ATP Madrid - "Un match que tout le monde attend" : Carlos Alcaraz contre Alexander Zverev, la finale avant l'heure ?

On espérait les retrouver plus loin dans le tableau, mais Carlos Alcaraz et Alexander Zverev vont bien croiser le fer en huitièmes de finale du Masters 1000 de Madrid, ce mardi. L'année dernière, le n°2 mondial avait dompté l'Allemand en finale, trois semaines avant d'être terrassé par lui en quarts à Roland-Garros. Les retrouvailles entre les deux hommes, qui s'apprécient, s'annoncent brûlantes.

Alexander Zverev et Carlos Alcaraz lors de leur duel à Roland-Garros 2022

Crédit: AFP

L'heure des retrouvailles a sonné. Carlos Alcaraz et Alexander Zverev, opposés ce mardi en huitièmes de finale du Masters 1000 de Madrid, nous avaient offert deux affrontements de haute volée en 2022. Souvenez-vous, l'Espagnol s'était adjugé assez facilement la première manche dans la capitale espagnole, sur le court Manolo Santana, en terrassant l'Allemand en finale (6-3, 6-1) pour décrocher son cinquième titre ATP et son deuxième M1000 après Miami. Trois semaines plus tard, ce dernier lui avait rendu la monnaie de sa pièce en quarts de finale de Roland-Garros, au terme d'un match exceptionnel (6-4, 6-4, 4-6, 7-6) qui avait duré 3 heures et 18 minutes.
C'était il y a un an, ce qui, dans le sport, représente une éternité. Après cette rencontre dantesque qui avait laissé le Philippe-Chatrier pantois, Zverev s'était déchiré plusieurs ligaments de la cheville contre Rafael Nadal sur l'ocre parisien et avait observé sept mois d'arrêt. Alcaraz, lui, garnissait son palmarès de quatre nouveaux titres dont son premier tournoi du Grand Chelem à l'US Open.
Mardi, apparaîtront donc sous nos yeux deux hommes à des années-lumières de ceux qui ont croisé le fer en 2022. "Ce sera totalement différent", a convenu l'Espagnol en conférence de presse.

Zverev monte en puissance

Son adversaire a fait son retour en compétition en Australie, début janvier, après une apparition à la Diriyah Cup (Arabie saoudite) en décembre. Eliminé sans gloire des premiers tournois de l'année, le temps de retrouver ses sensations sur les courts, Zverev a atteint le dernier carré de l'ATP 500 de Dubaï puis les seizièmes de finale d'Indian Wells, livrant quelques indications sur son niveau.
Mais, dans le fond, ce que l'on attendait le plus, c'était de revoir l'Allemand à l'œuvre sur terre battue. Appréhension, pas appréhension ? Il semblerait que non. Déjà parce qu'il nous l'a dit en interview, affirmant avoir eu "besoin d'un peu plus de temps que d'habitude pour être à nouveau à l'aise, pour glisser normalement, pour (me) déplacer. Mais je sens qu'avec le temps, ça va revenir". De plus, ses résultats sur l'ocre confirment sa progression.
Ses premiers pas à Monte-Carlo ont été plus qu'encourageants avec une élimination in extremis en huitièmes de finale contre Daniil Medvedev (3-6, 7-5, 7-6[7]). Et s'il a pris la porte rapidement dans la fraîcheur de Munich contre Christopher O'Connell (82e à l'ATP), le n°16 mondial s'est chargé de rassurer en terre espagnole.
Madrid, c'est chez lui. Les éditions 2018 et 2021 tombées dans son escarcelle, Zverev est reparti à la chasse au titre dans un lieu qu'il adore. Expédif samedi contre le Français issu des qualifications Hugo Grenier (6-1, 6-0 en 58 minutes), il avait clamé son amour : "Je me sens bien ici, j'ai hâte d'être à la semaine prochaine. J'aime jouer à Madrid, c'est un endroit qui me donne confiance et je me réjouis de la longue semaine à venir. Je crois que je n'ai perdu qu'un seul match au Manolo Santana durant toute ma carrière." Et ce match, c'est la fameuse finale concédée à Alcaraz.

Alcaraz en mission avant Roland-Garros

La stature de la nouvelle coqueluche espagnole a gagné en épaisseur. "Carlitos" arrive lancé, malgré quelques blessures qui ont émaillé sa fin de saison 2022 et l'ont empêché de disputer le Rolex Monte-Carlo Masters. Depuis son premier sacre à Madrid, l'Ibérique de 19 ans (il soufflera sa vingtième bougie vendredi) a tout raflé ou presque : finaliste à Hambourg, Umag et Rio, il a été titré à l'US Open - plus jeune joueur à remporter un tournoi du Grand Chelem depuis Nadal -, à Buenos Aires, à Indian Wells et à Barcelone, pas plus tard que la semaine dernière, face à Stefanos Tsitsipas.
Dans sa quête du doublé madrilène, Alcaraz est porté par une plus grande ambition : un sacre à domicile le placerait à cinq points de Novak Djokovic au classement ATP et l'aiderait à redevenir N.1 mondial avant Roland-Garros. Comme Zverev, il s'est fait peur pour son entrée en lice. Malmené par Emil Ruusuvuori, il a inversé la tendance en conservant son jeu agressif (2-6, 6-4, 6-2). Grigor Dimitrov ne lui a pas posé autant de problèmes (6-2, 7-5), et l'Espagnol pouvait sereinement se projetter vers le choc tant attendu : "J'ai vraiment envie de jouer ce match (contre Zverev). Je veux montrer mon meilleur tennis devant mon public. J'ai de bons souvenirs de la finale de l'année dernière, mais je dois rester concentré face à un tel joueur, très agressif et avec un super service."
Surtout que Zverev est l'une de ses bêtes noires. Outre Roland-Garros, l'Allemand l'a déjà vaincu à deux autres reprises (Acapulco 2021, Vienne 2021), contre un succès au crédit de "Carlitos". "Il m'a même battu dans le set d'entraînement qu'on a disputé ici", complétait Alcaraz, éternel compétiteur. Voilà qui promet, même si l'Espagnol s'avance logiquement en favori compte tenu de sa forme actuelle. "C'est un match que tout le monde attend avec impatience. Ce sera difficile", a concédé Zverev.
Dans tous les cas, le vainqueur frappera un grand coup. Non seulement il éliminera un favori à la victoire finale mais, à l'heure où Nadal n'a toujours pas repris la compétition depuis l'Open d'Australie et où Djokovic oscille entre désillusions et inconnues sur terre battue, le gagnant enverra un gros signal à trois semaines de Roland-Garros.
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