COUPE DAVIS - Quarts de finale

FRANCE - ESPAGNE : 2-0
Clermont-Ferrand - dur indoor

Coupe Davis
Monfils : "Une saveur particulière"
09/07/2010 À 18:16

Gaël Monfils (FRA) bat David Ferrer (ESP) 7-6, 6-2, 4-6, 5-7, 6-4

Michael Llodra (FRA) a battu Fernando Verdasco (ESP) 6-7, 6-4, 6-4, 7-6

La France qui mène deux victoires à rien face à l'Espagne, c'était un fantasme vendredi matin. Vendredi soir, c'est une réalité. Après une longue journée, les Tricolores se sont idéalement placés pour disputer les demi-finales de Coupe Davis, leurs premières depuis 2004, après deux belles victoires en simple. Dans le zénith de Clermont-Ferrand gonflé à bloc, Gaël Monfils a d'abord fait face à David Ferrer en 4h et 5 sets. Puis Michael Llodra a disposé de Fernando Verdasco, actuel 10e mondial, en quatre manches. Deux résultats très encourageants qui placent l'Espagne dans une situation qu'elle n'aime pas : les Espagnols, doubles tenants du titre faut-il le rappeler, n'ont jamais réussi à renverser le cours d'une rencontre de Coupe Davis après avoir été menés 2-0. Et sans Nadal, la tâche s'annonce encore plus compliquée. Les Bleus sont donc bien partis pour réaliser un exploit, eux qui restaient sur 5 défaites de suite face aux Ibériques... Exploit qui peut se concrétiser dès samedi avec le match de double.

Lors de la première rencontre, les forces telluriques se sont emparées de Gaël Monfils. Après quatre heures d'un match indécis, à courir après le feu de ses accélérations ou la mobylette de David Ferrer, à jouer les timides ou les colosses à tour de rôle, Monfils s'est offert sa première vraie grande émotion de Coupe Davis. Une victoire en cinq sets qui méritait cette petite transe vaudou à la fin de la balle de match. On ne sait pas à qui Gaël a dédié ce moment en regardant le ciel après s'être signé, mais on sait que cela met les Bleus dans une position plus confortable que prévue. On ne retiendra que ce bonheur final de cette partie palpitante, souvent de très haut niveau entre deux joueurs qui ont leur place près du top 10. On oubliera les hésitations tactiques en début de match et au troisième et quatrième sets. On oubliera que Monfils menait deux sets à rien. "Je ne regrette rien", a d'ailleurs déclaré le Français. On le comprend : "Je suis allé au bout de moi-même. J'ai toujours continué à croire en moi".

Monfils: "J'ai toujours continué à croire en moi"

Loin de son niveau parfois pathétique à Roland-Garros, sûr de son jeu comme rarement on l'a vu cette saison. Monfils a dominé son adversaire à chaque fois qu'il a avancé dans le court. Il a fait jeu égal en fond de court, en défendant avec brio. Il a enfin su faire basculer la première manche et la dernière grâce à des coups droits (et quelques revers) tout simplement fulgurants. Doté d'une puissance rare et élastique, le Français a lâché des coups qui ont percé la carapace d'un Ferrer toujours aussi combatif. Il faut également retenir l'importance de la première balle. Avec 21 aces, et 62% de premières balles, il s'est maintenu à flot quand il manquait d'engagement dans l'échange.

"Guy (Forget) m'a dit d'être agressif et de faire le jeu. Mais Ferrer est un joueur solide qui ne donne rien. Je suis un peu fatigué, mais c'est pour la bonne cause", a dit le N.17 mondial. A 5-3 dans la dernière manche, Ferrer avait débreaké. Monfils s'est reconcentré, une constante dans ce match, pour conclure juste après. Ce match pésera dans sa carrière. Il pourrait peser aussi sur cette rencontre France-Espagne. A savoir tout de même pour les plus euphoriques des supporters français. La Suisse menait aussi 1-0 face à l'Espagne au tour précédent avant de perdre 4 points de suite. C'était avant que Michael Llodra ne rentre en piste.

Ce n'est pas terminé...

Le pari de Guy Forget d'aligner Llodra en simple était osé, mais mesuré. Avec Gilles Simon en méforme, Julien Benneteau réservé uniquement au double et Jérémy Chardy en remplaçant, le capitaine a logiquement titularisé le Parisien, même si ce spécialiste du double a perdu 3 matches sur 4 en simple. Il a décroché 2 titres ATP en individuel cette saison (Marseille et Eastbourne), affirmant un peu plus une polyvalence rassurante dans une équipe. Le Parisien a littéralement sauté à la gorge de Fernando Verdasco avec son jeu de service-volée, et même souvent retour-volée. Le N.10 mondial a été poussé à commettre un nombre considérable de fautes (40). Constamment agressé derrière ses 2e balles, Verdasco a fini par craquer. "J'ai essayé de donner le meilleur de moi-même et aujourd'hui je n'en étais pas loin", a réagi Llodra.

"Je suis emballé. Une équipe, ce sont des garçons capables de reprendre l'étendard et de se dire: "aujourd'hui c'est ma chance", a dit Guy Forget, confronté à une cascade de forfaits la semaine dernière. "Je sais qu'on va entendre des bravo! super! génial! comme si c'était terminé, mais ce n'est pas le cas", a toutefois prévenu le capitaine, qui va s'employer à faire baisser la température avant le double de samedi. Ce sera Llodra, encore lui, qui aura la première balle d'une qualification inespérée dans la main samedi, au même titre que son comparse Julien Benneteau. Ils devraient être opposés à Fernando Verdasco et Feliciano Lopez. A moins qu'Albert Costa ne change d'avis... Réponse samedi.

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