Il tient le tennis argentin sur ses épaules

Schwartzman le reconnaît volontiers : il progresse d'année en année. Il le repétait à qui voulait l'entendre : la période 25 - 30 ans allait lui permettre d'exprimer son potentiel. Ce moment est arrivé. La très étrange saison 2020 lui a permis de franchir un gros cap dans sa carrière de joueur de tennis. Il a joué en septembre sa première finale en Masters 1000 à Rome, battant au passage Rafael Nadal pour la première fois de sa carrière. Une performance hors du commun pour lui qui avait au mieux un peu enquiquiné le Majorquin à Monte-Carlo et Roland-Garros en 2017 et 2018.
Premium
Tennis

Diego Schwartzman - Alexander Zverev

02:19:20

Replay
ATP Finals
Rallyes de folie, revers ravageur et tweener vain : le Top 5 des ATP Finals
23/11/2020 À 19:09
Quelques semaines après, le joueur de Buenos Aires a atteint la première demi-finale de sa carrière en Grand Chelem, à Roland-Garros, butant cette fois sur le même Nadal. Là aussi, il a pu épingler un top 5, qui est aussi un top 3, en s'offrant Dominic Thiem au meilleur des cinq manches après un match absolument exceptionnel en quarts de finale. Ces bonnes performances ont confirmé son 8e de finale joué à Melbourne en début de saison. Bref, à 28 ans, Schwartzman évolue à son tout meilleur niveau, ou pas loin.
Dip Impact
Désormais 9e joueur mondial, le néo-top 10 doit aussi porter le tennis argentin sur ses épaules. C'est une tâche encore plus lourde, car la nation sud-américaine ne vit pas sa meilleure période et l'éclosion de Nadia Podoroska à Roland-Garros a été vécue comme une libération. En l'absence prolongée de Juan Martin del Potro, à nouveau opéré en genou l'été dernier en Suisse, Schwartzman est loin devant tous ses compatriotes au classement ATP. Les chiffres font mal : seuls cinq joueurs argentins occupent le top 100. Le n°2 argentin, Guido Pella, n'est que 43e à l'ATP. Les trois autres membres du top 100 sont eux très loin : Juan Ignacio Londero (79e), Federico Delbonis (82e) et Federico Coria (91e). Grise mine pour les joueurs de l'Albiceleste. Schwartzman est donc un rayon de soleil.

Breaks à gogo et coups de génie : le résumé de l'énorme victoire de Schwartzman

Sa taille ne le complexe pas

Pas de grande surprise ici : Diego Schwartzman sait qu'il n'est pas très grand. Il mesure 1,70m selon l'ATP, mais sa taille réelle est de 1,68m. Mais lui, il s'en fiche. Souvent interrogé sur ce sujet, l'Argentin s'est habitué à devoir expliquer qu'il profite de sa vie de tennisman sans toujours penser à ce qui peut ressembler à un handicap, notamment au service, son gros point faible. "Cela m'arrive très souvent que l'on m'en parle. Et évidemment, cela m'arrive depuis que je suis tout petit. Pour compenser cela, j'ai beaucoup travaillé mon jeu depuis la ligne de fond de court. J'ai aussi beaucoup travaillé mon service et d'autres choses pour battre les joueurs plus grands que moi. Mais cela a toujours été le cas, je m'y suis habitué", expliquait-t-il en 2017.
Toujours pointé du doigt pour cette fichue taille, Schwartzman a passé sa vie à prouver à ses détracteurs qu'ils avaient tort. Le meilleur des moteurs. "J'espère qu'un jour les gens pourront comprendre que le tennis est pour tous, pas juste pour les "grands". Être grand peut vous aider pour beaucoup de choses, vous pouvez servir très bien et très fort. Depuis la ligne de fond, vous pouvez faire beaucoup plus de choses, parce que vous avez plus d'armes. Les bras des grands sont justes plus efficaces que les miens. Mais ce n'est pas grave. Cela a toujours été comme ça et j'essaierai toujours d'améliorer mon tennis. J'essaye juste de ne pas y penser."
Ce n'est pas Schwartzman qui a le plus souffert de ce problème de taille. C'est sa mère Silvana qui a vu beaucoup de portes se refermer pour son fils en Argentine. A 13 ans, les médecins ont d'ailleurs annoncé à son fils qu'il ne dépasserait jamais les 1,70m et qu'envisager une carrière de tennisman était un peu osé. Autre problème de taille, la famille Schwartzman ne roule pas sur l'or. Pour lui permettre de voyager et de réussir, elle choisit le système débrouille. Schwartzman ne s'en cache pas : payer ses coaches était une rareté. Souvent, ses parents n'avaient rien en poche. Cela permet de mieux comprendre pourquoi il a fait de sa petite taille une force.
L'histoire de Diego ressemble d'ailleurs un peu à celle de Lionel Messi, également touché par un problème de croissance durant son enfance. Pendant de longues années, Schwartzman s'est vu barrer la route pour accéder à son rêve de devenir joueur professionnel. "On lui a toujours dit qu'il était un bon joueur, mais qu'il n'était pas assez grand pour jouer au plus haut niveau. Mais pour moi, c'était sûr qu'il allait y arriver. Lui aussi, en son fort intérieur, le savait. Il n'a pas fait de traitement hormonaux car je l'ai refusé. Je voulais qu'il y arrive avec sa propre condition. Avec mon mari, on a lui dit qu'il devrait faire plus d'efforts et de travail que les autres joueurs. Et c'est ce qu'il a fait."

Diego Schwartzman batte Alexander Zverev 3-6, 6-2, 6-4, 6-3: argentino ai quarti di finale contro il vincente di Cilic-Nadal

Crédit: Getty Images

C'est le nouvel ambassadeur de Disney en Amérique du Sud

On ne vous présente plus Disney +. Lancée aux Etats-Unis et aux Pays-Bas il y a un an, la plate-forme de streaming de Disney continue son expansion dans le monde. Quel rapport avec Diego Schwartzman ? Et bien l'Argentin arbore le logo du service sur sa manche depuis Roland-Garros. Un bien étonnant sponsor que voilà.
Profitant de sa présence à Paris, la branche latino-américaine de la souris aux grandes oreilles a décidé de se trouver un représentant qui fasse la promotion du lancement du service le 17 novembre dans cette partie du monde. Disney est aussi la maison-mère d'ESPN, qui diffuse le tennis en Argentine. C'est donc une actualité en soi et le choix de Diego se justifie facilement. Plus fort encore : à Paris, Nadia Podoroska a profité de son parcours jusqu'en demi-finale pour elle aussi récupérer Disney + comme sponsor en plein tournoi.
Toujours intéressant de signaler que Schwartzman a toujours été un bon client pour les sponsors. Peugeot, Head, Fila : la bonne bouille enfantine du "Peque" plait aux annonceurs. L'arrivée du géant américain sur sa manche n'est pas une surprise marketing. C'est de la pure logique et la marque Schwartzman ne devrait pas arrêter son expansion avant un moment. Il a d'ailleurs fêté sa demi-finale parisienne par une petite visite à Disneyland, à Marne-la-Vallée, avec sa compagne.

Toni Nadal le conseille

Coaché depuis quatre années par son compatriote Juan Ignacio Chela, l'homme qui l'a façonné, Diego Schwartzman a récemment pris conseil auprès d'un certain Toni Nadal à Manacor. A la sortie de son très bon Roland-Garros, l'Argentin est allé effectuer un petit stage de quelques jours pour préparer la saison sur dur indoor. L'occasion pour lui de recevoir de précieux conseils de la part de "Tio Toni", qui ne voyage plus aux côtés de Rafael Nadal depuis la fin de la saison 2017. Marquante, l'image a fait parler d'elle. Mais cela ne semble pas être le prémice d'une collaboration, c'est plus quelque chose de ponctuel. Comme du conseil à la carte.
Schwartzman est en fait un habitué des lieux. Il voyage assez souvent à Manacor où il a pris ses habitudes depuis plusieurs saisons. "Je m"y sens très à l’aise. J’adore la Rafa Nadal Academy, j’y suis déjà allé plusieurs fois. J’aime aussi la ville et c’est une partie importante pour pouvoir profiter et se détendre." En 2018, Nadal, bousculé par l'Argentin à Roland-Garros avant d'être secouru par une coupure pluie, avait signalé en rigolant qu'il ne l'inviterait plus vu ce qu'il s'était passé sur le court Central.

C'est un fou furieux de football

Diego Sebastian Schwartzman est comme son prénom l'indique un grand fan de football. Son prénom est évidemment une référence à Diego Armando Maradona. Alors qui supporte-t-il ? Le Club Atlético Boca Juniors bien évidemment, dont il exporte les couleurs partout dans le monde. Son rapport au football et son club est d'ailleurs plus fort qu'on ne le pense : dans son sac de tennis, vous trouverez toujours un maillot de Boca. Comme il se répète à le dire, son plus grand héros n'est autre que Juan Roman Riquelme, l'ancien meneur de jeu du club de Buenos Aires et désormais président depuis un an. Schwartzman ne rate jamais une occasion de célébrer le "10" sur les réseaux sociaux, tout comme le Xeneize, son club, son identité.
Meilleur au tennis qu'au football, Schwartzman n'a pas trop hésité à choisir son sport. Il savait où il allait en choisissant la voie de la petite balle jaune. "J'ai toujours voulu être footballeur, mais j'étais vraiment meilleur avec une raquette." Bien lui en a pris. Un de ses meilleurs amis est d'ailleurs Paulo Dybala, le meneur de jeu de la Juventus et de l'Albiceleste. Le football, ce n'est pas un sport, mais un mode de vie. Que le "Peque" se rassure, Maradona n'était pas plus grand que lui et il a accompli des merveilles. La taille ça ne compte pas, c'est la volonté.
ATP Finals
Medvedev : "Battre le n°1, le n°2 et le n°3 mondial dans la même semaine…"
23/11/2020 À 08:03
ATP Finals
Thiem s’est-il trompé tactiquement ? "J’ai beaucoup slicé et je le referai"
23/11/2020 À 00:20