Toni et l'avenir de Nadal

Toni et l'avenir de Nadal
Par Eurosport

Le 04/12/2008 à 08:15Mis à jour

L'ouverture sur le monde. C'est ce que préconise Toni Nadal à son poulain Rafael pour voir l'avenir de façon plus sereine, après une vie de joueur professionnel accomplie auprès de son oncle. Et d'aucun autre entraîneur pour l'instant. Troisième volet de

INTERVIEW TONI NADAL - TROISIEME PARTIE

Parlez-vous de l'avenir tous les deux. Sportivement, comment les choses peuvent-elle évoluer avec Rafael ?

T.N. : "Non, non, non, nous ne parlons pas de l'avenir. Je suis beaucoup plus simple : si le service ne fonctionne pas, je travaille le service. Et si avec moi ça ne va pas, alors j'écouterai peut-être l'avis d'un autre qui me dira "Ah, mais tu sais, on peut faire ça". Pas de problème ! Il s'est passé une chose, en rentrant de l'Open d'Australie, il y a deux ans. Rafa avait perdu contre Fernando Gonzalez, il n'avait pas bien joué. Avant de partir de Majorque, nous avions travaillé telles et telles choses. Et en arrivant en Australie, on a fait... le contraire... Donc en rentrant, je lui ai dit "Peut-être que tu dois chercher quelqu'un qui peut t'aider".

Vous vous êtes donc remis en question, et vous lui avez proposé spontanément de suivre les conseils d'un autre entraîneur ?

T.N. : "Moi, il n'y a pas de problème. Je lui ai proposé ça, parce que je crois que deux paires d'yeux voient plus de choses qu'une ! Et peut-être que moi je peux te dire une chose, alors qu'un autre t'en dira une autre, tiendra un discours différent. Je sais que le tennis est très simple : mettre la balle là où il faut. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Tout est simple dans le sport. Mais parfois, c'est peut-être bien que quelqu'un te dise autre chose que ce que tu as l'habitude d'entendre."

"J'ai dit à Rafa : "Tu veux peut-être que l'on demande à Higueras ?", et lui de répondre: "Pfff...". Il n'était pas franchement emballé. J'ai essayé d'autres fois, quand nous étions à la maison, de lui dire "ce serait peut-être bien qu'Higueras te donne des conseils, te dise quelques chose" ; parce qu'il devait aller à Indian Wells, et qu'Higueras n'habite pas très loin de là. Il m'a encore répondu : "Hum... non, non..." Donc j'ai dit : "Bien. Au moins, parle avec lui. On doit être bien avec lui, entretenir de bons rapports, parce que j'ai discuté avec lui, et je lui ai dit que peut-être..."

"Toute ma vie, j'ai entraîné Rafael. Et je peux vous dire qu'il s'est toujours remis, lui, en question. Pas l'entraîneur, pas le physio, pas les balles, pas la raquette... Lui. Lors de cette discussion, il m'a dit "C'est moi qui sais ce que je dois faire, pas un autre. Je suis tranquille comme ça, et je le gère bien moi-même."

Souvent, grandes carrières et grands duos joueur/entraîneur vont de paire. Ceux qui ont réussi pouvaient s'appuyer sur un environnement très stable. Une caractéristique que l'on retrouve avec Rafa...

T.N. : "Qu'est-ce qu'a fait Rafael ? Une chose très simple. C'est mon idée de la vie et du sport. Quand tu es petit, tu joues à cache-cache. Là, c'est la même chose : le tennis est un "jeu". Rafa a le même entraîneur, le même préparateur physique depuis des années, un physio de chez nous, de Manacor. Si tu as un peu de sentiments communs, que tout le monde dans l'équipe a la même conception des choses, et le même but, ce n'est pas très difficile. Et s'il y a un problème, il ne faut pas reporter la faute sur l'extérieur."

Estimez-vous que les joueurs soient bien préparés à leur future reconversion ?

T.N. : "Ça dépend de chacun. Rafael a fait des études, mais a dû arrêter très tôt, à 16 ans, lorsqu'il a commencé à beaucoup jouer. Moi aussi, j'ai fait des études. Sans les terminer, mais ce n'est pas ça l'important. Le problème, ce n'est pas d'étudier ou pas. L'important, c'est de s'intéresser au monde, aux choses. D'avoir l'esprit ouvert. De venir ici, s'intéresser aux choses, savoir si, en France, il y a Sarkozy ou Jospin..."

"S'intéresser au monde dans lequel on vit. Si tu as cet intérêt, et que tu es une personne normale, alors je crois que quand ta carrière est finie, tu peux faire une autre chose, pas de problème. Le problème, c'est si tu crois que la vie se limite au monde de tennis, que c'est seulement ça... (soupir) A ce moment là, effectivement, peut-être que ce sera dur pour toi."

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