Gaël Monfils, que retenez-vous de ce match ?

G.M. : Comme je le supposais, David Ferrer a d’entrée fait son job. Il a joué très long, très à plat. Il a immédiatement trouvé ses marques alors que j’ai eu besoin d’une dizaine de minutes pour m’adapter aux conditions et à l’adversaire. Mais ensuite, au fil du match, j’ai le sentiment d’avoir développé un très bon niveau de jeu. Je me suis parfaitement senti dans le coup sur le plan physique. Il fallait juste que je m’efforce à bien gérer mes changements de rythme.

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Avez-vous le sentiment d’avoir connu des hauts et des bas ?

G.M. : Non, je pense avoir été assez constant tout au long du match, de ne pas vraiment avoir connu des hauts et de bas comme vous dites, si ce n’est peut-être lors des trois premiers jeux lorsque j’étais un peu trop tendu.

A quoi avez-vous pensé à l’entame de la cinquième manche ?

G.M. : J’ai surtout pensé aux quelques occasions manquées dans les sets précédents : au troisième, je gâche trois occasions de revenir à 5 partout… Au quatrième à cause d’une balle mal-jugée, d’une volée de coup droit mal négociée, j’offre mon service à 5-5. Je me suis alors dit que si j’arrivais à gommer ces quelques petites erreurs, ça devrait pouvoir passer.

Comment vous sentiez-vous sur le plan physique ?

G.M. : Je n’ai pas connu de problèmes particuliers. Je suis assez connu pour tenir le coup. Parfois je montre quelques signes de fatigue, mais au fond, tout le monde sait, les joueurs, les entraineurs, que je réponds toujours présent sur le plan physique, même pendant 10 heures si nécessaire. Je peux connaitre quelques baisses de régime, mais jamais très longtemps, et jamais trop conséquentes.

Cette victoire est-elle la plus belle émotion que vous avez vécu en Coupe Davis ?

G.M. : Je ne sais pas encore. Je ne peux pas vous répondre en fait.  La rencontre n’est pas encore finie et je pourrais peut-être vivre des émotions encore plus fortes dimanche lors d’un match décisif. J’en déjà vécu mais cette victoire a, il est vrai, une saveur particulière, parce qu’elle fait un peu taire ceux qui me voyaient au fond du trou à la suite de mes contre-performances à Roland-Garros et Wimbledon. Après les quelques moments durs que j’ai vécu ces derniers temps, j’ai su m’accrocher, retourner à l’entrainement, c’est pourquoi je suis particulièrement heureux d’avoir prouvé que je pouvais répondre présent dans les moments importants.

Quel rôle a joué Guy Forget dans ce succès ?

G.M. : Je crois qu’il était très stressé. Il sentait que je jouais bien mais que le score ne tournait pas totalement en ma faveur. Il m’a demandé de rester agressif. Ses conseils m’ont bien aidé au début du cinquième set et m’ont permis de faire le break. Au fil des rencontres de Coupe Davis, il a su s’adapter, adapter son discours en fonction des joueurs. Il arrive désormais à mieux me cerner.

On a également vu Gilles Simon vous donner quelques conseils…

G.M. : Gilles, c’est un peu le maître tacticien de l’équipe. Ses conseils sont toujours bons à prendre. Parfois, j’ai l’impression de ne pas pouvoir m’en sortir, de ne pas avoir de solution, mais lui met toujours le doigt sur un détail qui peut faire la différence.

Avez-vous ressenti le soutien du public ?

G.M. : Parfois, j’étais un peu trop dans ma bulle. J’en oubliais presque ma nature. Guy Forget m’a alors demandé de faire participer le public, de le chauffer surtout dans les moments où je connaissais une légère baisse de régime sur le plan physique. Dans la cinquième manche, les supporters ont vraiment joué un rôle important, m’ont poussé notamment en fin de match lors que j’ai été breaké alors que je servais pour le gain du match.

Que ressentez-vous après cette victoire ? Du soulagement ?

G.M. : Pourquoi du soulagement ? Du bonheur, que du bonheur. Ça faisait longtemps que j’attendais une telle victoire aux couteaux en cinq sets, d’autant plus en Coupe Davis.

Qu’avez-vous pensé de David Ferrer ?

G.M. : Je suis toujours admiratif face à lui. Il ne lâche jamais un point. Aujourd’hui, j’ai trouvé les ressources pour taper un peu plus fort que lui, jouer un peu plus vite mais je sais au fond de moi que ça ne se joue pas à grand-chose. Encore une fois, il a prouvé qu’il possédait un niveau de jeu digne du Top 10. C’est pour cette raison que la victoire fait d’autant plus plaisir.

Vos deux plus belles victoires décrochées cette année l’ont été en Coupe Davis. Le vivez-vous comme un message à ceux qui doutaient de votre capacité à vous adapter à l’équipe ?

G.M. : Il n’y a en fait jamais eu problème dans l’équipe. Nous sommes toujours une bande de potes et tout se passe toujours aussi bien. J’ai, en fait, une explication un peu plus simple. Je crois que ce sont les deux seuls moments de l’année où j’ai pu enchaîner les matches, pendant lesquels j’ai pu m’entraîner correctement et pleinement. Ce n’est donc pas vraiment une surprise pour moi. Ce n’est pas hasard. J’ai toujours besoin d’avoir beaucoup de matches dans les jambes pour évoluer à mon meilleur niveau. Je crois que c’est seulement la preuve que le travail paie.

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