Daniil Medvedev est bien l'homme de cette fin d'année 2020. Après une saison un peu chaotique, presque décevante au regard de son explosion du second semestre 2019, le Russe a mis le turbo cet automne. Vainqueur à Bercy il y a deux semaines, il a frappé encore plus fort lors du Masters en décrochant le premier grand titre de sa carrière. A Londres, Medvedev a dominé dimanche soir Dominic Thiem en trois manches (4-6, 7-6, 6-4) après 2h42 d'une bataille qui aura surtout valu le détour pour son caractère éminemment stratégique.

ATP Finals
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Comme la veille contre Rafael Nadal en demi-finales, l'élève de Gilles Cervara a eu le grand mérite de ne jamais céder à la panique pour sortir vainqueur d'un match qu'il aura été loin de maîtriser dans ses deux premiers tiers. Mais comme face au Majorquin, il a su faire basculer la rencontre lors du tie-break du deuxième set, avant de signer son unique break du soir au moment opportun dans le dernier acte.

Pour Dominic Thiem, le coup est rude. Déjà battu en finale l'an passé par Tsitsipas, il voit son taux de réussite dans les grandes finales s'affaiblir encore un peu plus. Grands Chelems et Masters compris, il compte désormais cinq défaites en six matches pour le titre.

Triptyque magique

Pourtant, tout avait bien commencé pour le numéro 3 mondial. Avec la complicité de son adversaire il est vrai, c'est lui qui avait donc pris les devants. Daniil Medvedev a connu une grosse absence sur son jeu de service à 2-2 dans la première manche. Alors qu'il menait tranquillement 40-0, il a accumulé les cagades, dont un "Djoko smash" pour offrir sur un plateau le break à un Thiem qui n'en demandait pas tant. Solide sur sa mise en jeu, le vainqueur de l'US Open a ensuite conservé son avantage jusqu'au bout du set.

C'est sans doute sur la route du tie-break du deuxième acte que Thiem a vu le titre s'envoler. Il a obtenu trois balles de break, sur deux jeux différents, sans pouvoir saisir sa chance. Même si Medvedev a lui aussi bénéficié d'une occasion, il semblait légèrement en-dessous. Notamment à l'échange, où il s'empêtrait presque systématiquement dans la filière longue face au slice de Thiem. Mais Medvedev a de la ressource.

Daniil Medvedev lors de la finale des ATP Finals contre Dominic Thiem

Crédit: Getty Images

Il a activé le plan B, se montrant plus offensif, avec quelques enchainements service-volée bien sentis, et a donné beaucoup moins de rythme à l'échange. Puis il a confirmé la solidité de ses nerfs dans le jeu décisif : mené 2-0, le Moscovite de la Côte d'Azur a aligné sept points pour frustrer un Thiem qui sentait peut-être, déjà, cette finale lui glisser entre les doigts.

La maitrise avait changé de camp. Les certitudes aussi. Rien d'indiscutable, mais tout de même. De façon presque imperceptible, Daniil Medvedev avait le vent dans le dos, jusqu'à porter l'estocade dans le 5e jeu. Le break, enfin, à sa 9e tentative. Derrière, il ne s'est plus retourné, terminant sur une dernière première balle imparable. A 24 ans, Medvedev grandit encore. Son Masters n'est pas loin de ressembler à un petit chef-d'œuvre, avec un triptyque magique : pour la première fois, un joueur est sacré en ayant battu les N°1, 2, et 3 mondiaux. De quoi lui faire regretter que 2020 s'achève déjà...

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