagnants à 16). Mais sur la longueur, la solidité et l'expérience de ces grands rendez-vous de l'Allemand ont fini par payer.
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De la fébrilité mais pas de panique

Pourtant, Zverev n'a pas toujours été d'une sérénité à toute épreuve. Les failles du grand Sascha sont connues et il en a encore fait étalage. Comme lors de cette prise de risque insensée à 8 points partout dans le tie-break irrespirable du premier set : une tentative d'ace sur une seconde balle frappée à pleine puissance (bien au-delà des 200 km/h) qui s'est métamorphosée en double faute rédhibitoire. En un coup synonyme d'aveu de faiblesse et de fébrilité, il a anéanti 1h10 d'efforts dans ce premier set et une remontée de cinq points (il était mené 5/0, triple mini-break contre lui) dans ce même jeu décisif.
Mais le numéro 6 mondial est aussi imprévisible que déroutant. Et loin de s'effondrer, il s'est attaché à rester solide sur ses engagements pour attendre son heure. Berrettini a continué à faire le jeu, de son côté. Il a même débuté le second acte par trois jeux blancs d'affilée sur son service, dans le sillage d'un coup droit percutant qui a souvent désarçonné Zverev. L'Italien a également usé de son slice court de revers à bon escient pour perturber son adversaire tactiquement avec ses changements de rythme. Mais peu à peu, son tennis s'est légèrement délité et à 4 jeux partout, après quelques bévues en coup droit, il a cédé son engagement sur sa première double faute.

Alexander Zverev

Crédit: Getty Images

Berrettini a fait le jeu... et les fautes

La suite et la fin de la partie ont répondu à une certaine forme de logique. Certes, Berrettini a bien obtenu la première balle de break de l'ultime acte à 2-1 en sa faveur. Mais Zverev ne lui a pas laissé la moindre chance de la convertir d'un coup droit décroisé autoritaire. Et dans le jeu suivant, la capacité de l'Allemand à relancer, à faire jouer son rival, à anticiper également ses amorties, a eu raison de l'Italien, auteur de 50 fautes directes.
Dimanche soir, Zverev n'a pas enchanté par son tennis offensif, ni subjugué comme il l'avait fait contre Nadal en quart de finale. Mais il a gagné, à l'usure et surtout à la constance. Et même si les conditions madrilènes conviennent particulièrement bien à son style de jeu, l'Allemand en retirera sûrement pas mal d'enseignements et de confiance avant Rome, et surtout Roland-Garros où il compte bien dépasser le stade des quarts de finale, son plafond de verre.
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