Guy Forget, pouvez-vous nous expliquer le choix de cette sélection ?

G.F. : J'ai retenu les quatre joueurs les mieux classés à savoir, Gilles Simon, Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, plus Michaël Llodra car il est très important de partir avec cinq joueurs. Je risque d'avoir besoin des cinq, c'est pour cette raison que je ne peux pas encore donner l'ordre aujourd'hui. Les cinq, par leur niveau de jeu, leur force du moment, me paraissent indispensables aujourd'hui.

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Votre choix a-t-il été si difficile à faire ?

G.F. : Non. Au vu de ce qui s'est passé dernièrement, ce sont ceux qui sont le plus en forme. Une nouvelle fois, c'est la qualité du jeu qu'ils vont produire sur le terrain le jour J qui fera la différence. La sélection est une chose, mais pour moi, le plus important, c'est la qualité de jeu qu'ils vont avoir sur le court face aux Tchèques.

Avez-vous déjà une idée des joueurs qui débuteront en simple ?

G.F. : Oui, mais pour l'instant je ne vais pas donner d'indications à l'adversaire. Même si pour les Tchèques, c'est déjà beaucoup plus avancé, car ce sera Berdych et Stepanek. Moi, j'ai la chance d'avoir une équipe homogène avec plusieurs possibilités.

Cette équipe de France apparaît talentueuse, mais encore assez inexpérimentée. Redoutez-vous que cela joue en votre défaveur ?

G.F. : Non, je ne pense pas. L'équipe est inexpérimentée en matière de Coupe Davis, mais tous ces joueurs ont une bonne expérience des grands matches. Après, c'est vrai qu'il y a l'enjeu, le public très hostile. Ce sont des choses qu'on ne connaît pas forcément quand on n'a jamais joué de rencontre de Coupe Davis. Le fait de jouer pour son pays, pour son équipe, pour ses copains. Parfois, ça rajoute un surcroît de pression. Mais les uns et les autres ont fait preuve, au cours des derniers mois ou des dernières années, de capacités mentales au-dessus de la norme. Alors j'espère que ceux qui ont moins d'expérience que les autres se serviront d'autres repères pour remporter des points pour l'équipe.

La dernière victoire de la France en République tchèque (ex-Tchécoslovaquie) remonte à... 1926. Elle y a subi depuis cinq défaites de rang... Considérez-vous pourtant la France favorite pour cette rencontre ?

G.F. : C'est gentil de me rappeler cette statistique, je ne la connaissais pas ! Moi qui étais relativement serein, c'est quelque chose qui me fait plaisir (rires) ! D'abord, on ne peut faire que mieux que lors des cinq déplacements précédents et ça, c'est plutôt une bonne chose. Si je m'en tiens aux statistiques, je vais donc dire qu'on va là-bas pour essayer de faire mieux que les autres fois. Touttefois, je crois que c'est assez équilibré, franchement. C'est très ouvert, même si les Tchèques ont l'avantage du public. Je suis confiant. On va là-bas avec de grandes ambitions.

Jo-Wilfried Tsonga, qui vient de remporter son deuxième titre de la saison à Marseille, sera-t-il votre fer de lance ?

G.F. : C'est fort possible. Jo est en grande forme, les autres jouent bien aussi. Vous allez me dire que Stepanek a gagné deux tournois lui aussi (NDLR : Brisbane et San Jose) et qu'il vient de disputer la finale à Memphis. Il est lui aussi en grande forme. Tant mieux, ça veut dire que la barre est haute et que l'on aura une rencontre formidable.

Avec trois joueurs français dans le Top 15, l'équipe de France suscite beaucoup d'espoir. Existe-t-il une obligation de résultat ?

G.F. : Aujourd'hui, lorsque Jo-Wilfried Tsonga va à l'Open d'Australie, il n'a pas une obligation de résultat. Il va là-bas en se disant "Je vais faire mon maximum, je vais tout donner." Après, le résultat est ce qu'il est. On peut perdre contre des joueurs qui sont plus en forme que nous à ce moment-là, c'est le quotidien du joueur de tennis. Nous, on ne va pas se prendre la tête avec le fait qu'on doit gagner. On ne doit pas gagner, ce que l'on doit faire, c'est donner le maximum, du premier au dernier points. Après, le résultat sera ce qu'il sera. C'est clair que l'on va quand même là-bas avec l'ambition de gagner. Il est hors de question d'aller là-bas juste pour défendre nos chances le mieux possible. On va là-bas pour gagner et on espère que l'on reviendra avec une victoire.

Vous allez forcément modifier la composition de l'équipe de double, puisqu'Arnaud Clément n'est pas dans la sélection. Pouvez-vous nous en dire plus ?

G.F. : J'ai une idée, mais il y a plusieurs possibilités. Aujourd'hui, je n'ai pas encore arrêté mon choix, car j'ai plusieurs options. Plusieurs joueurs parmi les cinq peuvent bien jouer en double et plusieurs compositions peuvent rapporter le point du double à l'équipe de France. Même si j'ai une petite idée, ça se jouera sur le terrain en fonction de l'inspiration du moment.

Ne prenez-vous pas un risque en modifiant une équipe de double qui était l'une des forces de la France ?

G.F. : Aujourd'hui, j'estime que me passer de joueurs comme ceux que j'ai pris serait encore plus pénalisant. Il y a toujours des garçons qui méritent plus que d'autres, il y a toujours des gars qui vont être lancés pour la première fois. Si on ne regarde que les aspects négatifs des choses, on n'avance pas. J'ai plutôt envie de faire en sorte que les meilleurs représentants soient là et que l'on puisse avancer comme ça.

L'an passé, contre les Etats-Unis, le comportement de Richard Gasquet (qui avait refusé de jouer face à Andy Roddick au 1er match, NDLR), avait fait parler. En avez-vous discuté avec lui ?

G.F. : Oui, on en avait déjà parlé à l'époque. J'essaie de ne garder que les choses positives qui se sont passées aux Etats-Unis. Je pense qu'à cette époque, Richard n'était pas dans une bonne forme physique et il y a eu beaucoup de frustration à ce moment là. Tout cela est désormais derrière nous. Aujourd'hui, Richard, comme tous les autres, a envie d'aborder cette nouvelle saison en repartant sur de bonnes bases, avec une nouvelle motivation, avec un groupe plus jeune, qui a peut-être aussi un plus gros potentiel. C'est ça qui intéresse tout le monde.

En cas de victoire en République tchèque, l'équipe de France pourrait recevoir l'Argentine en quart de finale. Un beau challenge en perspective...

G.F. : Pour tout avouer, je n'y pense pas. Je trouve qu'il n'y a rien de pire, quand on a une rencontre difficile à jouer, que d'imaginer la suite. C'est toujours bien de jouer à la maison, c'est toujours bien de recevoir, d'avoir le public derrière soi. Maintenant, il faut que ça se mérite et ça passe par une victoire sur les Tchèques. Il faut faire les choses dans l'ordre !

Est-ce qu'un stage de préparation est prévu ?

G.F. : Oui, on va se retrouver à Roland-Garros le samedi précédent la rencontre (NDLR : le 28 février), dès 9 heures du matin.

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