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Que vaut la Coupe Davis?

La Coupe Davis n'est pas la Coupe du monde
Par Eurosport

Le 07/12/2010 à 17:39Mis à jour Le 07/12/2010 à 18:29

Quelques jours après la défaite des Bleus en Serbie, après la frustration et la désillusion, il est possible de regarder la finale sous un autre angle. La Coupe Davis n'est pas aussi importante que l'on veut bien le croire. Les nations émergentes s'en délectent, les historiques en sont nostalgiques.

Perdre une septième finale, une deuxième fois après avoir mené 2-1 après le double, cela refroidit. Avec un peu de recul, le coup de froid n'est pas si glaçant que ça. La désillusion française n'a finalement pas autant d'importance, car la Coupe Davis en elle-même ne propose qu'une gloire de clocher. Délaissée par Roger Federer, moins essentielle à Rafael Nadal, elle nourrit les ambitions des nations émergentes et la nostalgie des anciennes gloires. Sur le circuit, c'est une épreuve qui n'a plus l'aura nécessaire pour concurrence les tournois du Grand Chelem. Elle flatte l'orgueil au sein de chaque pays, elle peut dynamiser quelques carrières, mais n'a plus l'impact qu'on lui prête parfois.

En Serbie, comme en Croatie en 2005, en Espagne dès 2000, ou en Russie dès 2002, la victoire en Coupe Davis a été vécue comme une consécration mondiale. "Nous sommes champions du monde", criaient les Serbes dimanche soir. Cette expression est légèrement décalée. Elle exprime parfaitement les nuances de perception et d'intérêt qui soutiennent cette compétition. Les nouvelles nations du tennis sont en quête de reconnaissance, et la Coupe Davis est un terrain de jeu qui semble fait pour elles aujourd'hui. Elle reste une des épreuves sportives les plus anciennes et elle est surtout celle qui réunit le plus de nations (125). Ce prestige garantit un label tennis à ceux qui remuent le Saladier à la sauce champagne.

Patrimoine en danger

En France, c'est encore la génération Noah (joueur et entraîneur) qui stimule tout le monde. Le souffle propagé avec enthousiasme par Guy Forget pendant onze ans est encore chaud. Peter Bodo qui apprécie la Coupe Davis s'en réjouit. Il note aussi que les Tsonga, Monfils, Llodra ou Clément jouent "non pas pour de l'argent", ils n'en ont pas besoin, mais pour "la fierté nationale". Il faudrait parler plutôt de patrimoine.

Le label, pas la référence

Et comme les résultats en Grand Chelem ne suivent pas individuellement, il faut sauver le mobilier (et l'immobilier ? Quid de Roland-Garros qui ne peut même pas accueillir une finale de Coupe Davis, disait Guy Forget). Sous cet angle-là, le très beau parcours des Bleus en 2010, peut aussi connaître certaines distorsions. La France a battu l'Espagne et l'Argentine, oui mais l'Espagne sans Nadal, et l'Argentine sans Del Potro. L'absence de Tsonga n'y change rien, on glorifie ce qu'on peut. Encore une fois, ceci n'enlève rien aux performances individuelles. A celle de Clément en double en finale, à celle de Llodra face à Verdasco, ou de Monfils face à Ferrer. Il faut simplement admettre que l'on peut facilement relativiser "l'aventure Coupe Davis". Et puis, franchement, depuis quelques années, qui résisterait à une paire Federer/Wawrinka concernée ?

Quand le double végète, malgré les mesures prises ces dernières saisons (raccourcissement des matches), quand le format de la Coupe Davis saucissonne la saison dans ses temps faibles, on peut s'attendre à ce qu'elle devienne un tournoi de rattrapage. Novak Djokovic en personne, qui proclamait dimanche, à juste titre : "Nous sommes devenus des légendes", était plus qu'intéressé en début d'année par le projet de Coupe du monde de tennis lancé par un Australien. L'équipe serbe étant devenue "championne du monde", elle fait désormais partie de l'histoire de la Coupe Davis. Il faudrait maintenant que la Coupe Davis reste un événement majeur dans l'histoire du tennis.

A SAVOIR : Les prochains changements du calendrier ATP interviendront au mieux en 2013. Un éventuel changement du format Coupe Davis pourrait être l'objet de discussions d'ici-là. La compétition est organisée par la Fédération internationale, qui est une structure distincte et donc parfois concurrente de l'ATP.

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