UN CONTEXTE DIFFERENT
. Pendant quatre ans et demi, de février 2004 à août 2008, Roger Federer a dominé outrageusement le circuit, accumulant 12 (puis 13 en septembre 2008) titres du Grand Chelem. Depuis début 2008, la poussée d'une nouvelle génération, emmenée par Rafael Nadal, a bousculé les plans de celui qui était sur le point de devenir le plus grand joueur de l'histoire. En six mois, le Suisse a perdu son trône. En un an, il a perdu deux titres, et trois finales de Grand Chelem sur quatre au profit d'un seul joueur : Rafael Nadal. Ce dernier a beau répéter que Federer est le meilleur, il n'a plus perdu face à lui depuis 2007 (à Wimbledon, soit 13 victoires et 6 défaites au total).
. Peut-on imaginer une ère Nadal après l'ère Federer ? Non car le climat du circuit a changé. Les "dinosaures" neutralisés par Roger au sommet de son art (Hewitt, Roddick, Ferrero, Nalbandian, Safin par exemple), ont laissé la place à de jeunes plantes carnivores. Si "Rafa" veut faire aussi bien que "Rodgeur", il doit cette fois-ci composer avec des joueurs de son âge, moins précoce mais en pleine ascension : Novak Djokovic, Andy Murray, Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Juan Martin Del Potro, Gilles Simon, pour se limiter à ces six-là, dont trois comptent d'ailleurs tous une victoire de choix sur le N.1 mondial :
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Nadal: "C'était mon rêve!"
02/02/2009 À 07:15
Novak Djokovic, 21 ans : toujours battu par Nadal en Grand Chelem mais vainqueurs quatre fois en Masters Series (Miami, Canada, Indian Wells, Cincinnati).
Andy Murray, 21 ans : victoire en demi-finale de l'US Open 2008.
Jo-Wilfried Tsonga, 23 ans : victoire en demi-finale de l'Open d'Australie 2008.
Gilles Simon, 24 ans : victoire en Masters Series (Madrid).
PEUT "MIEUX FAIRE"
. A 22 ans, Rafael Nadal a fait aussi bien que Bjorn Borg : gagner six titres du Grand Chelem. Au même âge, Roger Federer venait de remporter son premier titre à Wimbledon. Quand le Suisse achoppe sur la plus célèbre motte de terre de la Porte d'Auteuil (Roland-Garros), l'Espagnol élargit progressivement la géographie de son palmarès. Un "Empire" disent certains ? Ce n'est pas vraiment le sens que semblent donner les Nadal à la carrière de Rafael. Ils présentent plus simplement ses ambitions comme un effort permanent à fournir pour se montrer à la hauteur de joueurs comme... Federer. Pour Rafa et Toni, on peut toujours mieux faire car il faut toujours se remettre en question avant chaque match. La grande différence avec Roger Federer est ici que le palmarès n'est pas une fin en soi. L'effort concrétise le désir de bien faire, la reconnaissance vient ensuite. L'histoire même du sport vient après l'histoire personnelle.
. C'est ce qui explique certainement en grande partie l'attitude de Rafael Nadal, qui n'a jamais clamé haut et fort qu'il voulait prendre la place de Federer, et qui s'excuse à chaque fois qu'il lui inflige une défaite en finale d'un Grand Chelem. La dernière question se pose donc : que peut-on mieux faire quand on est N.1 mondial indiscutable à 22 ans ? Et la réponse est : gagner le Grand Chelem. Rafael Nadal ne dominera certainement pas le circuit comme son prédécesseur et concurrent direct l'avait fait, et malgré tout, il peut faire beaucoup mieux. Début 2008, Novak Djokovic présentait un profil polyvalent qui laissait rêveur après Melbourne. Le Serbe n'a pas encore digéré son changement de statut. Début 2009, Nadal sait qu'aucun titre du Grand Chelem ne sera facile à remporter (même Roland-Garros, sans oublier qu'il n'a jamais dépassé les demi-finales à l'US Open). Il sait aussi qu'il peut tous les gagner, ce qui le propulserait au-delà de la légende incarnée qu'est déjà Federer. Les chimères n'ont pas fini de nous faire rêver.
A SAVOIR : L'Australien Rod Laver est le dernier joueur qui a réussi le Grand Chelem (1969). L'Américain Andre Agassi est le dernier joueur qui a remporté les quatre tournois du Grand Chelem dans sa carrière.
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