Le tenant du titre arrive dans ses petits souliers au Foro Italico. A l’instar de Rafael Nadal, les résultats du numéro 1 mondial sur terre battue cette saison sont, au moment où nous écrivons, bien en deçà de ce à quoi l’intéressé avait (mal) habitué les observateurs attentifs du circuit. Une sortie de route surprise dès les huitièmes de finale à Monte-Carlo et une défaite en forme de camouflet en demi-finale chez lui à Belgrade après un énorme combat face à Aslan Karatsev ont terni son bilan parfait du début de saison sur dur. A tel point que le Serbe débarque dans la capitale italienne avec plus de questions que de certitudes cette semaine.
Si certains s’inquiètent de la forme actuelle de son grand rival majorquin, force est de constater que le Djoker ne donne pas plus de garanties, loin s’en faut. Il est d’ailleurs le premier à le reconnaître. "Je n'ai pas eu beaucoup de matchs. Je n'ai pas très bien joué à Monaco et à Belgrade, mais j'espère que cela va changer ici à Rome et ensuite à Belgrade avant Roland-Garros. Quatre tournois avant Roland, je pense que c'est suffisant", a-t-il expliqué en conférence de presse d’avant-tournoi.
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Impasse à Madrid et Belgrade avant Roland : une programmation inédite qui interroge

Quel que soit le scénario dans la capitale italienne, Djokovic a donc prévu de jouer le deuxième ATP 250 de Belgrade, la semaine précédant le Majeur parisien. Un choix de programmation surprenant, tant les cadors sont habitués à utiliser les jours avant un tel rendez-vous pour peaufiner les derniers détails et s’acclimater aux conditions de jeu de la future quinzaine. La dernière fois que le Serbe avait pris une décision équivalente, c’était en 2017 quand il avait joué et gagné le tournoi sur gazon d’Eastbourne avant d’abandonner en quart de finale à Wimbledon. Mais il traversait alors une période de doute importante.
S’il manque un peu de compétition avant de lancer sa campagne romaine, Djokovic le doit à un autre choix dont il n’est pas coutumier : son impasse sur le Masters 1000 de Madrid. Touché physiquement après sa défaite à Belgrade, il a opté pour le travail de l’ombre. "Il a peut-être senti qu’il avait des choses à régler. Au lieu de faire énormément de matches, il a choisi de privilégier l’entraînement. Sachant que Madrid est vraiment un tournoi particulier au niveau des conditions, ce n’est pas choquant. Les sensations n’ont rien à voir : les balles volent, le rebond est super haut et contre des grands serveurs, il faut sauter pour retourner. S’il se sentait moyennement, il valait mieux continuer sa préparation plutôt que d’essuyer une autre défaite qui l’aurait fait peut-être douter davantage", observe Camille Pin.

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Rome, l'endroit idéal pour se relancer

A Rome, Djokovic retrouve au contraire des courts sur lesquels il a l’habitude de très bien s’exprimer, lui qui a remporté cinq fois l’épreuve, dont sa dernière édition à l’automne dernier. Et pour commencer, il n’aura pas à se coltiner à nouveau le revers slicé de Daniel Evans dans lequel il s’était embourbé à Monte-Carlo. Alors que des retrouvailles étaient possibles, Taylor Fritz a balayé le Britannique (6-3, 6-2) au 1er tour, lundi. Le style de l’Américain aux frappes beaucoup plus franches et à plat convient mieux au "Djoker" qui l’avait d’ailleurs battu à Monte-Carlo voici deux ans. Il s’agira aussi d’une revanche du fameux 3e tour de l’Open d’Australie au cours duquel le Serbe s’était blessé aux abdominaux avant de l’emporter en cinq sets.
Pour préparer son entrée en lice, Djokovic a d’ailleurs partagé une séance d’entraînement avec son vieux rival Andy Murray, lundi. Le Serbe y est apparu détendu, comme sûr de sa force. Mais s’il venait à passer l’obstacle Fritz, la suite s’annonce pour le moins corsée avec un éventuel quart de finale contre Stefanos Tsitsipas, vainqueur à Monte-Carlo et finaliste à Barcelone. "Tsitsipas, Zverev, Berrettini, Rublev gagnent contre nous (le Big 3, NDLR), jouent beaucoup et montent au classement. Medvedev aussi, bien sûr, se bat pour les premières places, tout comme Thiem qui est là depuis plusieurs années. Les changements dans le haut du classement vont arriver. Que ce soit dans un mois, un an ou autre, je ne sais pas, mais c’est inévitable", a-t-il considéré.

Novak Djokovic et Andy Murray à Rome en 2021

Crédit: Getty Images

Lâcher du lest en Masters 1000 pour frapper fort en Grand Chelem

Le Serbe le sait, sa marge en Masters 1000 n’est plus aussi grande, surtout en ces temps de pandémie qui lui ont donné un aperçu de sa future vie loin du circuit. Et Djokovic ne cesse de le répéter, à presque 34 ans, ses priorités sportives ont changé. "Personnellement, le classement n'a plus autant d'importance, je fais davantage attention à mon jeu en vue des tournois du Grand Chelem. Vous savez, ce sont les tournois les plus importants à ce stade de ma carrière. J'ai eu le record de semaines en tant que n°1, maintenant je me concentre sur les Grand Chelems. Donc je travaille ma condition physique et je construis mon jeu lentement, étape par étape, pour être au top à Paris. C'est là que je veux donner le meilleur de moi-même."
S’il compte bien défendre son titre à Rome et montrer qu’il monte en puissance, le Djoker n’a donc qu’une obsession : se rapprocher encore un peu plus de ses deux grands rivaux Rafael Nadal et Roger Federer dans la course aux Grands Chelems, et ce dès Roland-Garros. "Il est en train de se faire une caisse physique en ce moment. C’est ce qu’exige la terre battue. Et comme il ne fait pas partie des joueurs les plus puissants même si c’est l’un des plus résistants, Djoko a besoin d’un temps d’adaptation niveau cardio. Je pense que l’enjeu le rendra plus vigilant : il peut se faire planter sur un Monte-Carlo ou sur un Rome, moins sur un Roland", résume notre consultante.
Dans cette optique, une éventuelle sortie de route précoce en Italie toucherait peut-être sa confiance mais ne le ferait pas paniquer. C’est l’apanage des monstres du jeu.

Novak Djokovic et Andy Murray à Rome en 2021

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