Les carrières de Lleyton Hewitt et Roger Federer ont épousé des trajectoires croisées plus que parallèles. L'avènement du second a coïncidé avec l'éclipse du premier. Comme un symbole, c'est à Wimbledon, en 2003, que Federer a décroché le 1er de ses 17 titres du Grand Chelem. Lors de ce même tournoi, Hewitt disparaissait au 1er tour, abandonnant à la fois le titre conquis l'année précédente, et sa place de numéro un mondial, que plus jamais il n'approcherait.
Peu importe. Les deux hommes ont conservé au fil des ans un vrai respect l'un pour l'autre. Lors du dernier US Open, le Suisse a eu des mots plus qu'aimables, touchants, pour son vieux rival. "J'aurais aimé qu'il aille plus loin, avait confié Federer après l'élimination de Hewitt contre Bernard Tomic. Mais à la fin, j'ai vu qu'il avait le sourire, alors je suis content pour lui. Il a quitté le tournoi, comme à Wimbledon, à sa manière. Après une grosse bagarre en 5 sets. Devant un court plein, une grosse ambiance. Il le mérite."
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Quant Hewitt servait d'exemple

Roger Federer a aussi souligné l'influence que Hewitt, né la même année que lui, avait pu avoir à ses débuts. En 2001 et 2002, quand l'Australien trônait au sommet du tennis mondial, le Bâlois cherchait, lui, le moyen d'y accéder. Deux saisons de formation à l'accession au pouvoir pour un Federer possédant déjà toutes les armes mais pas encore les clés pour les utiliser à meilleur escient. "C'était le challenge le plus difficile pour moi à cette époque, a-t-il rappelé. Comprendre comment on pouvait être aussi solide physique et mentalement aussi jeune. Je n'y arrivais pas."
Longtemps, Hewitt a ainsi donné la leçon à Federer. Jusqu'en 2003, il a remporté 7 de leurs 9 premiers duels. Voilà pourquoi le Suisse explique à quel point Hewitt a alors eu valeur d'exemple. "Il m'a montré la voie à suivre. Je pense que d'une certaine manière, Lleyton m'a poussé à travailler plus dur à l'entrainement, à jouer 'plus dur' sur le court, à être davantage concerné sur le court." Un bel hommage, doublé d'un autre : "il était le joueur qui vous punissait à chaque fois. Si vous ne faisiez pas exactement ce qu'il fallait, si vous ne montiez pas juste comme il fallait, il vous passait. Et vous passait encore, et encore. C'était fascinant à voir."
Je lui souhaite vraiment le meilleur pour la Coupe Davis
Par la suite, il n'y a plus vraiment eu photo entre les deux champions. La bascule s'est opérée en 2004. Par trois fois, en Australie, à Wimbledon et à l'US Open, en finale, Hewitt a été stoppé par Federer. Trois tournois du Grand Chelem remportés par le Suisse. Mais ce dernier n'a jamais abandonné le respect qu'il éprouvait pour son ancien bourreau devenu une de ses victimes favorites : "On se connaît depuis très longtemps et, incontestablement, il aura été un de mes plus grands rivaux."
Un respect mutuel. A Flushing, cette année, quand on lui a demandé quel joueur lui manquerait le plus une fois sa retraite actée début 2016, Lleyton Hewitt a évidemment répondu "Federer". "Pour tout ce qu'il a accompli, il est au-dessus des autres, dit-il. Je l'ai beaucoup affronté et ces dernières années, je me suis aussi très souvent entrainé avec lui, notamment avant chaque tournoi majeur. J'ai beaucoup apprécié ces moments."
Ce week-end, ils seront l'un comme l'autre sur le pont. Mais c'est bien Hewitt qui joue encore pour gagner la Coupe Davis. Et succéder à Federer. Ce serait un joli clin d'œil. Federer n'y verrait aucun inconvénient : "On va encore un peu voir Lleyton et j'en suis content. Je lui souhaite vraiment le meilleur pour la Coupe Davis."

Roger Federer et Lleyton Hewitt

Crédit: AFP

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