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Djokovic, Murray, Nadal, Federer, Pouille... Cinq questions pour une saison

Cinq questions pour une saison

Le 31/12/2016 à 19:07Mis à jour Le 02/01/2017 à 14:46

La saison 2017 débute cette semaine, notamment du côté de Doha et Brisbane. Alors que tous les cadors ou presque sont déjà sur le pont, et que l'Open d'Australie se profile dans quinze jours à peine, gros plan sur les principaux enjeux de cette nouvelle campagne.

Murray est-il fait pour durer ?

C'est le principal fait de cette année 2016 : après 12 années de règne du trio Federer-Nadal-Djokovic, Andy Murray est devenu en novembre dernier le nouveau numéro un mondial du tennis masculin. Une révolution en douceur, tant l'Ecossais flirte avec les cimes depuis des années, mais une révolution quand même. Si sa marge est ténue au plan comptable, Murray a néanmoins toutes les chances de passer toute ou une grande partie du premier semestre 2017 au pouvoir. Jusqu'à Roland-Garros, Djokovic a beaucoup, beaucoup plus de points à défendre que lui. A court terme, donc, Murray peut voir venir et profiter de son nouveau statut.

Mais l'enjeu est ailleurs pour lui, dans l'émergence d'une période de domination durable. La prise de pouvoir de Novak Djokovic en 2011 avait fait entrer le tennis dans une nouvelle ère, celle du Djoker. Federer et Nadal avaient certes brièvement repris les rênes, mais ces cinq dernières années ont globalement appartenu au Serbe. L'avènement de Murray aura été beaucoup plus tardif (29 ans), le contexte n'est donc pas comparable. Mëme si ses six derniers mois ont été exceptionnels, ils ont aussi coïncidé avec le coup de moins bien de Djokovic. Si le Serbe redevient lui-même, Sir Andy aura fort à faire pour prouver que son passage au sommet peut constituer davantage qu'un intérim de luxe.

Andy Murray, règne durable ou intérim ?

Andy Murray, règne durable ou intérim ?Eurosport

Djokovic en a-t-il fini sa crise ?

Titre après titre, triomphe après triomphe, Novak Djokovic semblait immunisé contre toute forme de lassitude. Chez lui, la victoire appelait la victoire, encore et toujours. Puis le fil, si solide, s'est rompu après son sacre à Roland-Garros. Il a beaucoup donné ces dernières années. Beaucoup gagné, aussi. L'usure du pouvoir a fini par le rattraper, lui aussi. Depuis Roland et ce Grand Chelem en carrière, le Serbe est apparu beaucoup plus erratique, et même parfois à la limite de se sentir concerné. Le changement opéré au sommet du tennis mondial a dû autant au superbe second semestre de Murray qu'aux errements du Djoker, à l'évidence en quête d'un second souffle en termes de motivation.

Au Masters, il y a eu du mieux à ce niveau-là, mais Djokovic a malgré tout fini sur une mauvaise note lors de la finale, où il a été sèchement battu par Murray, sans vraiment donner l'impression de se révolter contre la supériorité du Britannique, comme s'il était pressé de l'accepter pour passer à autre chose. Nole détient en grande partie les clés de cette saison 2017. Il a besoin d'avoir à nouveau faim. Désormais en phase de reconquête, à nouveau dans le rôle du chasseur et plus celui du gibier, il sera peut-être à nouveau affamé. Et quel meilleur endroit pour lancer l'opération "rebond 2017" que l'Australie, où il est comme chez lui avec six titres entre 2008 et 2016 ?

Novak Djokovic

Novak DjokovicPanoramic

Federer et Nadal ont-ils les moyens de revenir au sommet ?

2016 a marqué la fin d'une époque pour le duo hispano-suisse. Roger Federer a quitté le Top 10 pour la première fois depuis 14 ans. Rafael Nadal n'a pas disputé une seule demi-finale de Grand Chelem, du jamais vu depuis 2004. Dans les deux cas, plus qu'un déclin tennistique radical, ce sont des problèmes d'ordre physique qui ont causé, ou a minima amplifié leur recul dans la hiérarchie. Federer assure revenir regénéré et parfaitement "fit" après sa coupure de six mois qu'il juge salvatrice pour la suite de sa carrière. Nadal, lui, est apparu requinqué à Abou Dhabi.

S'ils sont épargnés par leur corps, il n'y a donc aucune raison pour que le Bâlois et le Majorquin ne se repositionnent pas aux alentours du Top 5 en jouant à nouveau les premiers rôles. Mais c'est tout de même un énorme "si". A ce stade de leur carrière, on les imagine davantage comme réalisant des (gros) coups. Sur la longueur d'une saison, on demande tout de même à voir s'ils peuvent tenir physiquement la distance sans être soumis à des bobos récurrents plus ou moins handicapants. Mais Federer a joué deux demi-finales de Grand Chelem l'an dernier, et Nadal a livré un gros premier semestre avant d'être freiné par des blessures. Tennistiquement, il leur reste donc des certitudes sur lesquelles s'appuyer.

Roger Federer et Rafael Nadal.

Roger Federer et Rafael Nadal.AFP

Verra-t-on un nouveau vainqueur en Grand Chelem cette année ?

Au cours des 11 dernières saisons, seuls sept joueurs (Federer, Nadal, Djokovic, Murray, Del Potro, Wawrinka et Cilic) ont apposé leur nom au palmarès du Grand Chelem. Sept vainqueurs sur les 47 dernières levées majeures. C'est du jamais vu dans l'histoire du tennis masculin. Et encore, dans le lot, Marin Clic et Juan Martin Del Potro ne comptent que pour un titre chacun. Cette confiscation des lauriers au plus haut niveau va-t-elle se prolonger en 2017 ? En dehors de ce septuor, quelqu'un est-il apte à s'intégrer dans le rang des vainqueurs en Grand Chelem ?

Si Djokovic et Murray continuent d'évoluer sur les hauteurs qui furent les leurs au premier et au second semestres de la saison passée, ce sera coton. Les deux gloutons n'ont pas laissé grand-chose en 2016, trustant six des huit places de finaliste dans les quatre tournois majeurs. Stan Wawrinka a prouvé à New York qu'il demeurait le plus à même de jouer les opportunistes de luxe si l'un des deux ténors venait à se rater. Au-delà, le candidat le plus logique, le plus crédible, dans ce rôle du nouvel intrus, c'est sans doute Milos Raonic.

Le Canadien a franchi plusieurs caps en 2016, finissant sur le podium au classement ATP, avec une demi-finale à Melbourne et une finale à Wimbledon. Il est clairement devenu une menace. Mais il devra encore prouver qu'il a ce caractère de champion qui font gagner les deux ou trois points qui font basculer un grand match (Cf. sa demi-finale du Masters contre Murray...) En dehors de Raonic, Kei Nishikori fait office de joker. On le connait : solide, potentiellement enquiquinant, capable de couper des têtes. Mais à 27 ans, sa marge de progression ne paraît pas gigantesque. Reste l'hypothèse d'un grand bond en avant, qui verrait un petit jeune, tel Dominic Thiem, Lucas Pouille ou Sacha Zverev, se muer dès 2017 en vainqueur d'un majeur. Mais cela vaut une énorme cote, quand même.

Milos Raonic à Wimbledon

Milos Raonic à Wimbledon AFP

Pouille va-t-il prendre le pouvoir sur le tennis français ?

Alors que le tennis français vivait depuis une décennie au rythme des performances du quatuor Tsonga-Monfils-Gasquet-Simon, Lucas Pouille a fait souffler un vent de fraicheur en 2016. Quart de finaliste à Wimbledon et l'US Open, vainqueur de son premier tournoi ATP, à Metz, il est devenu le premier joueur en dehors du "Big four" tricolore précité à atteindre le Top 15 mondial depuis 2007.

Après ce bond de géant, la question est maintenant de savoir si le Nordiste a les moyens de s'ancrer parmi les meilleurs et même, pourquoi pas, d'aller plus haut. Pour lui, l'objectif sera donc de confirmer, et d'aller voir du côté du Top 10. Pour le tennis français, l'enjeu n'est pas neutre non plus. Simon vient d'avoir 32 ans, Tsonga les aura dans quatre mois, Gasquet et Monfils filent sur leur 31e anniversaire. Le compteur tourne et tôt ou tard, il faudra un nouveau leader. Lucas Pouille a tout pour être celui-ci. Dès 2017 ?

Vidéo - Pouille - Nadal : les temps forts d'un incroyable 5e set

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