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Cilic, Tsitsipas, Wawrinka : Ils prennent rendez-vous dans l’autre jardin anglais

Cilic, Tsitsipas, Wawrinka : Ils prennent rendez-vous dans l’autre jardin anglais

Le 15/06/2019 à 14:23Mis à jour Le 17/06/2019 à 10:06

ATP QUEEN’S – Véritable anti-chambre de Wimbledon, le Queen’s s’est imposé depuis plus d’un siècle comme la répétition idéale sur gazon avant le Majeur anglais. Si aucun joueur du top 5 ne s’y est aligné cette année, ils seront nombreux à vouloir faire tomber Marin Cilic, tenant du titre, cette année.

FEVER-TREE CHAMPIONSHIPS

Catégorie : ATP 500
Pays : Angleterre
Dates : 17-23 juin
Surface : Gazon
Dotation : 2 081 830 euros
Tenant du titre : Marin Cilic

Le Queen’s est l’un des plus anciens tournois du monde. Depuis 1890, il se tient tous les ans (sauf lors des deux conflits mondiaux et entre 1974 et 1976) sur le mythique gazon du Queen’s Club dans le quartier de West Kensington à Londres. Considérée comme la plus prestigieuse sur herbe derrière Wimbledon, l’épreuve est le lieu idéal pour préparer le troisième Grand Chelem de l’année dont le coup d’envoi est donné huit jours après.

Dans l’ère Open, sept joueurs ont au moins réussi une fois le doublé Queen’s-Wimbledon : les Américains John McEnroe (1981, 1984), Jimmy Connors (1982) et Pete Sampras (1995, 1999), l’Allemand Boris Becker (1985), l’Australien Lleyton Hewitt (2002), l’Espagnol Rafael Nadal (2008) et l’Ecossais Andy Murray (2013, 2016). Lorsque la saison sur gazon a été rallongée en 2015, le tournoi est passé du statut d’ATP 250 à celui d’ATP 500. Il a même été élu par les joueurs meilleure épreuve de cette catégorie en 2018. Son court central peut accueillir près de 9000 spectateurs depuis que plus de 2000 places ont été ajoutées à sa capacité d’origine (6651 places) en 2017.

Court central du Queen's en 2018

Court central du Queen's en 2018Getty Images

Les forces en présence

Aucun des trois monstres (Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer) ne participe au Queen’s cette année. Mais le gazon londonien n’en est pas pour autant déserté : sept joueurs figurant dans l’actuel top 20 sont engagés dans le tournoi. Stefanos Tsitsipas, 6e au classement ATP, en sera la tête de série numéro 1. Eliminé d’entrée à S-Hertogenbosch, le Grec tentera de se rattraper et de glaner de précieuses victoires dans l’optique de Wimbledon. Un deuxième membre du top 10 sera de la partie : Kevin Anderson. Le Sud-Africain, qui a zappé le printemps sur terre battue en raison de sa blessure au coude, reprend la compétition après trois mois loin des courts et espère trouver rapidement ses repères, lui qui doit défendre une finale au All England Club dans deux semaines.

L’Argentin Juan Martin Del Potro sera également au rendez-vous, tout comme le Croate Marin Cilic, tenant du titre, qui compte bien relancer une saison bien morose jusqu’alors. Le Russe Daniil Medvedev, qui reste sur quatre défaites d’entrée (Madrid, Rome, Roland-Garros, Stuttgart), voudra casser cette série noire après un très bon début de saison. Auteur d’un bon tournoi de reprise à Stuttgart, le Canadien Milos Raonic y peaufinera ses réglages sur herbe, tandis que le Suisse Stan Wawrinka, qui vient d’ajouter Daniel Vallverdu à son équipe, sera également à surveiller après son prometteur quart de finale à Roland-Garros. Félix Auger-Aliassime, qui a déjà montré de belles aptitudes sur gazon, et Denis Shapovalov pourraient enfin faire des dégâts.

Le tableau

Le tirage au sort a réservé de bien belles affiches, aucune tête de série ne bénéficiant d’exemption au 1er tour. Stefanos Tsitsipas devra ainsi se méfier de Kyle Edmund pour son entrée en lice. Même topo pour Kevin Anderson et Stan Wawrinka de l’autre côté du tableau respectivement opposés à deux autres Britanniques dangereux sur gazon, Cameron Norrie et Daniel Evans. Mais ces matches font pâle figure quand on les compare aux autres chocs qui attendent les spectateurs. Félix Auger-Aliassime, déjà très à son aise à Stuttgart, croisera ainsi le fer contre Grigor Dimitrov, apparu en net progrès à Roland-Garros.

Un duel explosif attend Juan Martin Del Potro face à l’autre jeune Canadien Denis Shapovalov. Le tenant du titre Marin Cilic débutera, quant à lui, face au Chilien Cristian Garin qui a bien failli battre Borna Coric en quart de finale à Stuttgart. Côté français, Adrian Mannarino aura fort à faire face à Nick Kyrgios (si l’Australien a envie de jouer) et Jérémy Chardy pourrait retrouver Tsitsipas au 2e tour s’il se défait de Mikhail Kukushkin. S’ils franchissent le 1er tour, Lucas Pouille et Gilles Simon pourraient respectivement affronter Daniil Medvedev (qui devra se débarrasser de Fernando Verdasco d’abord) et Kevin Anderson.

Les quarts de finale théoriques :

Stefanos Tsitsipas (GRE/N°1) - Félix Auger-Aliassime (CAN/N°8)
Juan Martin Del Potro (ARG/N°3) - Milos Raonic (CAN/N°6)
Marin Cilic (CRO/N°5) - Daniil Medvedev (RUS/N°4)
Stan Wawrinka (SUI/N°7) - Kevin Anderson (RSA/N°2)

Trois moments marquants

1998 : La sensation Draper. C’est sûrement l’une des victoires les plus improbables de l’histoire du tournoi, du moins dans l’ère Open. A ce jour, Scott Draper reste le champion le moins bien classé des quarante dernières éditions. Gaucher et doté d’un beau revers à une main d’attaquant, l’Australien se fraie un chemin vers la finale en prenant le meilleurs sur trois de ses compatriotes notamment dont Patrick Rafter au 2e tour et Mark Woodforde, tombeur de Pete Sampras, en demi-finale. Après une semaine largement perturbée par la pluie, il s’octroie le trophée face au surprenant Italien Laurence Tieleman, issu des qualifications et 253e à l’ATP, qui s’était offert entre autres le scalp de Tim Henman. Ce titre restera le seul de la carrière de Draper.

Scott Draper au Queen's en 2018

Scott Draper au Queen's en 2018Getty Images

2008 : Nadal en route vers le doublé. Cette année 2008 restera à jamais gravée dans la carrière du Majorquin car c’est celle qui l’aura vu détrôner pour la première fois Roger Federer. Dans la foulée de sa démonstration à Roland-Garros, Rafael Nadal décroche son premier titre sur gazon. Au Queen’s, son parcours n’a rien d’une promenade de santé : il triomphe d’un tout jeune Kei Nishikori en trois sets au 2e tour avant de s’en sortir d’un rien face au géant croate Ivo Karlovic (6-7, 7-6, 7-6) en quart et de prendre le meilleur sur Andy Roddick dans le dernier carré. En finale, il domine Novak Djokovic (déjà) en deux sets tendus (7-6, 7-5).

2016 : Murray s’offre le record. C’est le début d’une seconde partie de saison historique pour l’Ecossais. Devant un public acquis à sa cause, Andy Murray va chercher un 5e titre record sur le gazon londonien, effaçant des tablettes McEnroe, Becker, Hewitt et Roddick qui avaient glané quatre fois chacun le trophée avant lui. Tête de série numéro 1, il ne s’amuse pas : il doit aller au bout des trois sets pour s’imposer face à Edmund (6-4, 3-6, 6-1) en quart, Cilic (6-3, 4-6, 6-3) en demie et, enfin, Raonic (6-7, 6-4, 6-3) en finale. Ces victoires arrachées au forceps lui donnent la confiance nécessaire pour réaliser le deuxième doublé anglais de sa carrière à Wimbledon après 2013 dans la foulée.

Trois chiffres à retenir

35. A 35 ans, l’Espagnol Feliciano Lopez est devenu le champion le plus âgé de l’histoire du tournoi en 2017. Le plus jeune à ce jour à s’y être imposé reste l’Allemand Boris Becker, titré en 1985 à 17 ans.

42. John McEnroe détient le plus grand nombre de matches gagnés sur le gazon londonien. L’Américain a levé les bras à 42 reprises pour 4 trophées décrochés (1979, 1980, 1981 et 1984).

7. Marin Cilic tentera de devenir le 8e joueur à parvenir à défendre son bien dans l’ère Open sur le gazon londonien. Avant lui, sept joueurs y sont parvenus : John McEnroe, Jimmy Connors, Boris Becker, Ivan Lendl, Lleyton Hewitt, Andy Roddick et Andy Murray.

Le joueur à suivre : Kevin Anderson

Une fois de plus, Andy Murray sera la grande attraction du Queen’s. L’Ecossais y fait son retour sur les courts, cinq mois après sa dernière apparition lors de l’Open d’Australie et sa lourde opération à la hanche. Et si ce n’est qu’en double au côté de Feliciano Lopez, il y a fort à parier qu’il monopolisera l’attention. Mais il ne sera pas le seul revenant du tournoi : Kevin Anderson y fait également son grand retour en simple, lui qui n’a plus été vu raquette en main depuis le Masters 1000 de Miami en mars. Grand serveur et très puissant côté coup droit, le Sud-Africain fait partie des candidats au titre, mais après une si longue absence, son état de forme pose question. Sera-t-il enfin débarrassé de ses soucis au coude ? Finaliste à Wimbledon l’an dernier, Anderson sait que ce retour sur gazon peut le relancer cette saison, ou au contraire lui faire perdre pied au classement.

Kevin Anderson lors du Masters 1000 de Miami

Kevin Anderson lors du Masters 1000 de MiamiGetty Images

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