Le ciel reste sans nuage pour Rafael Nadal à Madrid. Au lendemain de la leçon administrée à son jeune compatriote Carlos Alcaraz, la tête de série numéro 1 du Masters 1000 espagnol n’a eu aucun mal à tenir son rang jeudi. En huitième de finale, il a écarté sans forcer l’Australien Alexei Popyrin, 76e à l’ATP, en deux sets (6-3, 6-3) bien maîtrisés et 1h20 de jeu sur le court Manolo Santana. Le Majorquin a ainsi confirmé son invincibilité contre des joueurs issus des qualifications (40 victoires désormais) sur terre battue, et affrontera soit Alexander Zverev, soit Daniel Evans pour une place dans le dernier carré du tournoi.
Alexei Popyrin y aura peut-être cru trois minutes. Le temps pour lui de rafler les 7 premiers points de ce match de gala qui l'opposait à l'ogre de l'ocre, et d'obtenir trois balles de break d'entrée. Malheureusement pour lui, en ne saisissant pas ces opportunités, il a permis bien involontairement au Taureau de Manacor de se lancer dans l'arène, et l'animal ne lui a presque plus rien laissé. Que de progrès ainsi réalisés par Rafael Nadal depuis ses premiers tours à Barcelone voici deux semaines ! On a beau connaître le schéma par coeur, le reproduire à l'infini de cette manière ne peut laisser indifférent.
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Popyrin a manqué de rigueur et l'a payé cher

Pourtant saoulé de coups d'entrée donc, le Majorquin n'a pas paniqué. Et malgré le manque de rythme à l'échange, il a su faire preuve d'une grande autorité. Il faut dire que Popyrin lui a aussi (un peu) facilité la tâche. Aussi percutant qu'irrégulier, l'Australien a montré des lacunes dans l'application et la rigueur qui ne pardonnent pas face au quintuple vainqueur du tournoi. Certes, il a frappé quasiment deux fois plus de coups gagnants que Nadal (20 à 11), mais il a commis plus d'erreurs (20 à 15) et s'est surtout montré bien moins solide dans les moments importants : il a obtenu 6 balles de break, comme son adversaire, mais n'en a converti qu'une contre 4 à l'Espagnol.
Popyrin a montré qu'il avait les coups, la puissance et l'explosivité pour faire mal à Nadal, mais il a cruellement manqué de continuité dans son jeu. Combien de retours rapides et profonds gâchés par des seconds coups en dilettante ? Surtout, l'Australien a aussi fait étalage de ses failles dans le secteur défensif. Dès qu'il a été contraint à reculer, il a presque systématiquement perdu le point dans la foulée. Car c'est ainsi sur terre battue : face à l'ogre de l'ocre, les faiblesses sont immanquablement révélées au grand jour. En enchaînant cinq jeux de 4-3 à 6-3, 3-0, le Majorquin a mis définitivement la main sur la partie.
Et Nadal est vraiment monté en puissance dans le second acte. Très autoritaire sur ses mises en jeu (64 % de premières, 60 % de réussite derrière la seconde, un ace et aucune double faute), il a montré que ses soucis dans ce secteur à Monte-Carlo étaient bien derrière lui. Il a également lâché par séquences son prodigieux coup droit long de ligne, signe de confiance chez lui, sous les yeux admirateurs des anciennes légendes du Real Madrid Ronaldo Nazario "R9" et Luis Figo dans les tribunes de la Caja Magica. De quoi renforcer encore sa confiance avant de voir certainement le niveau de ses adversaires monter sérieusement.

Rafael Nadal célèbre sa victoire conrte Alexei Popyrin lors du Masters 1000 de Madrid

Crédit: Getty Images

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