Le sujet est délicat. Mais Novak Djokovic est suffisamment expérimenté pour savoir, quand c'est nécessaire, marcher sur des oeufs. Vendredi, après sa victoire contre Alexander Zverev (6-3, 7-6) qui lui a ouvert les portes des demi-finales du Masters, sa conférence de presse s'est, une nouvelle fois cette semaine, écartée du strict commentaire de sa performance sur le court pour s'attarder sur le cas de son adversaire du jour. Il a ainsi été demandé au numéro 1 mondial de s'exprimer sur les accusations de violence domestique dont l'Allemand fait l'objet depuis quelques semaines. Djokovic ne s'est pas défilé, non sans sincérité.
Le Serbe ne s'est, bien évidemment, pas exprimé sur les faits dénoncés par l'ex-compagne de Zverev, Olya Sharypova. Mais il a évoqué ses relations avec le grand Sascha. Se seraient-elles refroidies depuis que ces accusations ont été publiées dans les médias ? "S'il est traité différemment dans le vestiaire, je ne l'ai pas remarqué. Du moins, de mon côté, rien n'a changé. On s'est toujours très bien entendus", a-t-il affirmé.
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Je ne soutiens bien évidemment aucune forme de violence, il faut attendre d'y voir plus clair
Avant de détailler l'origine de ce rapport de confiance. "Je connais Sascha depuis qu'il est très jeune. C'est une type très sympa. J'ai beaucoup de respect pour lui et sa famille. J'ai le même âge et je suis de la même génération que son grand frère Mischa, donc j'étais triste quand j'ai appris qu'il traversait quelque chose comme ça. (...) Nous avons passé du temps ensemble cette année lors de l'Adria Tour, à parler des choses de la vie. Donc je le connais de manière plus personnelle désormais. Et je lui souhaite sincèrement de surmonter cela bientôt, pour qu'il puisse se concentrer sur sa vie et sa carrière."
Les mots de Djokovic sont ceux d'un homme qui soutient un ami qui traverse une période difficile. Mais ils ne signifient pas pour autant que le Serbe défendrait Zverev si les faits qui lui sont reprochés étaient avérés. Le numéro 1 mondial s'est montré à cet égard limpide. "Encore une fois, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je ne soutiens, bien évidemment, aucune forme de violence. Il faut attendre d'y voir plus clair."

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Pour Djokovic, l'ATP devrait définir une politique dans ce genre d'affaire

Et si l'ATP a considéré que ce genre d'affaire était du ressort de la police et de la justice, le Serbe n'a pas tenu exactement le même discours. Il juge que l'instance devrait être plus proactive à l'avenir. "Est-ce que l'ATP devrait décider d'une politique pour traiter ce genre de chose ? Probablement. J'imagine que ça n'a pas été fait jusqu'ici parce qu'il n'y a pas eu - corrigez-moi si je me trompe - de cas comme celui-ci dans l'histoire de notre sport. En tout cas, je n'ai pas entendu d'exemples de joueurs de ce calibre impliqués dans des histoires similaires. Donc, peut-être que cette affaire va inciter l'ATP à faire quelque chose comme ça."
A nouveau questionné sur le sujet, Zverev a confirmé les propos de Djokovic sur ses relations avec les autres joueurs. "Ils ont été bien avec moi et ça ne changera pas. Ils savent ce qui est en train de se passer. J'ai dit tout ce que j'avais à dire sur ce sujet. C'est très malheureux que de telles fausses allégations détournent l'attention du sport. Mais c'est le monde dans lequel nous vivons", a-t-il réitéré. Droit dans ses bottes, il l'assure, il n'est pas devenu un paria. Dans le flou actuel autour d'une éventuelle action en justice, il bénéficie toujours, dans le vestiaire du moins, de la présomption d'innocence.
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