Guy Forget, aujourd'hui l'envie n'a pas suffi…

Guy Forget: L'envie y était. Malheureusement, il faut reconnaître que les Tchèques ont été plus solides que nous. Pour son troisième match en trois jours, Stepanek a fait le match parfait. Gilles a pourtant réussi le break au troisième set. A ce moment là, je pensais que si Gilles gagnait ce set, Stepanek pourrait avoir un petit coup de barre. Mais on n'a pas réussi à emballer le match. On est déçu. Une nouvelle fois, on se rend compte que Stepanek a été plus "roublard" par moment. Il est en grande forme. Il a prouvé qu'il était l'homme de la situation ce week-end.

Coupe Davis
La France tombe de haut
08/03/2009 À 19:45

Qu'est-ce qui a péché ce week-end ?

G.F: On l'a déjà dit. C'est une nouvelle équipe, jeune, ambitieuse, qui a beaucoup de talent. Elle est déjà très forte, mais elle est encore perfectible. Que ce soit au niveau du simple avec Gilles, ou en double avec Richard, ce n'était que des nouveautés. Il y a quelques jours, on parlait de l'inexpérience de l'équipe que j'essayais de minimiser. On se rend compte que ce sont des petits détails qui ont fait la différence. On a tous appris beaucoup de choses aujourd'hui. Moi le premier. Les joueurs aussi. Si je me projette un peu dans l'avenir, cette équipe gagnera un jour la Coupe Davis. C'est une question de temps. Aujourd'hui, c'est trop tôt. Il y a un travail à effectuer, des combinaisons à mettre en place, des détails à peaufiner pour être performant. On peut avoir cinq, voire six joueurs de très haut niveau, on se rend compte que les Tchèques n'en ont que deux, et ça a suffit. Stepanek a joué trois jours de suite, il a été bon du premier au dernier point. Nous, on a été encore un peu tendre. Le potentiel est là, mais il y a encore du travail à effectuer. J'essaie de regarder l'avenir avec optimisme. Même si à l'heure actuelle, c'est la déception qui prime.

Jaroslav Navratil, le capitaine tchèque, a dit tout à l'heure que vous aviez peut-être commis une petite erreur sur le double…

G.F: C'est toujours facile, une fois que la rencontre est terminée, de se dire : « Est-ce que j'aurais dû faire jouer Jo en double ? » Pour moi, « Jo », c'est aujourd'hui l'un des piliers du simple. La grande force de ce groupe, c'était son homogénéité. Avec des joueurs de talent. Gilles Simon est numéro 1 français, 8e à l'ATP. On a un pilier du double avec Michaël Llodra. On connaît tous le talent d'un Richard Gasquet. A partir de là, chacun a un rôle bien défini. On ne part pas dans cette rencontre en se disant qu'untel va jouer trois matches, et les autres, on verra. Il n'y avait aucun doute quant aux capacités de Richard de répondre présent. Je ne suis pas sûr que Jo aurait fait beaucoup mieux, compte tenu de son manque de repères en double. Il en joue peu, pas plus que Richard. J'accepte la critique. Après, on peut se dire qu'il aurait pu faire mieux. Pour autant, je ne suis pas sûr que cela aurait suffi pour gagner ce double là.

Jo-Wilfried Tsonga, votre leader, n'a joué, de par son classement de numéro 2, qu'un match...

G.F: Lorsque l'on est sélectionneur, on essaie de mettre sur le terrain les joueurs les plus en forme et de gagner les points les uns derrière les autres. Dans un relais, en général, on essaie de placer le meilleur finisseur en dernier…

Mais si on perd le bâton au milieu, cela ne sert plus à rien…

G.F: On ne peut pas dire que l'on a perdu le bâton au milieu. Dans le double, après un mauvais départ, on gagne le deuxième set 6-1, on domine la rencontre jusqu'à la fin du troisième set. Et là, en deux coups de raquette, le match tourne. Ces coups de raquette là, on doit pouvoir les réussir. Après, on perd d'entrée notre service au quatrième set… Je le répète. Aujourd'hui, tout le monde a appris plein de choses. Gilles, Jo, moi également. J'ai découvert les forces de ce groupe, et les points qui sont encore perfectibles.

Quels sont vos regrets ?

G.F: Après la rencontre, une fois que les matches sont perdus, je peux toujours me demander si j'avais fait ça dans le double, est-ce cela aurait été mieux ? Je ne le saurai jamais. Si je rentre Gaël dans l'équipe, est-ce que cela aurait été différent ? Est-ce que Richard aurait pu jouer le troisième jour, compte tenu des options tactiques de Stepanek ? Ce sont des questions qui peuvent traverser l'esprit. Maintenant, si vous me demandez, après coup, est-ce que vous auriez pu faire les choses différemment ? Peut-être. Maintenant que j'ai du recul, j'aurais peut-être modifié une petite chose. Je ne vais pas vous dire quoi. Ce serait très maladroit, très irrespectueux vis-à-vis des joueurs de le dire. C'est mon analyse de sélectionneur. Je dois m'en servir pour le prochain match de barrage en septembre.

Est-ce que cette défaite peut être un mal pour un bien ?

G.F: Je le vois comme ça. Il n'y a que dans la confrontation, le combat, que l'on arrive à voir ce qui est perfectible. La Coupe Davis, c'est une loupe, un miroir grossissant de nos forces et de nos faiblesses. On a vu exactement aujourd'hui où on en était. J'ai déjà commencé à écrire trois pages de notes sur mon carnet. On va faire notre débriefing ce soir entre nous, pour mettre le doigt là où ça fait mal, car on a perdu. Un joueur n'est jamais aussi réceptif qu'après une défaite. Ce qui serait triste, ce serait de se dire : "On a été bon partout." Non, ces joueurs n'ont pas 28-30 ans, ils sont jeunes et ils ont encore une grosse marge de progression. Dans trois ou six mois, ils seront encore plus forts. En septembre, lors du match de barrage, on va fait tout faire pour rester dans le groupe mondial parce que l'on mérite vraiment d'être là.

Compte tenu du potentiel de votre équipe, éprouvez-vous un sentiment de gâchis ?

G.F: Non, pas de gâchis. Avant de sprinter, on marche, on trotte, on court, et après seulement on va très vite. Cette équipe, elle court vite. Elle va un jour courir très, très vite. On m'a souvent dit que j'étais l'un des joueurs français qui avait le plus de références en Coupe Davis. Mais quand j'ai joué mon premier match de Coupe Davis, contre les Tchèques justement à Hradec Kralove, j'avais perdu contre Lendl et contre Smid. En cinq sets, à l'arrachée. Si j'en ai gagnés plus tard, c'est parce que j'ai perdu ceux-là. Après j'en ai remportés d'autres aussi. Que ce soit Cédric, Yannick, Richard, ils ont tous perdu contre des équipes fortes. Si un jour on a gagné la Coupe Davis, c'est parce qu'on a pris des claques.

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