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Nadal diminué ? Djokovic invincible ? Federer en arbitre ? Le Masters en 7 questions

Nadal diminué ? Djokovic invincible ? Federer en arbitre ? Le Masters en 7 questions

Le 08/11/2019 à 12:00

ATP FINALS – Alors que le coup d’envoi du Masters sera donné dimanche à Londres par la poule Borg, de multiples enjeux entourent l’événement, à commencer par la lutte pour la première place mondiale entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. Nous vous proposons en guise d’apéritif de les explorer.

Nadal sera-t-il en mesure de défendre ses chances ?

C’est l’interrogation majeure à l’orée de la compétition. Contraint au forfait en demi-finale du Masters 1000 de Paris-Bercy par une légère blessure aux abdominaux (petite élongation du muscle droit de l’abdomen), Rafael Nadal a fait le voyage à Londres et a d’ores et déjà fait quelques séances d’entraînement pour se tester. L’Espagnol le sait, il a les cartes en main pour s’assurer la place de numéro 1 mondial en fin d’année : s’il atteint la finale en ayant gagné tous ses matches de groupe, Novak Djokovic ne pourra plus lui reprendre son bien.

Mais le Masters lui a rarement réussi : jamais titré, il n’y a atteint la finale qu’à deux reprises, en 2010 et 2013. Ces trois dernières années, il n’y a d’ailleurs disputé qu’un match, perdu face à David Goffin en 2017 avant de se retirer de la compétition. Si la situation venait à se représenter cette année, Roberto Bautista Agut, premier remplaçant, prendrait sa place dans le groupe Agassi. Lui aussi dans la capitale anglaise, Gaël Monfils pourrait entrer en scène en cas de deuxième forfait.

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Djokovic est-il vraiment au-dessus du lot ?

A Bercy, il a rempli la première partie de sa mission en s’adjugeant son 5e titre de la saison. Novak Djokovic avait d’ailleurs prévenu l’assistance au début du tournoi parisien : pour avoir une chance de finir l’année sur le trône, il devait "gagner tous les matches" d’ici la fin de saison. S’il a perdu son statut de numéro 1 cette semaine, Nadal, incertain, reste à portée de fusil (640 points devant). Nul doute que le Serbe sera surmotivé à l’idée de refaire son retard et d’égaler le record de Pete Sampras qui a fini six saisons en tête du classement mondial (Federer l’a fait 5 fois, Nadal 4).

Londres réussit au "Djoker", qui y a conquis quatre titres consécutifs entre 2012 et 2015 après avoir été couronné dans l’épreuve une première fois en 2008 à Shanghaï. À ces faits de gloire s’ajoutent deux finales perdues, en 2016 contre Andy Murray et l’an passé face à Alexander Zverev. En résumé, Djokovic a toujours au moins atteint la finale du Masters depuis 2012 (il était absent en 2017 car blessé). Difficile donc de l’imaginer passer à côté de l’événement, d’autant qu’il a fait forte impression à Bercy à partir des quarts de finale, Stefanos Tsitsipas, Grigor Dimitrov et Denis Shapovalov peuvent en témoigner.

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Federer va-t-il récolter les fruits de son impasse ?

Souverain pour aller chercher sa "decima" à Bâle voici un peu moins de quinze jours, Roger Federer n’avait passé que 4h20 cumulées sur le court en quatre matches. Visiblement en forme, le Suisse de 38 ans a pourtant pris la décision de ne pas s’aligner à Paris-Bercy la semaine dernière avec un objectif prioritaire : "être à 100 %" pour Londres. Si ce choix n’a pas été du goût de tout le monde, il n’a pas non plus constitué une surprise, puisque le Bâlois n’en était pas à son coup d’essai.

Blessé en 2016, Federer avait aussi zappé le tournoi parisien en 2017 pour arriver dans les meilleures conditions au Masters. Mais à la fin d’une saison exceptionnelle marquée par 7 titres dont deux en Grand Chelem, la fatigue et David Goffin avaient alors eu raison de ses ambitions. Six fois champion dans le tournoi des Maîtres, un record, il n’a toutefois plus soulevé le trophée depuis 2011, une petite éternité pour lui. En position d’arbitre du duel Nadal-Djokovic, le Bâlois sera clairement à surveiller : depuis 2009, il a toujours au moins atteint le dernier carré (excepté en 2016, quand il était absent).

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Medvedev éjectera-t-il Federer du podium ?

Il a vu sa série de six finales sur le circuit s’achever sur une surprenante défaite au 1er tour sous les projecteurs parisiens face à Jérémy Chardy. Fatigué après son dernier titre à Shanghaï, le Russe avait fait l’impasse sur Moscou et Vienne, manquant ainsi deux semaines de compétition et peut-être un peu de rythme en débarquant dans la capitale française. Mais ce revers précoce a un avantage : l’intéressé a pu se préparer plus longuement pour le rendez-vous londonien, auquel il participe pour la première fois.

Et la confiance accumulée en seconde partie de saison pourrait bien lui permettre d’y jouer un rôle conséquent. "Je sais de quoi je suis capable quand je joue bien. Je suis fier de faire partie des huit meilleurs joueurs de la saison, c’est un rêve pour moi de participer à ce tournoi. Alexander Zverev a gagné à sa deuxième participation, tout peut arriver", a d’ailleurs confié Medvedev après son élimination à Bercy. A seulement 485 points de Federer au classement, il pourrait même dépasser le Suisse à l’issue de la compétition, bouleversant ainsi un peu plus la hiérarchie mondiale et la domination du Big 3.

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Zverev peut-il refaire le coup ?

Il y a quasiment un an jour pour jour, il raflait la mise avec la manière. Alexander Zverev s’était ainsi offert les scalps successifs de Federer et Djokovic en demie et finale du Masters de Londres. Déjà titré trois fois en Masters 1000, cette nouvelle consécration, avec Ivan Lendl comme nouveau coach, semblait annoncer des lendemains qui chantent. Il n’en a rien été. L’Allemand en convient lui-même, il a vécu une saison 2019 compliquée, marquée par des soucis extra-sportifs, l’arrêt de sa collaboration avec la légende américano-tchèque, et un niveau de jeu très fluctuant.

Difficile donc de le voir défendre son bien à Londres. Mais Zverev a des ressources et aime affronter les meilleurs. S’il n’a assuré sa qualification qu’à Bercy, le 7e joueur mondial a réalisé une belle tournée asiatique avec notamment une demi-finale à Pékin et une finale à Shanghaï, où il a même battu Federer. Présent lors du tirage au sort des poules, il a qualifié le groupe Agassi, où il figure, de "très ouvert", mais n’y fera pas figure de favori. Stefanos Tsitsipas et Daniil Medvedev, qui l’accompagneront, ont d’ailleurs été ses deux bourreaux en Chine. S’il allait au bout, ce serait assurément un bel exploit.

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Thiem passera-t-il le cap des poules ?

On peut presque dire qu’il fait partie des habitués. Pour la quatrième année consécutive, Dominic Thiem jouera le Masters. Mais jusqu’ici, cette prestigieuse compétition ne lui a pas vraiment réussi. L’Autrichien n’est jamais reparti fanny, puisqu’il a remporté un match lors de chacune des trois précédentes éditions. Mais il n’a jamais non plus goûté au dernier carré. Cette année, il a peut-être les moyens de briser cette petite "malédiction", après avoir franchi des caps importants, notamment sur dur.

Vainqueur de son premier Masters 1000 à Indian Wells aux dépens de Federer en mars, Thiem compte 5 titres cette saison sur le circuit, marque de référence seulement atteinte aussi par Djokovic. Plus agressif et entreprenant, il est parvenu à adapter son jeu à l’indoor en triomphant chez lui à Vienne. En compagnie de Federer et Djokovic justement dans la poule Borg, l’Autrichien ne fera pas figure de favori mais n’a aucun complexe à nourrir, surtout face au Suisse qu’il a battu lors de leurs deux duels cette année. Les deux joueurs ont d’ailleurs rendez-vous dimanche pour une première journée qui s’annonce déjà déterminante.

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Les novices joueront-ils les trouble-fête ?

Ils sont trois à jouer leur premier Masters cette année : Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Matteo Berrettini. Un tel rendez-vous est forcément intimidant, mais les trois loustics ont tous des atouts pour sortir leur épingle du jeu. Si le cas du Russe, acteur majeur de la seconde partie de saison, a déjà été évoqué plus haut, celui de Stefanos Tsitsipas mérite tout autant d’attention. Le Grec a battu les trois monstres du circuit (Federer à Melbourne, Nadal à Madrid et Djokovic à Shanghaï) en 2019 et est déjà, d’après les mots mêmes du numéro 2 mondial serbe, "l’un des meilleurs joueurs du monde" à 21 ans. Tsitsipas sera donc dangereux surtout s’il est à 100 % physiquement. Eparpillé par Djokovic en quart de finale à Bercy, le Grec était passé à côté de son match, apparemment malade.

Quant à Matteo Berrettini, sa fin de saison en boulet de canon en fait le dernier invité et le facteur X de la compétition. Loin d’être ridicule contre Nadal en demi-finale de l’US Open, tombeur de Thiem à Shanghaï et battu avec les honneurs par l’Autrichien à Vienne, l’Italien apprend vite. De manière générale, ce Masters s’annonce ainsi assez dense en termes de niveau, puisque tous les participants ont de sacrées références cette saison que ce soit en Grand Chelem ou en Masters 1000. D'ailleurs, seul Zverev ne compte qu'un titre, tous les autres au moins deux. Voilà qui donne beaucoup d’attrait à la compétition… sur le papier.

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