"Il faut que tu kiffes"

Tsonga : "Il faut que tu te la kiffes !"
Par Eurosport

Le 12/11/2011 à 22:26Mis à jour Le 12/11/2011 à 22:53

La victoire de Jo-Wilfried Tsonga face à John Isner (3-6, 7-6, 7-6) samedi, c'est d'abord une victoire du Français sur lui-même. Parce qu'il n'a jamais su comment prendre ce genre de joueurs, le Manceau a dû surmonter sa frustration. Pour y parvenir, il a trouvé une recette miraculeuse: savourer.

Jo-Wilfried Tsonga a remporté plus qu'un simple match samedi à Bercy. John Isner n'est certes pas numéro un mondial. Le géant américain n'était même pas dans le Top 20 avant le rendez-vous parisien. Mais pour le Français, il constitue une équation compliquée à résoudre. Pas Isner en lui-même, mais ce qu'il incarne: un énorme serveur, face auquel il faut accepter de jouer un ou deux coups de raquette, pas plus, lors de ses jeux de service. Le problème n'est pas technique, mais psychologique. Par le passé, Tsonga a toujours eu tendance à se frustrer contre ce type d'adversaires. Et la frustration mène souvent à la défaite. Mais pas cette fois. Cette fois, il a passé le cap. Mais que ce fut dur.

Tout au long du premier set, on a vu le Tsonga des mauvais jours. Précisément parce que ses précédentes expériences négatives face aux "gunners" du circuit lui trottaient dans la tête. "Je savais en rentrant sur le court que ce serait un match difficile, explique le Manceau, que je n'aurais pas beaucoup d'occasions de breaker. Mentalement, c'est dur. Je sais que John, c'est le genre de joueurs que je n'aime pas jouer. Jusque-là, je n'avais pas fait des bons matches contre ce genre de joueur. Quand je suis rentré sur le terrain, j'étais tendu et je ne savais pas comment aborder le truc. Au premier set, ça n'a pas été évident." Résultat, un break concédé, un set perdu et une affaire mal embarquée. Pour tout dire, on voyait mal Tsonga s'en sortir. L'histoire allait se répéter. Et puis son attitude a changé. Le match aussi.

Positive attitude

Pour gagner, le numéro un français avait besoin de positiver. Facile à dire, mais indispensable. Il raconte sa métamorphose: "Au fur et à mesure du match, je me suis dit qu'il fallait que je profite. Ce sont des moments extraordinaires. Je me suis dit: 'il y a du monde qui te soutient. Les gens sont derrière toi. Personne ne t'oblige à gagner. Il faut absolument que tu te la kiffes, que tu te fasses plaisir'." A partir de là, une autre demi-finale a débuté. "J’ai commencé à être un peu mieux, poursuit-il, à me faire plaisir dans les retours, à essayer d'avancer, de la prendre tôt, quitte à prendre des aces ou ne pas mettre la balle dans le terrain, au moins jouer le tennis que j'aime jouer et qui me fait bien jouer."

Pour autant, jamais il n'a réussi à prendre le service de John Isner, malgré sept opportunités de break réparties sur les deux dernières manches. Mais en dépit de ce manque de réussite, il n'a jamais lâché. "Je suis allé au-delà de ma frustration", se satisfait le Français. Et jusqu'au bout, il a essayé de conserver la bonne attitude. Celle qui lui a permis, par exemple, d'écarter trois balles de match à 6-5 pour Isner dans le dernier set, en se montrant très agressif. "Je n'avais rien dans ma tête à ce moment là. Dans ces cas-là, on joue, on ne pense pas à grand-chose. On joue et on voit ce qui se passe. J'essayais simplement de me dire des choses positives. Rien d'autre."

"Je suis privilégié de pouvoir vivre des moments comme ça"

Tsonga le savait, un match contre un Isner, ça ne se gagne pas 6-2, 6-2 en une heure. Pas pour lui en tout cas. Mais au bout de cette bataille de trois heures et trois sets, il a su vaincre ses vieux démons, notamment en sortant le grand jeu dans les deux jeux décisifs qui ne portent jamais aussi bien leur nom que quand vous êtes dans l'impossibilité de breaker. "Jo a vraiment été très fort sur les tie-breaks. Il m'a complètement dominé les deux fois, constate Isner, beau joueur. C'est sans doute pour cela qu'il fait partie des meilleurs joueurs du monde parce qu’à ces moments-là, il sort son meilleur tennis."

Tsonga sait aussi ce qu'il doit au public. Dans un autre contexte, il aurait probablement lâché, comme les autres fois. Comme contre Karlovic, à Wimbledon, voilà quelques années. "Je pense sincèrement que l'impact du public est important, admet-il. Je suis privilégié de pouvoir vivre des moments comme ça. C'était vraiment fantastique de pouvoir jouer devant mon public Il y avait beaucoup d'émotions sur le court. Pour moi, c'était un très bon moment. Des ambiances pareilles, je n’en ai pas vécues beaucoup. J'ai presque envie de dire que je n'en ai jamais vécu des aussi fortes. Ça faisait beaucoup de bruit quand les gens tapaient des pieds sur le sol, tout Bercy vibrait, c'était juste extraordinaire." Pour le coup, il se l'est kiffé ce match...

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